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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2500806

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2500806

lundi 24 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2500806
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension d’une décision implicite de rejet du CNAPS refusant une autorisation préalable pour exercer une activité privée de sécurité. La requérante n’a pas justifié de l’urgence nécessaire, faute de preuve de sa situation financière et en raison d’un délai de près d’un an pour saisir le juge. La condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’étant pas remplie, la requête a été rejetée sans audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 février 2025, Mme C A, représentée par Me Noël, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé implicitement de lui délivrer une autorisation préalable en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle à l'exercice d'une activité privée de sécurité, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au directeur du CNAPS de lui délivrer l'autorisation préalable sollicitée ;

3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 20 février 2025 sous le n°2500807 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le décret n°2014-1294 du 23 octobre 2014 relatif aux exceptions à l'application du principe " silence vaut acceptation " ainsi qu'aux exceptions au délai de deux mois de naissance des décisions implicites sur le fondement du 4° de l'article L 231-4 du code des relations entre le public et l'administration (ministère de l'intérieur) ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " . L'article L 522-3 dudit code permet au juge des référés de rejeter par une ordonnance motivée, sans mener de procédure contradictoire et sans audience, une demande en référé notamment lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence. Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Il résulte de l'instruction que Mme A a sollicité, par courrier parvenu au Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) le 21 février 2024, une autorisation préalable en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle à l'exercice d'une activité privée de sécurité. Par courrier du 28 février 2024, le CNAPS l'a informée que l'enquête administrative avait révélé que l'intéressée avait fait l'objet de deux mises en cause en 1989 et 2007, que sa demande était susceptible d'être rejetée mais qu'elle était invitée à faire parvenir ses observations dans un délai de quinze jours après la réception de cette lettre. Mme A demande, par la présente requête, la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le directeur du CNAPS sur sa demande d'autorisation préalable.

3. Pour démontrer que la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L 521-1 du code de justice administrative est remplie, Mme A soutient que la décision en litige fait obstacle à ce qu'elle exerce son activité professionnelle et qu'elle ne perçoit aucune ressource autre que le revenu de solidarité active. Mme A n'apporte toutefois aucun commencement de preuve de ses indications relatives à sa situation financière. En outre, l'obtention de l'autorisation préalable sollicitée ne lui aurait pas directement permis d'exercer en tant qu'agent de sécurité privée, l'intéressée devant également solliciter pour ce faire la délivrance d'une carte professionnelle. Enfin, Mme A n'indique pas avoir répondu au courrier du CNAPS du 28 février 2024 de manière à tenter d'apporter des explications susceptibles de convaincre l'établissement de lui accorder l'autorisation demandée et n'explique pas la raison pour laquelle, alors que la décision implicite de rejet est en principe née le 21 avril 2024, elle a attendu le 20 février 2025 pour saisir le tribunal. Dans les circonstances de l'espèce, en l'état de l'instruction, la condition d'urgence ne peut donc être regardée comme remplie. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions aux fins de suspension, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et celles aux fins qu'une somme soit mise à la charge du CNAPS au titre des frais de justice.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.

Copie pour information en sera adressée au CNAPS.

Fait à Rouen, le 24 février 2025.

La juge des référés,

signé

A. B

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

S. Combes

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