jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2500619 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 février 2025 et un mémoire enregistré le 21 février 2025, M. D A, représenté par Me Elatrassi, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 février 2025 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné le renouvellement de son assignation à résidence ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 février 2025 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a interdit le retour sur le territoire français ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, le tout dans le délai d'un mois à compter du jugement intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) à titre principal de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, à titre subsidiaire, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que l'assignation à résidence :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- n'est pas suffisamment motivée ;
- a été prise sans examen sérieux de sa situation personnelle ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 février 2025, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 24 février 2025, ont été entendus le rapport de Mme Jeanmougin, magistrate désignée, qui a informé les parties que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'inexistence d'une interdiction de retour sur le territoire français du 4 février 2025 et les observations de Me Elatrassi, pour M. A, qui produit des pièces, et de M. A et de Mme C A son épouse, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et demande l'aide juridictionnelle provisoire et se désiste de ses conclusions contre l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de la Seine-Maritime n'étant présent ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité algérienne, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler l'arrêté du 4 février 2025 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné le renouvellement de son assignation à résidence.
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence, d'admettre M. A à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
3. En premier lieu, la décision contestée a été prise par Mme B qui disposait, en qualité de chargée de missions au bureau de l'éloignement de la préfecture de la Seine-Maritime, d'une délégation de signature par arrêté n° 25-012 du 23 janvier 2025 du préfet de la Seine-Maritime régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture spécial n° 18 du même jour, en cas d'absence ou d'empêchement de la cheffe du bureau. Rien n'indique que la cheffe du bureau n'était pas absente ou empêchée. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision renouvelant l'assignation à résidence de M. A doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision en litige portant renouvellement d'assignation à résidence comporte les considérations de droit et de fait que lesquelles elle est fondée, notamment la circonstance que M. A a fait l'objet d'une mesure d'éloignement exécutoire en octobre 2022 dont la légalité n'a pas été remise en cause par le tribunal administratif et à laquelle il n'a pas déféré, qu'il n'a pas remis de document de voyage ou d'identité en cours de validité et que des démarches consulaires doivent être organisées. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation personnelle et familiale de M. A n'aurait pas fait l'objet d'un réel examen avant l'édiction de la mesure qu'il conteste.
6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet le 25 octobre 2022 d'une obligation de quitter le territoire français, dont la légalité n'a pas été remise en cause par le tribunal administratif et qu'il n'a pas mise à exécution, et qu'il a fait l'objet, le 25 décembre 2024, d'une assignation à résidence. Si le préfet de la Seine-Maritime admet en défense que M. A a remis son passeport aux services de la gendarmerie nationale, M. A ne fait état d'aucune démarche qu'il aurait entreprise pour organiser lui-même son départ et rien n'indique que le consulat d'Algérie, où l'intéressé s'est rendu le 31 décembre 2024, aurait fait connaître sa décision concernant une demande de laissez-passer. Si le préfet de la Seine-Maritime n'établit pas avoir engagé de démarches pour l'achat d'un titre de transport, il n'est pas établi que l'éloignement de M. A ne constituerait pas une perspective raisonnable dans les 45 jours suivants le 9 février 2025. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que le renouvellement de son assignation à résidence a été prise en méconnaissance de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A, qui serait entré en France fin 2019, n'a demandé la délivrance d'un titre de séjour qu'en juillet 2022 et n'a pas mis à exécution l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 25 octobre 2022, dont la légalité n'a pas été remise en cause par la juridiction. M. A n'établit pas travailler depuis la fin décembre 2024 et est assigné à résidence à l'adresse à laquelle il vit avec son épouse de nationalité française. S'il fait valoir l'état de santé dégradée de celle-ci, il n'est démontré ni que Mme A ne pourrait pas se rendre chez son médecin généraliste ou son masseur kinésithérapeute situés dans sa commune de résidence ni que, ne travaillant pas, il existerait un obstacle à ce qu'elle l'accompagne en Algérie le temps strictement nécessairement à l'instruction d'une demande de visa de long séjour. La décision prolongeant l'assignation à résidence de M. A ne porte dès lors pas, eu égard aux buts poursuivis, une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé de mener une vie privée et familiale normale. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle doivent donc être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 février 2025 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a renouvelé son assignation à résidence. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte et au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Djehanne Elatrassi et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.
La magistrate désignée,
Signé :
H. JEANMOUGINLa greffière,
Signé :
P. HIS
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026