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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2500097

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2500097

vendredi 17 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2500097
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantTRAITS D'UNION

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi par M. A... d’une requête en excès de pouvoir visant à contester le retrait de sept points sur son permis de conduire, consécutif à deux infractions routières des 18 et 29 mars 2024. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer partiel, l’administration ayant supprimé l’infraction du 29 mars 2024 et réattribué les points correspondants, rendant sans objet les conclusions relatives à cette décision. Pour l’infraction du 18 mars 2024, le moyen tiré du défaut d’information préalable (articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route) a été rejeté comme manifestement infondé, la mention "refus de signer" sur le procès-verbal électronique établissant la délivrance de l’information. Enfin, le moyen contestant la réalité de l’infraction a été écarté, le paiement de l’amende forfaitaire constituant une preuve suffisante de sa réalité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2025, M. C... A..., représenté par Me Denecker, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision 48 SI du 14 novembre 2024 et les décisions par lesquelles le ministre de l’intérieur a retiré sept points sur son permis de conduire à la suite des infractions des 18 mars 2024 et 29 mars 2024 ;

2°) d’enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la réalité des infractions n’est pas établie ;
- il n’a pas reçu l’information relative au permis à points en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2025, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 29 septembre 2025 la clôture de l’instruction a été fixée en dernier lieu au 13 octobre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.





Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) 3( Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; / (…) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / (…) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.(…) ».

Sur l’étendue du litige :

Il résulte des mentions du relevé d’information intégral relatif au permis de conduire du requérant, édité le 22 mai 2025 et produit par le ministre à l’appui de son mémoire en défense, que l’infraction commise le 29 mars 2024 a été supprimée de son dossier. A la suite de la réattribution des quatre points retirés à la suite de cette infraction, le solde du permis de conduire de l’intéressé est redevenu positif. A la date du 22 mai 2025, le permis de conduire de M. A... est valide et doté d’un solde de deux points et la mention de la décision 48 SI ne figure plus sur le relevé d’information intégral et doit, ainsi, être regardée comme ayant été retirée. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l’annulation de ces décisions sont devenues sans objet et il n’y a plus lieu d’y statuer.

Sur le surplus des conclusions aux fins d’annulation :

En ce qui concerne le défaut d’information préalable :

La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l’encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l’information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d’en reconnaître la réalité par le paiement d’une amende forfaitaire ou l’exécution d’une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d’une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.

Il résulte de l’instruction que les infractions commises le 18 mars 2024 a été constatée au moyen d’un procès-verbal électronique, que l’intéressé a refusé de signer. La mention « refus de signer » apportée par l’agent de police judiciaire établit que les informations lui ont bien été délivrées et le moyen de légalité externe, tiré de l’irrégularité de la procédure s’agissant de cette infraction, qui manque manifestement en fait, doit être écarté.


En ce qui concerne la réalité de l’infraction :

Il résulte des dispositions des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route, combinées avec celles des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et du premier alinéa de l’article 530 du même code, que le mode d’enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à estimer que la réalité de l’infraction est établie dans les conditions prévues à l’article L. 223-1 de ce code dès lors qu’est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l’amende forfaitaire ou de l’émission du titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée, sauf si l’intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l’infraction ou de l’envoi de l’avis de contravention ou avoir formé, dans le délai prévu à l’article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l’annulation du titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée.

Il résulte des mentions du relevé d’information intégral versé au dossier qu’un titre exécutoire d’amende forfaitaire majorée a été émis à raison des infractions du 18 mars 2024 devenu définitif. En l’absence de tout élément avancé par l’intéressé de nature à mettre en doute l’exactitude de ces mentions, la réalité de cette infraction est, dès lors, établie dans les conditions prévues à l’article L. 223-1 du code de la route. Il s’ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 223-1 du code de la route relative à l’établissement de la réalité de l’infraction du 18 mars 2024 ne peut qu’être écarté comme n’étant assorti que de faits insusceptibles de venir à son soutien.

Il résulte de ce qui précède que la requête ne comporte que des moyens de légalité externe manifestement infondés ou des moyens n’étant assortis que de faits insusceptibles de venir à son soutien. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter le surplus des conclusions aux fins d’annulation de la requête de M. A... sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, comme par voie de conséquence les conclusions aux fins d’injonction.

Sur les frais du litige :

Il n’y a pas lieu dans les circonstances de l’espèce de mettre à la charge de l’Etat la somme que M. A... demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.




O R D O N N E :




Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation de la décision relative à l’infraction du 29 mars 2024 et de la décision « 48 SI » du 14 novembre 2024.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et au ministre de l'intérieur.


Fait à Rouen, le 17 octobre 2025


Le vice-président,





M. B...



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision




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