jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2100728 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | EYRIGNOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2021, Mme A B, représentée par Me Eyrignoux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juillet 2020 par lequel le président de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir a prononcé sa réintégration aux fonctions de professeur de piano et en charge de l'accompagnement et pratiques collectives au conservatoire de Boissy-Saint-Léger en tant qu'il porte la mention " et en charge de l'accompagnement ", ensemble la décision par laquelle cette autorité a implicitement rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- étant titulaire du grade d'assistante d'enseignement artistique principale de 1ère classe, les fonctions d'accompagnatrice ne peuvent lui être assignées en application articles 2 et 3 du décret n° 2012-437 du 29 mars 2012 ;
- l'arrêté portant la réintégration dont elle a fait l'objet ne doit pas mentionner les fonctions auxquelles elle est affectée en application des articles 67 et 72 de la loi du 26 janvier 1984.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2021, l'établissement public territorial Grand Paris Est Avenir, représenté par son président en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce que le versement de la somme de 2 000 euros soit mis à la charge de Mme B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- l'accompagnement d'élèves lors de concerts ou d'examens fait partie des missions pédagogiques que les fonctionnaires du cadre d'emploi dont relève de la requérante peuvent statutairement exercer ;
- l'indication des fonctions occupées par la requérante sur l'arrêté portant sa réintégration n'affecte pas la légalité de cette décision.
Par ordonnance du 28 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er avril 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2012-437 du 29 mars 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Issard,
- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,
- les observations de Me Eyrignoux, représentant Mme B,
- et les observations de Mme C, dûment mandatée, représentant l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir.
Considérant ce qui suit :
1. Après une mise en disponibilité d'une durée de dix ans, Mme B, titulaire du grade d'assistante territoriale d'enseignement artistique de 1ère classe, a sollicité sa réintégration au sein de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir. Par un arrêté en date du 28 juillet 2020, le président de cette collectivité a prononcé sa réintégration à compter du 1er octobre 2019 aux fonctions d'enseignante de piano et en charge de l'accompagnement et pratiques collectives au conservatoire de Boissy-Saint-Léger. Par un courrier en date du 23 septembre 2020, réceptionné le 25 septembre 2020, Mme B a formé un recours gracieux auprès de cette autorité à l'encontre de cet arrêté, lequel recours a été implicitement rejeté. Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 28 juillet 2020, ensemble la décision implicite de rejet opposée à son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 2 du décret du 29 mars 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des assistants territoriaux d'enseignement artistique : " Le cadre d'emplois des assistants territoriaux d'enseignement artistique comprend les grades suivants : 1°Assistant d'enseignement artistique ; 2° Assistant d'enseignement artistique principal de 2e classe ; 3° Assistant d'enseignement artistique principal de 1re classe. " Aux termes de l'article 3 : " I. ' Les membres du cadre d'emplois des assistants territoriaux d'enseignement artistique exercent leurs fonctions, selon les formations qu'ils ont reçues, dans les spécialités suivantes : / 1° Musique ; () / II. ' Les titulaires du grade d'assistant d'enseignement artistique sont chargés, dans leur spécialité, d'assister les enseignants des disciplines artistiques. Ils peuvent notamment être chargés de l'accompagnement instrumental des classes. / III. ' Les titulaires des grades d'assistant d'enseignement artistique principal de 2e classe et d'assistant d'enseignement artistique principal de 1re classe sont chargés, dans leur spécialité, de tâches d'enseignement dans les conservatoires à rayonnement régional, départemental, communal ou intercommunal classés, les établissements d'enseignement de la musique, de la danse et de l'art dramatique non classés ainsi que dans les écoles d'arts plastiques non habilitées à dispenser un enseignement sanctionné par un diplôme national ou par un diplôme agréé par l'Etat. Ils sont également chargés d'apporter une assistance technique ou pédagogique aux professeurs de musique, de danse, d'arts plastiques ou d'art dramatique. "
3. Mme B, titulaire du grade d'assistante territoriale d'enseignement artistique de 1ère classe, demande l'annulation de l'arrêté du 28 juillet 2020 en tant qu'il lui assigne les fonctions d'accompagnatrice qui ne relèvent pas, selon elle, des fonctions correspondant à son grade.
4. Si les fonctions d'accompagnement instrumental des classes ne sont pas expressément assignées aux assistants territoriaux principaux d'enseignement artistique de deuxième et première classes en vertu du décret statutaire précité, ces derniers peuvent être amenés à exercer de telles missions dans le cadre de l'assistance technique ou pédagogique qu'ils apportent aux professeurs de musique en application du III de l'article 3 dudit décret. Dès lors, en mentionnant que Mme B est chargée, en sus de ses fonctions d'enseignante, des fonctions d'accompagnatrice, l'arrêté attaqué n'a pas méconnu les dispositions précitées du décret du 29 mars 2012.
5. En second lieu, aux termes de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le fonctionnaire mis en disponibilité, soit d'office à l'expiration des congés institués par les 2°, 3° et 4° de l'article 57 de la présente loi, soit de droit, sur demande, pour raisons familiales, est réintégré à l'expiration de sa période de disponibilité dans les conditions prévues aux premier, deuxième et troisième alinéas de l'article 67 de la présente loi. " Aux termes de l'article 67 de la même loi : " A l'expiration d'un détachement de courte durée, le fonctionnaire est obligatoirement réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté dans l'emploi qu'il occupait antérieurement. A l'expiration d'un détachement de longue durée, le fonctionnaire est, sauf intégration dans le cadre d'emplois ou corps de détachement, réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté à la première vacance ou création d'emploi dans un emploi correspondant à son grade relevant de sa collectivité ou de son établissement d'origine. Il est tenu compte, lors de sa réintégration, du grade et de l'échelon qu'il a atteints dans le corps ou cadre d'emplois de détachement sous réserve qu'ils lui soient plus favorables. "
6. Contrairement à ce que soutient Mme B, ces dispositions ne font pas obstacle à ce qu'une administration, édictant un arrêté de réintégration de son agent à l'issue d'une disponibilité, mentionne à cette occasion les fonctions qu'il sera amené à exercer. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
7. Il résulte de tout de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 28 juillet 2020 du président de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir en tant qu'il porte la mention " et en charge de l'accompagnement ", ensemble la décision par laquelle cette autorité a implicitement rejeté son recours gracieux.
Sur les frais de l'instance :
8. L'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir n'étant pas la partie perdante, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme demandée par la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir tendant aux mêmes fins.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Issard, conseillère,
Mme Bourrel Jalon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
C. ISSARD
La présidente,
I. BILLANDON La greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026