jeudi 23 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2500010 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NIAKATE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 janvier 2025, et un mémoire complémentaire enregistré le 20 janvier 2025, M. B C, représenté par Me Niakate, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision en date du 23 décembre 2024 par laquelle le préfet de l'Eure a prononcé son expulsion du territoire français ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois, sous astreinte journalière de 100 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- la condition tenant à l'urgence à suspendre est remplie dès lors que l'urgence est présumée en matière d'expulsion ;
- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée est remplie dès lors que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente puisque sa situation relève de l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qui implique la compétence du ministre de l'intérieur pour prononcer la mesure d'expulsion, en vertu de l'article R. 632-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle se fonde sur l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au lieu de l'article L. 631-3 du même code alors qu'il entre dans les catégories d'étrangers visées au 1° et de 2° de cet article, et qu'il n'entre pas dans le champ d'application du 9ème alinéa de l'article L. 631-3 dès lors que sa condamnation pénale la plus longue est une peine de quatre ans d'emprisonnement ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il est entré en France à l'âge de 11 mois et y séjourne régulièrement depuis lors, que tous ses frères et sœurs ainsi que sa mère sont français, que sa compagne française est actuellement enceinte de leur premier enfant, et compte tenu de ses efforts de réinsertion importants réalisés en détention.
Par des mémoires en défense enregistrés les 20 et 21 janvier 2025, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'urgence n'est pas établie compte tenu de la menace à l'ordre public que représente le comportement de M. C ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- la requête, enregistrée le 3 janvier 2025 sous le n° 2500009, par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de Mme Galle, juge des référés ;
- les observations de Me Niakate, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens et précise notamment que sa demande de titre de séjour était complète en 2024 contrairement à ce qu'indique le préfet dans la décision attaquée, que si le requérant a poursuivi une scolarité au lycée, il n'a pas obtenu le bac ni d'autres diplômes avant son incarcération à l'exception de certificats dits " A " mais qu'il a eu différentes expériences professionnelles en intérim notamment et qu'il a suivi une formation de magasinier en détention ; elle souligne que les incidents disciplinaires constatés en détention sont restés isolés et rares ;
- les observations de Mme D, compagne de M. C, qui précise notamment que leur relation a débuté en 2020, que M. C a l'intention de reconnaitre leur enfant à naître mais n'a pu le faire par anticipation du fait de la détention du requérant.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été produite le 21 janvier 2025 pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant malien né le 10 août 1991, est entré régulièrement sur le territoire français en 1992 et a bénéficié d'une carte de résident valable jusqu'au 9 août 2020, puis a sollicité la délivrance d'un nouveau titre de séjour en août 2022, a obtenu des récépissés de demande de titre de séjour valables en dernier lieu jusqu'en juillet 2024. Il a fait l'objet de 11 condamnations pénales prononcées entre 2011 et 2021, notamment pour des faits de violences conjugales et menaces de mort en 2017, de violences aggravées et outrage en 2017, et de vol, séquestration suivie d'une libération avant le 7ème jour et violences aggravées avec menace d'une arme et préméditation ou guet-apens en 2021, ces derniers faits lui ayant valu une condamnation à quatre d'emprisonnement. Il est incarcéré depuis le 2 octobre 2020. Par un arrêté en date du 23 décembre 2024, dont M. C demande la suspension de l'exécution, le préfet de l'Eure a prononcé à son encontre une mesure d'expulsion du territoire français sur le fondement de l'article L. 631-1 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, eu égard au délai imparti au tribunal pour statuer sur la requête de M. C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fins de suspension :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. Aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3. ". Aux termes de l'article L. 631-3 du même code : " Ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion qu'en cas de comportements de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l'Etat, dont la violation délibérée et d'une particulière gravité des principes de la République énoncés à l'article L. 412-7, ou liés à des activités à caractère terroriste, ou constituant des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes : 1° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; / 2° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de vingt ans ; () / Par dérogation au présent article, peut faire l'objet d'une décision d'expulsion en application de l'article L. 631-1 l'étranger mentionné aux 1° à 5° du présent article lorsqu'il a déjà fait l'objet d'une condamnation définitive pour des crimes ou délits punis de cinq ans ou plus d'emprisonnement ou de trois ans en réitération de crimes ou délits punis de la même peine.() ".
6. En l'état de l'instruction, aucun des moyens visés ci-dessus n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 23 décembre 2024 du préfet de l'Eure prononçant l'expulsion de M. C.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence à statuer, M. C n'est pas fondé à demander la suspension des effets de la décision litigieuse. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à Me Niakate et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Eure.
Fait à Rouen, le 23 janvier 2025.
La juge des référés,
signé
C. Galle La greffière,
signé
A. Hussein
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026