LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2502104

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2502104

mercredi 14 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2502104
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES JU
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante nigériane, qui contestait l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime ordonnant son transfert aux autorités portugaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile en application du règlement (UE) n° 604/2013 (Dublin III). Le tribunal a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la procédure avait respecté les droits de la requérante, notamment les articles 4 et 5 du règlement. Il a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en n'appliquant pas la clause discrétionnaire de l'article 17 du règlement, les problèmes de santé invoqués par Mme B ne justifiant pas, en l'état, une dérogation à son transfert.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 mai 2025, Mme B, représentée par Me Leprince, associée à la SELARL EDEN avocats, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2025 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a décidé son transfert aux autorités portugaises responsables de l'examen de sa demande de protection internationale ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une attestation temporaire de demande d'asile en procédure normale dans un délai de sept jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à titre subsidiaire sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé ;

- il méconnaît l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013

- il méconnaît l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- il appartiendra au préfet de justifier de l'existence et de la régularité de la demande adressée aux autorités portugaises ainsi que de la réponse qui aurait été faite par les autorités portugaises ;

- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et de défaut d'examen de la situation du requérant dans l'application de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013.

Par un mémoire en défense, enregistré 7 mai 2025, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Esnol comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 mai 2025 :

- le rapport de Mme Esnol, magistrate désignée,

- les observations de Me Leprince, représentant Mme B qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens et insiste sur les moyens tirés du défaut d'examen et de la méconnaissance de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 dès lors que la requérante souffre de fibromes utérins nécessitant une prise en charge médicale dont le retard aurait des conséquences graves sur sa santé ;

- et les observations de Mme B, assistée de Mme A, interprète en langue anglaise, qui indique souffrir de problèmes de santé nécessitant un suivi, des scanners, des IRM et peut-être des chirurgies.

Le préfet n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante nigériane né le 19 août 1985 a sollicité son admission au séjour au titre du droit d'asile, 14 janvier 2025 auprès des services du préfet de la Seine-Maritime. Lors de l'instruction de cette demande, la consultation de la base Visabio a révélé que Mme B avait bénéficié d'un visa délivré par les autorités portugaises, valable du 24 décembre 2024 au 17 janvier 2025. Les autorités portugaises saisies le 24 janvier 2025 par le préfet de la Seine-Maritime d'une demande de reprise en charge de Mme B, ont accepté la requête du préfet, le 21 mars 2025. Par un arrêté du 25 mars 2025, notifié le 30 avril 2025, le préfet de la Seine-Maritime a décidé de transférer Mme B aux autorités portugaises. La requérante demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, de prononcer l'admission provisoire de Mme B à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par le même règlement. " Aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / 2. Lorsque aucun État membre responsable ne peut être désigné sur la base des critères énumérés dans le présent règlement, le premier État membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen. () ".

4. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application, en particulier le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Cet arrêté fait état des conditions d'entrée sur le territoire français et de la demande de protection internationale de Mme B, ainsi que des éléments pris en compte par le préfet de la Seine-Maritime pour établir que l'intéressée s'est vu délivrer un visa court séjour le 13 décembre 2024 par les autorités portugaises valable du 24 décembre 2024 au 17 janvier 2025. En outre, l'arrêté précise les conditions dans lesquelles les autorités portugaises ont accepté la requête des autorités françaises aux fins de prise en charge de Mme B.

5. En deuxième lieu, il résulte de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application des dispositions du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tout cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de le remettre aux autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits et les modalités d'application du règlement, par écrit et dans une langue qu'il comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Cette information doit comporter l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de ce même article 4 et constitue une garantie pour le demandeur d'asile.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est vu remettre, le 14 janvier 2025, les brochures A et B relatives à la détermination de l'État responsable de sa demande d'asile et à l'organisation de la " procédure Dublin " rédigées en anglais, langue qu'elle a déclaré comprendre, contenant les éléments d'information exigés par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. [] 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé.". Aux termes de l'article 35 du même règlement : " 1. Chaque État membre notifie sans délai à la Commission les autorités chargées en particulier de l'exécution des obligations découlant du présent règlement et toute modification concernant ces autorités. Les États membres veillent à ce qu'elles disposent des ressources nécessaires pour l'accomplissement de leur mission et, notamment, pour répondre dans les délais prévus aux demandes d'informations, ainsi qu'aux requêtes aux fins de prise en charge et de reprise en charge des demandeurs. [] 3. Les autorités visées au paragraphe 1 reçoivent la formation nécessaire en ce qui concerne l'application du présent règlement [] ".

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a bénéficié le 14 janvier 2025 d'un entretien individuel et confidentiel qui s'est tenu en langue anglaise, langue qu'elle a indiqué comprendre. Il n'est pas sérieusement contesté que l'intéressée a bien été reçue, lors de cet entretien réalisé dans les locaux de la Seine-Maritime, par un agent de cette préfecture. Compte tenu du résumé de l'entretien, dont il n'est pas allégué qu'il comporterait des erreurs ou des omissions au regard des déclarations de Mme B, l'agent de la préfecture ayant conduit l'entretien doit être regardé en l'absence notamment de tout élément permettant de supposer un défaut de formation ou d'accès à une information suffisante, comme une personne qualifiée en vertu du droit national pour mener cet entretien, nonobstant l'absence de mention, autre que celle du tampon de la délégation à l'immigration et des initiales du signataire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté en toutes ses branches.

9. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que les autorités portugaises, saisies par la France le 24 janvier 2025 sur le fondement du paragraphe 2 de l'article 12 de ce règlement, ont accepté de reprendre en charge Mme B par une décision explicite du 21 mars 2025 sur le fondement du même article. Le moyen tenant au défaut de demande de prise en charge et d'accord des autorités portugaises manque donc en fait.

10. En cinquième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée qui mentionne la responsabilité des autorités portugaises et que Mme B n'a pas indiqué lors son entretien souffrir d'une pathologie, ni des pièces du dossier que la situation personnelle de Mme B n'aurait pas fait l'objet d'un examen attentif avant l'édiction de l'arrêté contesté.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. [] 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. Les personnes concernées doivent exprimer leur consentement par écrit [] ". La faculté laissée à chaque État membre, par l'article 17 de ce règlement, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

12. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est arrivée très récemment sur le territoire français. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressée est célibataire et sans enfant et ne dispose d'aucune attache en France. D'une part, si Mme B soutient avoir été contrainte de fuir son pays en raison de persécutions et qu'elle risquerait d'être soumise à des représailles de la part de son ex-conjoint qui a eu connaissance de son départ vers le Portugal en cas de retour dans ce pays, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations ni n'établit l'actualité et la gravité des menaces dont elle aurait fait l'objet. Par ailleurs, si Mme B se prévaut d'un suivi médical en France entamé en 2023, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'elle aurait fait l'objet d'un diagnostic médical précis nécessitant un traitement particulier, et l'intéressée ne démontre pas ne pas pouvoir accéder effectivement à une prise en charge médicale adaptée au Portugal, ni que son transfert entraînerait, par lui-même, un risque réel d'une aggravation significative et irrémédiable de son état médical. Ainsi, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire application de la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013.

13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en date du 24 mars 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son transfert aux autorités portugaises. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à Me Leprince, associée de la SELARL EDEN Avocats, et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2025.

La magistrate désignée,

signé

B. ESNOL

Le greffier,

signé

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions