mardi 17 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2502603 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SEYREK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mai 2025, Mme A C, représentée par Me Seyrek, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 18 février 2025 par laquelle son employeur l'EHPAD résidence Bouic Manoury l'a placée en congé non rémunérés pour une durée d'un an, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre à l'EHPAD Résidence Bouic Manoury de la placer en congé de grave maladie dans l'attente d'une recherche de reclassement ;
4°) de mettre à la charge de l'EHPAD Résidence Bouic Manoury une somme de 2 000 euros à verser à Me Seyrek en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- La condition d'urgence est remplie car la décision litigieuse la prive de toute rémunération depuis décembre 2024 alors qu'elle élève seule deux enfants ;
- Il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :
* En l'état, elle a été prise par une autorité incompétente ;
* Elle est insuffisamment motivée ;
* Elle est illégale car elle méconnaît le principe de non rétroactivité des actes administratifs puisqu'elle prend effet depuis le mois de décembre 2024, mois à partir duquel elle ne perçoit plus son traitement ;
* Elle est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'elle n'a pas épuisé ses droits à congés de grave maladie et qu'elle est dans l'incapacité définitive d'exercer ses fonctions au sein de l'EHPAD Résidence Bouic Manoury ;
* L'EHPAD n'a pas tenté de la reclasser ;
* Elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation car elle n'a pas épuisé ses droits à congé de grave maladie et que l'EHPAD n'a pas tenté de la reclasser.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2025, l'EHPAD Résidence Bouic Manoury, représenté par Me Loevenbruck, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme C de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de
justice administrative.
Il soutient que :
- La condition d'urgence n'est pas remplie ;
- La requête est tardive ;
- Il n'existe aucun doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 30 mai 2025 sous le n°2502602 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n°91-655 du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 13 juin 2025 à 10 heures en présence de M. Tostivint, greffier, Mme B a lu son rapport et entendu :
- Les observations de Me Seyrek, pour Mme C,
- Les observations de Me Delaunay, substituant Me Loevenbruck, pour l'EHPAD Résidence Bouic Manoury :
- Les nouvelles observations de Me Seyrek, puis de Me Delaunay.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1.Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, par application de ces dispositions, d'admettre provisoirement Mme C à l'aide juridictionnelle.
Sur le surplus des conclusions :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Il résulte de l'instruction que Mme C est aide-soignante contractuelle à l'EHPAD résidence Bouic Manoury depuis 2014 et qu'elle bénéficie, depuis le 1er janvier 2021, d'un contrat à durée indéterminée. Elle a présenté un avis d'arrêt de travail le 28 décembre 2021 et n'a jamais repris ses fonctions depuis. Il résulte des pièces du dossier qu'elle a d'abord été placée sous le régime du congé de maladie, situation dans laquelle elle a, à partir d'une date qui ne ressort pas précisément de celles-ci, cessé d'être rémunérée par son employeur public. Le 3 novembre 2023, Mme C a sollicité une rupture conventionnelle de son contrat, mais cette demande n'a pas abouti. Le 9 février 2024, Mme C a sollicité un congé de grave maladie. Le comité médical, qui avait d'abord sursis à statuer dans l'attente du résultat d'une expertise, a finalement émis un avis favorable à l'octroi d'un congé de grave maladie du 28 décembre 2021 au 27 décembre 2024 en raison d'une " inaptitude temporaire ". Il est constant que Mme C a été, de manière rétroactive, placée sous ce régime juridique, ce qui a conduit son employeur à lui verser, en novembre 2024, une somme représentant la différence entre ce qu'elle avait perçu sous le régime du congé de maladie et ce qu'elle aurait dû percevoir sous le régime du congé de grave maladie. Elle a également perçu, au début de l'année 2025, pour le même motif, une somme du CGOS. Par courrier du 18 février 2025, la directrice générale de l'EHPAD lui a indiqué qu'elle avait rendez-vous le 25 février 2025 avec un médecin généraliste agréé pour qu'il puisse donner son avis sur son aptitude ou son inaptitude, temporaire ou définitive, à occuper ses fonctions et l'a informée que, ses droits à congés de grave maladie étant épuisés, elle était placée en congé non rémunérée pour une période maximale d'un an pouvant éventuellement être prolongée de six mois. Le médecin agréé a conclu, le 25 février 2025, que Mme C était apte aux fonctions d'aide-soignante. Le conseil de l'intéressée a fait valoir, par mail du 28 février 2025, que l'expertise avait duré environ cinq minutes et que le médecin était généraliste et non psychiatre, c'est-à-dire qu'il n'était pas spécialisé dans la pathologie de Mme C. Au vu de ce mail, l'EHPAD Résidence Bouic Manoury a sollicité une nouvelle expertise auprès d'un psychiatre agréé le 26 mars 2025, qui a effectivement eu lieu, mais dont les conclusions ne sont pas encore connues. Mme C demande la suspension de la décision, contenue dans le courrier du 18 février 2025, la plaçant en congé non rémunéré.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme C a été placée pendant trois ans sous le régime du congé de grave maladie et a perçu, de manière différée, la rémunération afférente. En admettant même que le placement sous ce régime doive être regardé comme entaché d'une rétroactivité illégale, ce que soutient Mme C en indiquant qu'elle n'a pas épuisé ses droits à congé de grave maladie, il en résulterait, certes, une obligation de modification rétroactive des dates de ce congé, mais il n'en résulterait pas une réouverture effective de nouveaux droits à tout ou partie de la rémunération de l'intéressée, dès lors que celle-ci serait nécessairement replacée en congé de maladie sans rémunération pour toute ou partie de la période initialement couverte par le congé de grave maladie, celui-ci ne pouvant excéder une durée de trois ans, conformément aux termes de l'article 11 du décret du 6 février 1991 susvisé. Par suite, la situation financière actuelle de Mme C, caractérisée par l'absence de versement de toute rémunération par son employeur public, ne prendrait pas fin. De même, la modification rétroactive des dates du congé de grave maladie ne conduirait pas à l'ouverture d'une procédure de reclassement, celle-ci ne pouvant intervenir, le cas échéant, qu'à l'issue d'un tel congé conformément à l'article 17-1 du même décret. Il en irait d'ailleurs de même si la décision en litige était regardée comme illégale pour un motif d'incompétence ou de défaut de motivation, ce qui impliquerait seulement la prise d'une nouvelle décision identique, mais expurgée du vice retenu par le juge des référés. Par ailleurs, il a été indiqué, lors de l'audience, qu'une démarche allait être entreprise auprès du psychiatre agréé par l'employeur de Mme C afin d'obtenir ses conclusions. Si celles-ci vont dans le sens de l'aptitude de Mme C à ses fonctions d'aide-soignante, ainsi que concluait le médecin généraliste agréé, elle pourra être réintégrée rapidement à l'EHPAD et rémunérée en raison de l'accomplissement de ses fonctions. Si celles-ci vont dans le sens d'une inaptitude temporaire, la situation de Mme C demeurera celle en vigueur actuellement. Si, enfin, l'expert psychiatre conclut à une inaptitude définitive à occuper son emploi, alors il appartiendra à l'EHPAD d'en tirer les conséquences en proposant notamment à Mme C de présenter une demande de reclassement, conformément aux dispositions de l'article 17-1 du décret précité. En définitive, dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard notamment à ce que, d'une part, Mme C a déjà bénéficié du maintien du maximum de la rémunération à laquelle elle pouvait prétendre, d'autre part, à ce que les conclusions de l'expert psychiatre devraient, en principe, intervenir assez rapidement permettant à l'employeur de prendre une position actualisée sur la situation de l'intéressée, il n'existe aucune urgence, à supposer remplies les conditions de doute sérieux sur la légalité, à prononcer la, suspension de l'exécution de la décision du 18 février 2025, bien que celle-ci place l'intéressée en congé non rémunéré depuis le 28 décembre 2024. Par suite, les conclusions de Mme C aux fins de suspension doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles aux fins qu'une somme soit mise à la charge de l'EHPAD Résidence Bouic Manoury sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'EHPAD Résidence Bouic Manoury présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A C est admise provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, à Me Arzu Seyrek et à l'EHPAD Résidence Bouic Manoury.
Fait à Rouen, le 17 juin 2025.
La juge des référés, Le greffier,
signésigné
A. B H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026