lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404957 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Giudicelli, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 août 2024 par lequel le maire de la commune de Criel-sur-Mer a fait opposition à la déclaration préalable n° DP 076 192 24 C0071, ensemble la décision de rejet en date du 26 septembre 2024 de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Criel-sur-Mer de lui délivrer la décision de non-opposition à la déclaration préalable n° DP 076 192 24 C0071 dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Criel-sur-Mer la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- l'urgence est établie dès lors qu'il ne dispose plus d'habitation et dispose de faibles ressources financières ;
- la condition relative au doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée est remplie dès lors que :
o la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
o la décision attaquée est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;
o la décision attaquée est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits et d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle considère que la construction faisant l'objet de la réhabilitation serait inexistante ;
o la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;
o la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur le fondement de l'article 3.1.1 de la zone UR du plan local d'urbanisme dès lors qu'il existe une servitude de passage permettant un accès au terrain d'assiette du projet ;
o le terrain n'est pas enclavé et est matériellement raccordé aux réseaux existants d'eau potable et d'assainissement collectif de sorte que le motif de refus relatif à l'absence de raccordement aux réseaux est illégal.
Vu :
- l'arrêté dont la suspension est demandée et la copie de la requête à fin d'annulation de cet arrêté ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative
Considérant ce qui suit :
1. M. B, propriétaire d'un terrain (parcelle AL 213) situé au 106 rue de la Mer à Criel-sur-Mer, a déposé le 11 juin 2024 un dossier de déclaration préalable en vue de la création d'un logement par la modification de l'aspect extérieur de la construction existante par la modification d'ouvertures existantes et la création de nouvelles ouvertures en pignon, la démolition d'un conduit de cheminée extérieur et de l'arase des redents en maçonnerie existant sur les pignons, le remplacement de la couverture existante en tôle ondulée par les tôles en bac acier isolé, la pose de menuiseries extérieures en PVC blanc et le ravalement des façades. Par un arrêté du 12 août 2024, le maire de la commune de Criel-sur-Mer s'est opposé à la déclaration préalable n° DP 076 192 24 C0071. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté d'opposition à déclaration préalable du maire de la commune de Criel-sur-Mer du 12 août 2024, ensemble le rejet explicite de son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de la décision litigieuse sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de cette décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Lorsque le juge des référés est saisi d'une demande de suspension d'une décision portant refus d'une autorisation d'urbanisme, il lui appartient d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets du refus de l'autorisation d'urbanisme litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, en tenant compte, notamment, des conséquences qui seraient susceptibles de résulter, pour les divers intérêts en présence, de la délivrance d'une autorisation d'urbanisme provisoire à l'issue d'un réexamen de la demande ordonné par le juge des référés
5. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté attaqué, M. B soutient qu'il est nécessaire de réaliser au plus vite les travaux afin d'éviter un aggravement de sa situation dès lors qu'il ne dispose pas d'endroit où habiter, étant actuellement logé à titre gracieux chez un ami. Il se prévaut également de la précarité de sa situation économique, n'ayant pas de revenu fixe et percevant uniquement de faibles indemnités journalières d'arrêt maladie. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la construction présente sur le terrain se trouve dans un état de délabrement avancé, dès lors qu'elle est notamment dépourvue de toiture, laquelle s'est effondrée sur le sol, et que ses ouvertures ne comportent aucune menuiserie. Par conséquent, la décision attaquée n'a pas pour effet immédiat de le priver de la possibilité d'occuper cette construction en tant que logement, dès lors que le bâtiment est inhabitable et nécessite d'importants et longs travaux durant lesquels M. B devait en tout état de cause être logé ailleurs que dans la construction en cause.
6. D'autre part, si M. B affirme qu'il a des difficultés financières dès lors qu'il ne dispose pas de revenu fixe, et qu'il perçoit uniquement de faibles indemnités journalières, les documents produits ne permettent pas d'établir la situation financière du requérant. En tout état de cause, la décision attaquée se borne à refuser au requérant une autorisation d'urbanisme pour réhabiliter une construction que le requérant a acquis, sans préciser à quelle date, alors qu'elle se trouvait déjà probablement dans un état de dégradation avancé.
7. Enfin, la décision attaquée a été prise au motif que les travaux envisagés relèvent d'une construction nouvelle et d'une extension d'urbanisation, interdite en l'espèce au regard de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
8. Par suite, la décision attaquée ne préjudicie pas par elle-même de manière grave et immédiate à la situation du requérant, et au regard des conséquences qui seraient susceptibles de résulter, pour les divers intérêts en présence, de la délivrance d'une autorisation d'urbanisme provisoire à l'issue d'un réexamen de la demande ordonné par le juge des référés, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.
9. Par suite, la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Rouen, le 9 décembre 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Galle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2404957ah
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