lundi 11 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2503621 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MERHOUM AMINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 juillet 2025 et le 4 août 2025, Mme B A épouse C, représentée par Me Merhoum-Hammiche, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à l'autorité administrative de lui délivrer une convocation pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé, ou, à défaut, de procéder à la modification de son adresse e-mail attachée à son dossier ANEF en vue de pouvoir y accéder de nouveau ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est dans l'impossibilité de renouveler sa carte de résident dont la validité est échue depuis le 15 juillet 2025, ne pouvant pas accéder à son espace personnel ANEF car elle n'a plus accès à l'adresse e-mail associée à son compte ANEF ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle a sollicité le service technique de l'ANEF et la préfecture à plusieurs reprises pour modifier l'adresse e-mail associée à son compte ou obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer sa demande de renouvellement de carte de résident et qu'elle n'a reçu aucune réponse ;
- les courriels envoyés concernent bien Mme A mais pour des raisons inconnues le service technique de l'ANEF lui a répondu en mentionnant un autre nom ;
- elle est âgée de 66 ans et dispose d'un compte ANEF de sorte qu'il est illégal de lui demander de se déplacer au point d'accueil numérique de la préfecture alors qu'il revient au service technique de résoudre la difficulté rencontrée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2025, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les échanges de courriels produits par la requérante concernent une autre personne ;
- la requérante n'établit pas avoir répondu au dernier courriel reçu le 16 juin 2025 ;
- Mme A n'a pas contacté le point d'accueil numérique se situant en préfecture et il lui appartient d'effectuer cette démarche pour résoudre ses difficultés informatiques ;
- son courriel du 23 juillet 2025 n'a pas été adressé au bon interlocuteur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A épouse C, ressortissante malgache née le 21 septembre 1958, est titulaire d'une carte de résident valable du 16 juillet 2015 au 15 juillet 2025. Elle a tenté de solliciter le renouvellement de sa carte de résident par voie dématérialisée, mais expose ne pas pouvoir accéder à son compte ANEF au motif qu'elle ne peut plus accéder à l'adresse électronique associée à ce compte ANEF, malgré ses démarches auprès du service technique de l'ANEF et de la préfecture. Elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de la convoquer pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour, ou, à défaut, de modifier l'adresse électronique associée à son compte ANEF.
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Il résulte de l'instruction qu'à compter du 12 juin 2025, Mme A et son avocate ont saisi à diverses reprises le support technique de l'ANEF en indiquant que l'intéressée ne pouvait pas se connecter à son compte ANEF. Ayant reçu des réponses automatiques émanant de " France Titres / ANTS " ne permettant manifestement pas de résoudre son problème informatique du à la circonstance que l'intéressée indique n'avoir plus accès à la boite de courrier électronique actuellement associée à son compte ANEF, l'avocate de Mme A a saisi par courriel du 23 juillet 2025 le chef du bureau du séjour de la préfecture de la Seine-Maritime afin de l'informer de ce blocage, de solliciter de ce dernier que l'adresse de courriel associé au compte ANEF de Mme A épouse C soit modifiée par la préfecture, et de la convoquer afin qu'elle dépose sa demande de renouvellement de titre de séjour et reçoive un récépissé.
4. Ainsi que le préfet de la Seine-Maritime l'indique en défense, il ne résulte pas de l'instruction que Mme A ait saisi le point d'accueil numérique " étrangers " mis en place par la préfecture de la Seine-Maritime, afin de résoudre son problème informatique, alors que les coordonnées et modalités d'accès à ce service dont l'objet est d'assister les étrangers rencontrant des difficultés à effectuer leurs démarches administratives dématérialisées sont aisément accessibles sur le site internet de la préfecture de la Seine-Maritime. Si la requérante soutient qu'elle a 66 ans, elle n'établit pas que cette seule circonstance l'empêcherait de se déplacer au point d'accueil numérique de la préfecture pour résoudre efficacement le problème informatique rencontré pour l'accès à son compte ANEF. D'autre part, la seule circonstance qu'elle dispose d'un compte ANEF ne permet pas, contrairement à ce que soutient la requérante, de considérer que la demande des services préfectoraux tendant à ce qu'elle saisisse le point d'accueil numérique serait entachée d'illégalité.
5. Par suite, en l'état des démarches entreprises par Mme A, ni la demande tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la convoquer pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour, ni sa demande tendant à ce que la préfecture modifie elle-même l'adresse électronique associée à son compte ANEF, ne peuvent être regardées comme présentant un caractère d'urgence. Par suite, les conditions prévues par l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'étant pas remplies, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A épouse C, et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 11 août 2025.
La juge des référés,
C. GALLE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026