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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2404897

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2404897

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2404897
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision "48 SI" du 5 octobre 2024 invalidant le permis de conduire de M. A B pour solde de points nul, ainsi que des décisions de retrait de points antérieures. Le juge a estimé que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'était pas remplie, car le requérant n'a pas démontré une atteinte grave et immédiate à sa situation professionnelle ou familiale. En outre, la gravité et le caractère répété des infractions au code de la route commises entre 2022 et 2024 justifient l'invalidation du permis au nom de la sécurité routière.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2024, M. D A B, représenté par Me Dettori , demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision " 48 SI " du 5 octobre 2024 portant invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que la suspension de l'exécution des décisions des 29 mai 2022, 6 avril 2023, 10 et 11 avril 2024, 25 avril 2024 portant retrait de points sur le capital de son permis de conduire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de points de son permis de conduire dans le délai d'un mois, dans l'attente du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 2 décembre 2024 sous le n°2404893 par laquelle M. A B demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code autorise le juge des référés à rejeter, par une ordonnance motivée, sans mener de procédure contradictoire et sans audience, une demande en référé notamment lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. En particulier, lorsqu'est demandée la suspension d'une décision référencée " 48 SI " du ministre de l'intérieur prononçant l'invalidité d'un permis de conduire et une injonction à ce qu'il soit restitué, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, tient compte, d'une part, de l'atteinte grave et immédiate portée notamment à l'exercice de la profession du conducteur et, d'autre part, de la gravité et du caractère répété des infractions au code de la route commises par l'intéressé sur une brève période, ainsi que des exigences de protection et de sécurité routière.

3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision " 48 SI " du 5 octobre 2024 constatant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul et de cinq décisions portant retrait de points, M. A B se prévaut de sa situation professionnelle et de sa situation familiale. Cependant, M. A B n'établit pas, en se bornant à l'affirmer, que sa société de restauration rapide est en cours de création et qu'il doit parcourir des dizaines de kilomètres dans l'agglomération rouennaise pour livrer des repas. S'il justifie, en revanche, qu'il exerce son droit de visite de ses enfants au sein des locaux d'une association située à Rouen, pendant deux heures deux fois par mois, alors qu'il habite à Barentin, le déplacement entre Barentin et Rouen peut s'effectuer en transports en commun. Par ailleurs, il ressort des mentions du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A B, celui-ci affirmant ne pas avoir reçu les décisions en litige, que l'intéressé a commis, entre 2022 et 2024, sept infractions au code de la route, dont trois ont entraîné, en 2022 et 2023, la perte de quatre ou trois points. Cette situation révèle une méconnaissance grave et réitérée des dispositions du code la route, de sorte que l'invalidation du permis de conduire de M. A B répond à des exigences de protection et de sécurité routière. Par suite, la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, n'est pas remplie.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension de M. A B sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A B.

Fait à Rouen, le 5 décembre 2024.

La juge des référés,

signé

A. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

S. Combes

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