mardi 14 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2405326 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | YOUSFI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 27 décembre 2024 et le 8 janvier 2025, M. A B, représenté par Me Yousfi, demande au tribunal :
1) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2) d'annuler les arrêtés du 19 décembre 2024 par lesquels le préfet de la Seine-Maritime lui octroyé un délai de départ volontaire de trente jour et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3) d'annuler la décision du 19 décembre 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a décidé son assignation à résidence ;
4) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 au bénéfice de Me YOUSFI BILAL ; à titre subsidiaire, de mettre la somme de 1 500 à son propre bénéfice en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
* La décision accordant un délai de départ volontaire :
a été adoptée par une autorité incompétente ;
méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
n'a pas été adoptée à la suite d'un examen sérieux de sa situation ;
est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
* La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
est insuffisamment motivée ;
a été adoptée par une autorité incompétente ;
a méconnu son droit à être entendu consacré par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
méconnait les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
n'a pas été adoptée à la suite d'un examen sérieux de sa situation.
* La décision portant assignation à résidence :
est insuffisamment motivée ;
n'a pas été adoptée à la suite d'un examen sérieux de sa situation ;
est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2025, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique du 10 janvier 2025, présenté son rapport et entendu les observations orales de Me Yousfi, avocat représentant M. B.
L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 10 heures 40, en application de l'article R.922-16 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien, né le 23 novembre 1997, est, selon ses dires, entré sur le territoire français en mai 2023. Par arrêté du 1er juillet 2024, il a été obligé de quitter le territoire français sans délai et une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an a été prononcée à son encontre. Par jugement du 23 juillet 2024, les décisions portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français ont été annulées. Par arrêtés du 19 décembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime a pris à l'encontre de M. B une décision d'octroi de délai de départ volontaire de trente jours, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et a décidé de l'assigner à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président [] ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " [] L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. " Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le délai de départ volontaire :
3. En premier lieu, Mme D, qui a signé les décisions attaquées, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de la Seine-Maritime en date du 27 novembre 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet notamment de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées manque en fait.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, a été prise après un examen particulier de la situation de M. B par le préfet de la Seine-Maritime au regard des éléments portés à sa connaissance.
5. En troisième lieu, M. B ne fait valoir aucun élément permettant de considérer que l'octroi d'un délai de départ volontaire porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou procéderait d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. En dernier lieu, le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français du 1er juillet 2024 ne peut qu'être écarté, cette décision individuelle étant devenue définitive.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
7. L'interdiction de retour sur le territoire français du 19 décembre 2024 a été adoptée au motif de l'absence d'exécution de l'obligation de quitter le territoire français du 1er juillet 2024 dans le nouveau délai de trente jours octroyé le 19 décembre 2024. Par suite, dès lors que le délai dont disposait M. B pour quitter le territoire français n'était pas expiré, le préfet de la Seine-Maritime ne pouvait légalement adopter la mesure en litige en application des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B est donc, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, fondé à demander l'annulation de cette décision en raison du défaut d'examen sérieux et complet de sa situation.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant assignation à résidence :
8. L'assignation à résidence du 19 décembre 2024 a été adoptée au motif de l'absence d'exécution de l'obligation de quitter le territoire français du 1er juillet 2024 dans le nouveau délai de trente jours octroyé le 19 décembre 2024. Par suite, dès lors que le délai dont disposait M. B pour quitter le territoire français n'était pas expiré, le préfet de la Seine-Maritime ne pouvait légalement adopter la mesure en litige en application des dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B est donc, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, fondé à demander l'annulation de cette décision en raison du défaut d'examen sérieux et complet de sa situation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement n'appelle l'adoption d'aucune mesure particulière d'exécution.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
10. Ainsi qu'il a été dit, M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Yousfi, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Yousfi de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 19 décembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an à l'encontre de M. B est annulé.
Article 3 : L'arrêté du 19 décembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a assigné M. B à résidence est annulé.
Article 4 : L'État versera la somme de 1 000 euros à Me Yousfi, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle et que Me Yousfi renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Yousfi et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
Signé :
T. C
La greffière,
Signé :
S. LECONTE
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026