jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2500370 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu les procédures suivantes :
Par une ordonnance du 21 janvier 2025, le président du tribunal administratif de Caen a transmis le dossier de la requête de M. A au tribunal administratif de Rouen.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Caen le 26 décembre 2024 puis au greffe du tribunal administratif de Rouen le 21 janvier 2025 sous le n°2500370, un mémoire, enregistré le 4 février 2025, et des mémoires en production de pièces, enregistrés les 20 janvier 2025 et 21 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Cavelier, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2024 par lequel le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour temporaire d'une durée d'un an, à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour, dans tous les cas de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travaillant sans délai à compter de la même date ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991, valant renonciation de la part contributive de l'Etat.
M. A soutient que:
- le tribunal administratif de Rouen est territorialement incompétent pour connaitre du litige, lequel ressort de la compétence du tribunal administratif de Caen ;
- la décision portant refus de séjour :
o est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
o est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux, en méconnaissance de l'article 14 de la loi du 26 janvier 2024 ;
o méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice par le préfet de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français :
o méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
o méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences sur sa vie personnelle ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
o méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o méconnaît les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences sur sa vie personnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 janvier 2025 et 5 février 2025, le préfet du Calvados, conclut au rejet la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Favre comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;
- l'arrêté du 13 mai 2024 fixant le périmètre géographique de l'expérimentation prévue à l'article 14 de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Favre, magistrate désignée.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant philippin né le 2 décembre 1931, est entré sur le territoire pour la dernière fois le 7 juin 2024 muni d'un visa C. Le 6 juillet 2024, il a sollicité son admission au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par l'arrêté attaqué 23 août 2023, le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an. Le 21 janvier 2025, il a été placé en rétention au centre de rétention administrative de Oissel. Par ordonnance du 24 janvier 2025, confirmée par la Cour d'appel de Rouen, le juge des libertés et de la détention a mis fin à sa rétention. Par arrêté du 25 janvier 2025, le préfet du Calvados l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la compétence territoriale du tribunal administratif de Rouen :
3. Aux termes de l'article R. 922-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En application de l'article R. 312-1 du code de justice administrative et sous réserve des exceptions prévues par la présente section, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel l'autorité qui a pris la ou les décisions attaquées a son siège. ". Aux termes de l'article R. 922-4 du même code : " Lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou détenu au moment de l'introduction de sa requête, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d'assignation, de rétention ou de détention. / Lorsque, en cours d'instance, l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou placé en détention, le tribunal administratif compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d'assignation, de rétention ou de détention. Le dossier est transmis à ce tribunal s'il diffère de celui devant lequel la requête a été présentée. ". Aux termes de l'article R. 922-5 du code précité : " Lorsque, avant la tenue de l'audience, l'étranger est transféré dans un autre lieu de rétention ou de détention, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné par lui peut décider, dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, par une décision insusceptible de recours, de transmettre le dossier au tribunal administratif dans le ressort duquel est situé le nouveau lieu de rétention ou de détention. ".
4. M. A ayant été placé en rétention au centre de rétention administrative de Oissel par arrêté du 20 janvier 2025, notifié le même jour, le président du tribunal administratif de Caen a transmis, par une ordonnance du 21 janvier 2025, le dossier de sa requête au tribunal administratif de Rouen en application de l'alinéa 2 de l'article R. 922-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ordonnance du 24 janvier 2025, confirmée par la Cour d'appel de Rouen, le juge des libertés et de la détention a mis fin à la rétention de l'intéressé. Par arrêté du 25 janvier 2025, le préfet du Calvados a assigné M. A à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département du Calvados. Toutefois, le requérant ne peut utilement invoquer les dispositions de l'alinéa 1 de l'article R. 922-4 code précité dès lors qu'il n'était pas assigné au moment de l'introduction de sa requête, ni les dispositions de l'article R. 922-5 du même code précité qui s'appliquent lorsque, avant la tenue de l'audience, l'étranger est transféré dans un autre lieu de rétention ou de détention.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
5. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 14 de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration : " A titre expérimental, lorsque l'autorité administrative envisage de refuser de délivrer ou de renouveler l'un des titres de séjour mentionnés aux chapitres Ier à III, aux sections 1 et 2 du chapitre V et au chapitre VI du titre II du livre IV du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle examine tous les motifs susceptibles de fonder la délivrance de ces titres de séjour. Cette expérimentation est mise en œuvre dans au moins cinq départements et au plus dix départements déterminés par arrêté du ministre chargé de l'immigration et pour une durée maximale de trois ans à compter du premier jour du sixième mois suivant la promulgation de la présente loi () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 13 mai 2024 fixant le périmètre géographique de l'expérimentation prévue à l'article 14 de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration : " Le périmètre géographique de l'expérimentation mise en œuvre en application de l'article 14 de la loi du 26 janvier 2024 susvisée correspond aux départements suivants : - Calvados ; () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ". Aux termes de l'article L. 423-5 du code précité : " La rupture de la vie commune n'est pas opposable lorsqu'elle est imputable à des violences familiales ou conjugales ou lorsque l'étranger a subi une situation de polygamie.
/ En cas de rupture de la vie commune imputable à des violences familiales ou conjugales subies après l'arrivée en France du conjoint étranger, mais avant la première délivrance de la carte de séjour temporaire, le conjoint étranger se voit délivrer la carte de séjour prévue à l'article L. 423-1 sous réserve que les autres conditions de cet article soient remplies. ".
7. Si M. A soutient que le préfet n'a pas procédé à une instruction " à 360° " de sa demande de titre de séjour si bien que la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle, il ressort des mentions mêmes de la décision attaquée que le préfet s'est prononcé sur l'ensemble de sa situation personnelle, familiale et professionnelle. Après une demande de pièces adressée le 19 août 2024 restée sans réponse, l'instruction de sa demande a été clôturée pour incomplétude. En outre, l'intéressé n'établit, ni même n'allègue avoir transmis au préfet du Calvados le récépissé de sa plainte pour violence par conjoint déposée le 25 septembre 2024. En tout état de cause, le requérant ne peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui dérogent aux dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'acte de mariage célébré aux philippines le 10 avril 2007 n'a pas été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. Enfin, il ne se prévaut d'aucun autre élément qui lui aurait permis de se voir délivrer un titre de plein droit tel que visé par l'article 14 de la loi du 26 janvier 2024 cité au point précédent. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Calvados n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
9. M. A fait valoir qu'il est le père de deux enfants de nationalité française, dont un enfant mineur âgé de 16 ans, issus de sa relation avec son ancienne conjointe, une ressortissante française. Pour établir qu'il contribue effectivement à l'entretien de son enfant, il se borne à produire des attestations de virements bancaires, dont certaines sont illisibles et qui ne permettent pas d'en identifier les destinataires ainsi que des attestations établies par les parents de la mère des enfants selon lesquelles celle-ci a utilisé sa carte bancaire. Travaillant sur des plates-formes pétrolières à l'étranger, les captures d'écran de conversation par messagerie versées au dossier ne permettent pas à elles-seules de justifier qu'il contribue effectivement à l'éducation de son enfant depuis au moins deux ans. L'intéressé indique avoir déposé plainte contre la mère de ses enfants les 16 septembre 2024 et 25 septembre 2024 pour des faits de violence et avoir engagé une procédure devant le juge aux affaires familiales pour la garde de sa fille mineure. Toutefois, il a été placé en garde à vue pour violation de domicile et harcèlement à l'encontre de son ancienne conjointe le 29 novembre 2024, laquelle a obtenu à son encontre une ordonnance de protection délivrée par le juge aux affaires familiales le 24 décembre 2024, qu'il n'a pas respectée au regard du procès-verbal d'audition du 20 janvier 2025. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir qu'il remplit les conditions de délivrance du titre de séjour prévu par les dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En troisième lieu, M. A, dont les conditions d'entrée et de séjour ont été rappelées au point 1, est séparé de son ancienne conjointe, une ressortissante française. Au regard des pièces versées au dossier, notamment des procès-verbaux d'audition des 29 novembre 2024 et 25 janvier 2025, il n'établit pas l'actualité, ni l'intensité et la fréquence des liens qu'il entretient avec ses enfants de nationalité française. Travaillant sur des plates-formes pétrolières à l'étranger, il ne justifie d'aucune insertion sociale et professionnelle en France. Enfin, il n'établit pas être dépourvu d'attache dans son pays d'origine. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet a entaché la décision de refus de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. En dernier lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité administrative n'est tenue de saisir la commission de titre de séjour que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles visés par ces dispositions auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le préfet du Calvados n'était pas tenu de soumettre le cas de M. A à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
12. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
13. Comme il a été énoncé au point 10 du présent jugement, M. A, est séparé de son ancienne conjointe, une ressortissante française. L'intéressé n'établit pas l'actualité, ni l'intensité et la fréquence des liens qu'il entretient avec ses enfants de nationalité française. Travaillant sur des plates-formes pétrolières à l'étranger, il ne justifie d'aucune insertion sociale et professionnelle en France. Enfin, il n'établit pas être dépourvu d'attache dans son pays d'origine. Par suite, la décision en litige n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, ni à l'intérêt supérieur de ses enfants, eu égard aux buts poursuivis par cet arrêté. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du code précité : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, () ".
15. M. A ne justifie pas d'une résidence effective et permanente sur le territoire français et a déclaré lors de son audition du 29 novembre 2024 être hébergé dans un foyer puis dans son audition du 25 janvier 2025 résider chez un ami. Ainsi, il ne présente pas de garanties suffisantes de représentation. L'intéressé n'invoque aucune circonstance particulière pour démontrer que le risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement ne serait pas établi. Par suite, nonobstant la convocation de M. A au tribunal correctionnel de Caen le 30 janvier 2025, il en résulte que les moyens tirés la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. En premier lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la décision litigieuse est fondée sur les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
18. Dans la mesure où M. A ne s'est vu accorder aucun délai de départ volontaire en vue de se conformer à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, le préfet du Calvados était fondé à assortir cette mesure d'éloignement d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A ne justifie pas avoir fixé le centre ses intérêts privés en France. Sa situation ne relève pas de circonstances humanitaires qui feraient obstacle à ce que le préfet du Calvados lui interdise le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an. Par suite, compte tenu de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen titré de la méconnaissance aux stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueil.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 29 novembre 2024. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées ainsi que celles présentées en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Cavelier et au préfet du Calvados.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La magistrate désignée,
Signé :
L. FAVRE
La greffière,
Signé :
P. HIS La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2500370
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026