mardi 29 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2503453 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | POLE URGENCES |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 juillet 2025 et 24 juillet 2025, Mme D E, retenue au centre de rétention de Oissel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2025 par lequel le préfet du Nord l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation ;
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée a été prise par un signataire incompétent ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai départ volontaire :
- la décision attaquée a été prise par un signataire incompétent ;
- la décision attaquée est illégale dès lors que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est elle-même illégale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la décision attaquée a été prise par un signataire incompétent ;
- la décision attaquée est illégale dès lors que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est elle-même illégale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée a été prise par un signataire incompétent ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est illégale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français est elle-même illégale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet du Nord n'a pas produit de mémoire en défense mais a versé des pièces à l'instance le 28 juillet 2025.
Par un courrier en date du 29 juillet 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de procéder d'office à une substitution de base légale, la décision portant obligation de quitter le territoire français trouvant sa base légale, non dans les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais dans celles du 2° du même article.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Esnol comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord du 8 novembre 2010 entre l'Union européenne et la République du Brésil visant à exempter les titulaires d'un passeport ordinaire de l'obligation de visa pour les séjours de courte durée ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Esnol, magistrate désignée,
- les observations de Me Lahbib, avocate commise d'office, représentant Mme E qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens et fait valoir en outre que :
o La décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit dès lors que la décision se fonde uniquement sur l'entrée irrégulière, qu'elle est entachée d'un défaut d'examen, d'une insuffisance de motivation et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que Mme E travaille depuis environ un an ;
o La décision portant refus de délai de départ volontaire est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que son comportement ne présente aucun risque de soustraction à la mesure d'éloignement et qu'elle présente des garanties de représentations suffisantes ;
o La décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une insuffisance de motivation et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'est pas établi que sa situation ne présenterait pas un caractère humanitaire.
- les observations de Mme E, assistée de M. A, interprète en langue portugaise qui indique avoir résidé dans un appartement à Rennes pendant environ six mois ;
- les observations de Me Salard, représentant le préfet du Nord, qui reprend à son compte la substitution de base légale en soutenant que le préfet a également entendu se fonder sur le maintien irrégulier sur le territoire français et qui conclut au rejet de la requête dès lors que la situation personnelle de Mme E ne fait état d'aucune insertion en France et qu'elle ne présente pas d'adresse stable, ni de circonstances humanitaires.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D E, ressortissante brésilienne née le 27 novembre 1996, déclare être entrée sur le territoire français le 8 juin 2024. Le 20 juillet 2025, l'intéressée a été interpellée par les services de police de Lille. Par un arrêté du 21 juillet 2025, dont Mme E retenue au centre de rétention de Oissel, demande l'annulation, le préfet du Nord l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 27 juin 2025 régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 2025-188 de la préfecture du Nord le 27 juin 2025, le préfet du Nord a donné délégation de signature à Mme C B, attachée d'administration de l'Etat, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière aux fins de signer les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire, le pays de destination et les interdictions de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit donc être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté attaqué, qui mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application notamment les articles L. 611-1, L. 612-1 à L. 612-12 ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, fait état de la situation administrative, personnelle et familiale de l'intéressée en indiquant notamment qu'elle est entrée en France le 8 juin 2024 sous couvert d'un passeport brésilien et qu'elle est célibataire et sans enfant. Par suite, l'arrêté attaqué, dont la motivation n'apparaît pas stéréotypée, énonce, eu égard à l'objet de chacune des décisions litigieuses, les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Il suit de là que le moyen ainsi soulevé manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, il ressort des mentions mêmes de la décision attaquée, que le préfet s'est fondé sur le fait que Mme E était entrée sur le territoire français le 8 juin 2024 et justifie d'un passeport l'exemptant d'être munie d'un visa court séjour mais s'est maintenue sur le territoire français au-delà du délai de trois mois. L'arrêté indique également que Mme E déclare résider à Rennes et est célibataire et sans enfant. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de Mme E ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; ".
6. Aux termes de l'article 1er de l'accord du 8 novembre 2010 entre l'UE et la République du Brésil visant à exempter les titulaires d'un passeport ordinaire de l'obligation de visa pour les séjours de courte durée : " Les citoyens de l'Union et les ressortissants du Brésil, titulaires d'un passeport ordinaire en règle, sont autorisés à entrer sur le territoire de l'autre partie contractante, à le traverser et à y séjourner sans visa à des fins touristiques et professionnelles, pour un séjour d'une durée maximale de trois mois au cours d'une période de six mois, conformément aux dispositions du présent accord ".
7. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord a entendu fonder l'obligation de quitter le territoire français dont Mme E fait l'objet sur le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que l'intéressée ne justifiait pas être entrée régulièrement sur le territoire français et s'y est maintenue sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Il ressort néanmoins des pièces du dossier que, dès lors que Mme E est titulaire d'un passeport brésilien en cours de validité qu'elle a présenté à son entrée sur le territoire français, celle-ci est entrée régulièrement en France le 8 juin 2024.
8. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressée ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.
9. Bien qu'entrée régulièrement sur le territoire français, Mme E ne conteste pas s'y être maintenue irrégulièrement après l'expiration du délai de trois mois mentionné par l'article 1er de l'accord entre l'UE et le Brésil, sans présenter de demande de titre de séjour. En l'espèce, la décision attaquée trouve son fondement légal dans les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'une part, Mme E se trouvait dans la situation où, en application du 2° de l'article L.611-1 du même code, le préfet du Nord pouvait décider de prendre à son encontre une obligation de quitter le territoire français. D'autre part, il ressort des mentions mêmes de la décision attaquée qui indique que Mme E était exemptée de visa compte tenu de la présentation de son passeport biométrique et qu'elle s'est maintenue sur le territoire de l'espace Schengen au-delà du délai de trois mois, que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressée d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions. Dans ces conditions, les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être substituées à celles du 1° de cet article si bien que le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
10. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent et dès lors que l'intéressée ne fait état d'aucune insertion personnelle ou professionnelle sur le territoire français le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai départ volontaire :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 10 que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter l'annulation par voie de conséquence de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
12. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Selon l'article L. 612-3 du code précité : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5.".
13. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet s'est fondé, pour refuser d'octroyer à Mme E un délai de départ volontaire, sur l'existence d'un risque de soustraction par l'intéressée à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet en application des dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'intéressée ne fait état d'aucune domiciliation stable à Rennes, indiquant, dans ses écritures, être hébergée à Rennes par un ami tandis qu'elle a mentionné lors de l'audience payer un loyer pour un logement individuel, sans pouvoir l'établir. Ces éléments faisant obstacle à l'identification d'une adresse stable, le préfet a pu, faute de garantie de représentations, légalement lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire sur ce seul fondement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 10 que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter l'annulation par voie de conséquence de la décision fixant son pays de destination.
15. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
16. Mme E ne peut se prévaloir utilement de ses attaches en France pour contester la décision fixant le Brésil comme pays de destination. En tout état de cause, l'intéressée a indiqué lors de son audition le 20 juillet 2025 et lors de l'audience ne pas être opposée à un retour dans son pays d'origine où résident les membres de sa famille. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 10 que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision lui refusant un délai de départ volontaire. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter l'annulation par voie de conséquence de la décision l'interdisant de retour sur le territoire français.
18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Par ailleurs, en vertu de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
19. La requérante, qui déclare être entrée sur le territoire français le 8 juin 2024, ne justifie d'aucune intégration professionnelle ni personnelle sur le territoire français. Mme E est célibataire et sans enfant et a indiqué dans son audition du 20 juillet 2025 que les membres de sa famille résident dans son pays d'origine. En outre, la situation personnelle de l'intéressée ne présente aucune circonstance humanitaire de nature à justifier l'absence d'interdiction de retour sur le territoire français. Dans ces conditions, le préfet a pu, sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation, prendre à l'encontre de Mme E une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme E tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Nord du 21 juillet 2025 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et d'astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à Me Lahbib et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition par le greffe le 29 juillet 2025.
La magistrate désignée,
B. ESNOL
La greffière,
A. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026