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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2404895

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2404895

jeudi 26 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2404895
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES JU
Avocat requérantNJEM EYOUM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 25 novembre et le 16 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Njem Eyoum, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé son interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'ordonner l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen (SIS) ;

3°) d'enjoindre au préfet de le lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutient que :

Il soutient que la décision attaquée :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- méconnaît l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Armand comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter et VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Armand, magistrat désigné,

- les observations de Me Njem Eyoum pour M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et déclare se désister du moyen tiré de l'incompétence.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né le 25 janvier 1988, mais qui se présente sous plusieurs alias, a fait l'objet de trois obligations de quitter le territoire français sans délai, les 19 mars et 25 avril 2022 et le 17 mai 2024, assorties d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée totale de quatre ans. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé cette interdiction de retour pour une durée de deux ans ;

2. En premier lieu, la décision attaquée énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est donc suffisamment motivée.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime aurait omis de procéder à un examen particulier de la situation personnelle du requérant.

En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; () Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public ".

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier, qui ne sont pas utilement contestées par M. A que, sous des identités différentes, il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai en application des arrêtés pris à son encontre les 19 mars et 25 avril 2022 et le 17 mai 2024.

5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la fiche de renseignements produite en défense, que M. A a été signalé, depuis l'année 2022, pour avoir commis, notamment, des infractions de violation de domicile, de recel de biens provenant d'un vol, de vol en réunion sans violence, et qu'en dernier lieu il a été interpellé et placé en garde le 23 novembre 2024 à vue pour des faits de tentative de vol avec usage d'une arme par personne en état d'ivresse. Dans ces conditions, compte-tenu de la menace grave et actuelle que le requérant représente pour l'ordre public, le préfet de la Seine-Maritime a pu porter la durée totale de son interdiction de retour sur le territoire à une durée de six ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

6. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé :

G. ARMANDLa greffière,

Signé :

P. HIS

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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