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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2505097

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2505097

lundi 3 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2505097
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme C..., qui contestait la note de 8/20 attribuée à sa fille lors des épreuves anticipées de français du baccalauréat. Le juge a rappelé que, en vertu de l’article D. 334-5 du code de l’éducation, ces notes ne sont pas détachables du résultat final de l’examen et ne constituent donc pas une décision susceptible d’un recours pour excès de pouvoir avant la délibération du jury. Il a également souligné qu’il n’appartient pas au juge administratif de substituer son appréciation à celle du jury sur la valeur d’une copie. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2025, Mme B... C..., agissant en qualité de représentante légale de sa fille A... C... D..., demande au tribunal :

1°) de prononcer l’annulation de la décision par laquelle la rectrice de l’académie de Normandie a implicitement rejeté son recours gracieux contestant la note de 8/20 attribuée à sa fille à l’issue des épreuves anticipées de français du baccalauréat session 2025 ;

2°) d’enjoindre à la rectrice de l’académie de Normandie de réexaminer la copie de l’épreuve écrite de français en lien avec l’inspection pédagogique régionale de lettres ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat les frais de la procédure.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’éducation ;
le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser (…) »

Aux termes de l’article D. 334-5 du code de l’éducation : « Les épreuves terminales portent sur les programmes d’enseignement applicables en classes de première et de terminale. Le ministre chargé de l’éducation nationale fixe la liste des épreuves qui doivent être subies par anticipation. Elles portent sur les programmes des classes de première. Les résultats obtenus à ces épreuves sont pris en compte avec l’ensemble des notes des épreuves de l’examen subi l’année suivante dont elles font partie intégrante. (…) »

Il résulte de ces dispositions que les notes attribuées lors des épreuves anticipées de l’examen du baccalauréat ne sont pas détachables du résultat de l’examen issu de la délibération du jury au vu de l’ensemble des notes des épreuves subies par les candidats. Elles n’ont, par suite, pas le caractère d’une décision susceptible d’être déférée en tant que telle, avant les résultats de l’examen final, au juge de l’excès de pouvoir. Par ailleurs, et en tout état de cause, il n’appartient pas au juge administratif de substituer son appréciation à celle que le jury a souverainement portée sur la valeur de la copie rendue par la jeune A... C... , ni de rectifier la note et/ou l’appréciation littérale ayant sanctionné ses travaux composés d’un développement organisé prenant appui sur la pièce de théâtre d’Alfred de Musset On ne badine pas avec l’amour, sur les textes étudiés dans le cadre du parcours associé et sur sa culture personnelle. Il n’appartient pas, en particulier, au juge de porter une appréciation sur celle que le jury a émise quant à l’usage des termes « affront » et « affrontement » par la jeune candidate invitée à se prononcer sur la question : « Les personnages s’affrontent-ils sérieusement dans On ne badine pas avec l’amour ? » Par suite, la requête par laquelle Mme C... sollicite l’annulation de la note de 8 sur 20 attribuée à sa fille à l’occasion de l’épreuve écrite anticipée de français de l’examen du baccalauréat de juin 2025 et demande la rectification de cette note est manifestement irrecevable au sens des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C....

Copie en sera transmise, pour information, à la rectrice de l’académie de Normandie.


Fait à Rouen, le 3 novembre 2025.


Le président de la 1ère chambre,

signé

P. MINNE




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