Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2111875

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2111875
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDBCJ AVOCATS - CABINET DE MELUN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B, qui contestait une exclusion temporaire de fonctions de trois jours prise par le maire de Villiers-sur-Marne. La requête initiale, qui se bornait à solliciter la "bienveillance" du tribunal sans exposer de moyens ni de conclusions précises, n'a pas été régularisée dans le délai de recours contentieux de deux mois, conformément aux articles R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative. Le mémoire complémentaire déposé après l'expiration de ce délai n'a pu régulariser la requête. L'ordonnance a été rendue sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 décembre 2021, M. A B sollicite la bienveillance du tribunal au sujet de sa situation administrative.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 février et 11 avril 2022, la commune de Villiers-sur-Marne, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.

Par un mémoire, enregistré le 29 septembre 2022, M. B, représenté par Me Junguenet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté par lequel le maire de la commune de Villiers-sur-Marne a prononcé à son encontre une exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois jours ;

2°) d'enjoindre au maire de Villiers-sur-Marne de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Villiers-sur-Marne le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ". Et aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / (). ".

2. Par sa requête introductive d'instance, M. B se borne à solliciter la bienveillance du tribunal au sujet de sa situation administrative, sans demander précisément l'annulation d'une quelconque décision ni à plus forte raison invoquer un ou des moyens identifiables. Cette requête, ainsi dénuée de moyens et de conclusions au sens de l'article R. 411-1 du code justice administrative, n'a pas été régularisée dans le délai de recours contentieux visé à l'article R. 421-1 du même code, lequel délai, dans les circonstances de l'espèce, a commencé de courir à compter de la date d'enregistrement de la requête au greffe du tribunal. Il s'ensuit que la requête de M. B est manifestement irrecevable, sans que le mémoire en réplique présenté le 29 septembre 2022 après l'expiration du délai de recours contentieux, ait pu la régulariser. Elle peut être, dès lors, rejetée comme telle sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Villiers-sur-Marne.

Fait à Melun, le 23 octobre 2024.

La présidente de la 5ème chambre,

I. BILLANDON

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,