mardi 15 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2503198 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 juillet 2025, 9 juillet 2025 et 11 juillet 2025, M. D, représenté par Me Yousfi, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2025 du préfet d'Ille et Vilaine par lequel celui-ci lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de renvoi, lui a refusé le délai de départ volontaire et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de cinq ans ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille et Vilaine de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois suivant le jugement à intervenir et sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat à verser, à titre principal, à Me Bilal Yousfi, avocat, la somme de mille deux cent euros en application des dispositions combinées des articles 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renonciation de Me Bilal Yousfi, avocat ; à titre subsidiaire, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, verser la somme de mille cinq cent euros à M. D.
Il soutient que :
S'agissant des moyens communs aux décisions attaquées :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles n'ont pas été précédées d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent son droit d'être entendu ;
- elles sont signées d'une autorité incompétente ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision refusant le délai de départ :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est signée d'une autorité incompétente ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- - elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6, et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2025, le préfet d'Ille et Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code du travail ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Baude, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 11 juillet 2025, présenté son rapport et entendu les observations de Me Yousfi, avocat de M. D, qui reprend, précise et complète les conclusions et moyens de la requête. Il fait valoir que le casier judiciaire de M. D ne comporte que deux condamnations à des peines d'amende et qu'il ne menace pas l'ordre public, qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche datée du 1er juillet 2025, et qu'il a des attaches familiales en France. En complément des moyens exposés dans la requête Me Yousfi soulève un moyen nouveau tiré de ce que le préfet n'a pas vérifié le droit au séjour de M. D au regard de l'article 3 de l'accord franco-tunisien.
En application des articles R. 776-13-2 et R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant tunisien né en 2001 à Zarzis, Tunisie, est entré en France à l'age de 16 ans en 2017 muni d'un visa de court séjour. Il a été placé à l'ASE. Sa demande de titre de séjour a été rejetée le 22 juillet 2020 pour incomplétude. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai le 5 juillet 2025 par arrêté du préfet d'Ille et Vilaine, assorti d'une interdiction de retour sur le territoire pendant 5 ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, les décisions attaquées, qui n'avaient pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments afférents à la situation personnelle du requérant, énoncent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent avec une précision suffisante pour permettre au requérant de comprendre leurs motifs et, le cas échéant, d'exercer utilement son recours. L'arrêté indique ainsi que M. D est célibataire et sans enfant, qu'il représente une menace pour l'ordre public, qu'il est dépourvu de titre de séjour, qu'il n'a entrepris aucune démarche depuis 2019 pour régulariser sa situation, qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, qu'il a travaillé sans autorisation, que son père vit en Tunisie et qu'il a déclaré refuser de retourner dans son pays d'origine. S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français l'arrêté mentionne la position de l'autorité administrative sur chacun des quatre critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet d'Ille et Vilaine, qui a suffisamment motivé ses décisions, aurait omis de procéder à un examen particulier de la situation personnelle du requérant.
4. En troisième lieu, le préfet d'Ile et Villaine a produit l'arrêté du 28 octobre 2024 par lequel il a donné à M. C B délégation pour signer les décisions attaquées. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de leur signataire doit être écarté.
5. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D a été auditionné par les services de police le 4 juillet 2025 et qu'il a pu à cette occasion faire état de sa situation personnelle en France et exprimer ses observations sur la perspective de son éloignement. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".
7. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté vise l'accord franco-tunisien, que le préfet y indique qu'il a procédé à l'examen du droit au séjour de M. D conformément aux dispositions qu'il vise et que les motifs de l'obligation de quitter le territoire français exposent la situation personnelle, familiale et professionnelle de M. D depuis son entrée en France. Par suite Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. D, s'il est entré en France à l'âge de 16 ans et y a été scolarisé, est célibataire et sans enfant, qu'il a travaillé plusieurs mois en tant que snackiste salarié à durée indéterminée à temps partiel dans une entreprise de restauration d'août 2022 à février 2024 pour un salaire mensuel inférieur à 800 euros et qu'il ne dispose pas d'un domicile personnel. Il déclare sans en justifier travailler en tant que livreur " UBER " à la date de la décision attaquée. Il n'établit pas la réalité et l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec les membres de sa fratrie présents en France et notamment ses neveux. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, de même que de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation de la gravité des conséquences de sa décision sur la situation du requérant.
10. Ainsi, en dernier lieu, le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-Maritime a entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle requérant en fixant à trente jours le délai qui lui a été imparti pour quitter le territoire français doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée.
En ce qui concerne la décision relative au délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire ayant été écartés, le moyen tiré de l'exception de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
14. Il ressort des pièces du dossier que M. D a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français sans délai édictée le 23 janvier 2020 par le préfet de l'Essonne, d'une seconde obligation de quitter le territoire français sans délai édictée le 8 octobre 2021 par le préfet du Calvados, demeurées inexécutées, et qu'il existe ainsi un risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
15. En dernier lieu, pour les motifs exposés au point 7 du jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, de même que celui tiré de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation de la gravité des conséquences de sa décision sur la situation du requérant.
En ce qui concerne le choix du pays de renvoi :
16. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire ayant été écartés, le moyen tiré de l'exception de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
17. En second lieu, il n'est pas établi que M. D sera exposé à des risques particuliers pour sa sécurité dans son pays d'origine. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, de même que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation de la gravité des conséquences de sa décision sur la situation du requérant.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 5 ans :
18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ".
19. Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
20. Il ressort des pièces du dossier que M. D n'est pas inséré professionnellement en France, qu'il est célibataire et sans enfant, et qu'il a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. En revanche si le préfet invoque la mise en cause du requérant dans plusieurs procédures depuis 2019, les suites réservées à celles-ci ne sont pas précisées quant à la culpabilité de l'intéressé, notamment à la suite de son placement en détention provisoire en 2020, alors que l'extrait du bulletin n°2 de son casier judiciaire ne mentionne que deux condamnations à des amendes délictuelles en septembre 2019 et avril 2022 pour usage illicite de stupéfiants. Il n'est donc pas établi, au vu des pièces produites, que M. D représentait à la date de la décision attaquée une menace à l'ordre public. Par suite, si le préfet pouvait légalement lui interdire le retour en France, M. D est fondé à soutenir qu'en fixant à 5 ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, soit la durée maximale prévue par l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
21. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 5 juillet 2025 du préfet d'Ille-et-Vilaine doit être annulé en tant seulement qu'il fait interdiction à M. D de retourner en France pendant 5 ans.
22. Les conclusions à fin d'injonction sont rejetées, l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français n'impliquant pas que la situation de M. D au regard du droit au séjour fasse l'objet d'un nouvel examen.
23. Les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées, l'Etat n'étant pas la partie principalement perdante dans cette affaire.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet d'Ille et Vilaine du 5 juillet 2025 interdisant à M. D le retour en France pendant 5 ans est annulée.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet d'Ille et Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2025.
Le magistrat désigné,
signé
F. -E. Baude
Le greffier,
signé
J.-L. Michel
Le greffier,
J.-L. Michel
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026