LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2111037

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2111037

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2111037
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantDAVID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 novembre 2021, M. A B, représenté par Me David, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 8 novembre 2021 par laquelle le chef d'établissement du centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers a ordonné son placement à l'isolement jusqu'au 4 février 2022 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son avocat, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle méconnaît l'article 726-1 du code de procédure pénale et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il s'est écoulé plusieurs années depuis sa condamnation pénale, que la recommandation de placement à l'isolement émise en 2017 est devenue caduque puisqu'il a été placé en détention ordinaire depuis lors et que les faits qui lui sont reprochés en détention et sur lesquels l'administration s'est fondée ne sont pas, pour certains, suffisants pour justifier une mise à l'isolement, et, pour d'autres, établis.

Par un mémoire en défense, enregistré 19 avril 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 février 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n° 2111022 du 14 décembre 2021 par laquelle le juge des référés a suspendu l'exécution de la décision du 8 novembre 2021.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bourrel Jalon,

- et les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, écroué depuis le 7 décembre 2014, est incarcéré au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers depuis le 15 octobre 2020. Par une décision du 8 novembre 2021, le chef d'établissement l'a placé à l'isolement jusqu'au 4 février 2022. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes, de l'article 18 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'aide juridictionnelle peut être demandée avant ou pendant l'instance. ". Et aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. / () ".

3. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 16 février 2021, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, devenue sans objet.

Sur la légalité de la décision attaquée :

4. Aux termes de l'article 726-1 du code de procédure pénale : " Toute personne détenue, sauf si elle est mineure, peut être placée par l'autorité administrative, pour une durée maximale de trois mois, à l'isolement par mesure de protection ou de sécurité soit à sa demande, soit d'office. () ". L'article R. 57-7-73 du même code dispose que : " Tant pour la décision initiale que pour les décisions ultérieures de prolongation, il est tenu compte de la personnalité de la personne détenue, de sa dangerosité ou de sa vulnérabilité particulière, et de son état de santé. / () ".

5. Pour décider le placement à l'isolement de M. B, le chef d'établissement s'est fondé sur la condamnation du requérant pour des faits de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme, sur la préconisation de placement à l'isolement à la suite de son placement dans un quartier d'évaluation de la radicalisation en 2017 et sur son comportement actuel en détention qui révèlerait un risque de prosélytisme et d'influence sur les autres détenus.

6. Il ressort des pièces du dossier, que M. B a été condamné le 15 mai 2018 par la cour d'appel de Paris au motif notamment qu'il entraînait aux arts martiaux des personnes souhaitant rejoindre les rangs d'une organisation terroriste. Ces faits graves constituent des éléments de personnalité et de dangerosité que l'administration pouvait prendre en compte pour apprécier la nécessité de placer l'intéressé à l'isolement. Par ailleurs, il est constant que la mise à l'isolement de M. B a été recommandée en décembre 2017, pour éviter tout risque de prosélytisme, à la suite de son placement au sein du quartier d'évaluation de la radicalisation du centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis. Toutefois, il est aussi constant que postérieurement à cette préconisation, M. B a été affecté en détention ordinaire. Ce dernier soutient que son comportement y a toujours été calme et l'administration ne verse aucun élément permettant d'établir que ce placement en détention ordinaire aurait donné lieu à des incidents justifiant un nouveau placement à l'isolement. En particulier, le seul fait que le requérant a été observé en train de pratiquer la boxe et d'apprendre des techniques de " self-défense " à un autre détenu ne saurait suffire à regarder sa mise à l'isolement comme l'unique moyen d'assurer la sécurité de l'établissement. Par ailleurs, si l'administration se prévaut du fait qu'un détenu s'est agenouillé dans la cellule de M. B, qu'un autre détenu a emprunté le Coran à la bibliothèque alors que le requérant y était également présent et que M. B a été surpris en train de se rhabiller dans la cellule d'un codétenu, ces seules observations ne permettent pas d'établir le risque de prosélytisme invoqué alors que M. B conteste fermement l'interprétation de ces faits retenue par l'administration, indiquant que son codétenu était agenouillé car il ramassait sa cantine entreposée sur le sol, qu'il ne connaît pas le détenu ayant emprunté le Coran à la bibliothèque et ne lui a pas remis ce livre. Enfin, alors que M. B conteste être surnommé " le nouvel émir du CD " et entretenir des relations avec des détenus condamnés pour terrorisme, l'administration ne produit aucun élément établissant la réalité de ces faits qui ne ressort pas non plus des comptes-rendus d'observations quotidiennes versés au dossier. Ainsi, et alors même que les faits pour lesquels M. B a été condamné sont d'une particulière gravité, il n'est pas établi par ces seuls éléments que le comportement du requérant envers ses codétenus, à la date de la décision attaquée, était susceptible de porter atteinte à la sécurité de l'établissement et des personnes. Dans ces circonstances, M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la décision en litige doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.

Sur les frais liés à l'instance :

8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. () / Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat. () ".

9. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 février 2021. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me David renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat (garde des sceaux, ministre de la justice) la somme de 1 200 euros au titre des dispositions précitées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

[0]Article 2 : La décision du chef d'établissement du centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers en date du 8 novembre 2021 ordonnant le placement à l'isolement de M. B jusqu'au 4 février 2022, est annulée.

Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat (garde des sceaux, ministre de la justice) le versement à Me David de la somme de 1 200 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour cet avocat de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au garde des sceaux, ministre de la justice et à Me David.

Copie en sera adressée au chef d'établissement du centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

Mme Issard, conseillère,

Mme Bourrel Jalon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 octobre 2024.

La rapporteure,

A. BOURREL JALON

La présidente,

I. BILLANDON La greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions