LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2405248

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2405248

jeudi 16 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2405248
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC+
FormationURGENCES JU
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen a annulé la décision du 18 décembre 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) refusait à Mme D A, ressortissante tchadienne, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile. Le tribunal a jugé que la requérante justifiait d'un motif légitime pour avoir présenté sa demande d'asile au-delà du délai de quatre-vingt-dix jours, en raison de l'indisponibilité de rendez-vous à la préfecture. Cette solution est fondée sur l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint à l'OFII d'accorder ces conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 décembre 2024, Mme C D A, représentée par Me Solenn Leprince, demande au tribunal :

1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2) d'annuler la décision du 18 décembre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;

3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir ses conditions matérielles d'accueil, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros toutes taxes comprises au bénéfice de la SELARL Eden avocats, ou subsidiairement la somme de 1 500 euros à son propre bénéfice, en application des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la décision attaquée :

- est insuffisamment motivée ;

- n'a pas été précédée d'un entretien relatif à sa vulnérabilité ;

- n'a pas été précédée d'un examen personnalisé de sa situation ;

- est entachée d'erreur de fait, de droit et d'appréciation, dès lors qu'elle justifie d'un motif légitime pour ne pas avoir présenté sa demande d'asile dans le délai requis de quatre-vingt-dix jours et qu'elle se trouve en situation de grande vulnérabilité.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 décembre 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête, en soutenant qu'elle est infondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- les observations de Me Dantier, de la SELARL Eden avocats, représentant Mme D A, qui reprend et développe les conclusions et moyens de la requête ;

- les observations de Mme D A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D A, ressortissante tchadienne née le 9 août 2004, est entré en France le 6 septembre 2024. Le 18 décembre 2024, soit cent trois jours après son entrée en France, elle s'est présentée à la préfecture de la Seine-Maritime pour y demander l'asile. Par décision du même jour, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile.

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

3. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27 () ".

4. Il est constant que la demande d'asile de Mme D A a été présentée au-delà du délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France prévu au 3° de l'article L. 531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La requérante fait toutefois valoir qu'elle s'est présentée dès le mois de novembre et à quatre reprises à l'accueil de l'association France terre d'asile, mais qu'aucun rendez-vous à la préfecture n'a pu lui être proposé avant l'expiration du délai de quatre-vingt-dix jours, faute de disponibilités. Dans ces circonstances, elle justifie d'un motif légitime faisant obstacle à ce que le non-respect de ce délai lui soit opposé pour lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Elle est donc fondée, pour ce motif, à demander l'annulation de la décision attaquée.

5. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil soit accordé à Mme D A. Il y a lieu de l'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

6. Dès lors que le défendeur dans la présente instance est l'Office français de l'immigration et de l'intégration, établissement public dont la personnalité morale est distincte de celle de l'État, et que l'État n'est pas partie à l'instance, les conclusions fondées sur les articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative dirigées contre l'État ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Mme D A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La décision du 18 décembre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé à Mme D A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'accorder à Mme D A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D A, à la SELARL Eden avocats et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2025.

Le magistrat délégué,

Signé :

Philippe E

La greffière,

Signé :

Armelle LENFANT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions