Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2204952
jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2204952 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2203397 du 16 mai 2022, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal le dossier de la requête de M. B A.
Par cette requête, enregistrée le 16 mai 2022, et un mémoire enregistré le 15 février 2023, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 février 2022 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a rejeté sa demande d'obtention de factures personnalisées pour ses achats extérieurs ;
2°) d'enjoindre au directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris de lui transmettre systématiquement une facture dès réception de ses achats extérieurs avec une annotation pour les marchandises hors stock.
Il soutient que :
- il lui est nécessaire de disposer de factures personnalisées pour ses achats extérieurs en cas de perte ou de vol, dès lors qu'il a déjà subi un vol à la prison de Fresnes et qu'une facture lui avait été réclamée pour obtenir un remboursement ;
- il serait possible à l'administration pénitentiaire de fournir un bon de livraison ou une facture personnalisée dès lors que les achats en cantine ordinaire entraînent remise d'un bon de livraison ;
- les documents qui lui sont remis par l'établissement pénitentiaire sont peu ou pas assez précis pour justifier de ses achats extérieurs.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il est matériellement impossible de fournir des factures personnalisées aux personnes détenues dès lors que les achats extérieurs sont groupés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourrel Jalon,
- et les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est incarcéré à la maison centrale de Poissy. Par un courrier reçu le12 novembre 2021 par la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris, il a demandé à ce que des factures personnalisées soient éditées pour ses achats extérieurs. Par une décision du 22 février 2022, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a rejeté sa demande. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article R. 57-6-18 du code de procédure pénale : " Le règlement intérieur type pour le fonctionnement de chacune des catégories d'établissements pénitentiaires, comprenant des dispositions communes et des dispositions spécifiques à chaque catégorie, est annexé au présent titre. ". Aux termes de l'article 25 de cette annexe : " Les personnes détenues ont la possibilité d'acquérir par l'intermédiaire de la cantine divers objets, denrées ou prestations de service en supplément de ceux qui leur sont fournis gratuitement. Cette faculté s'exerce sous le contrôle du chef d'établissement. Elle peut être limitée en cas d'abus. () A titre exceptionnel, sur autorisation du chef d'établissement et selon les modalités qu'il définit, la personne détenue peut faire l'acquisition d'objets ne figurant pas sur la liste des objets fournis en cantine. "
3. Si M. A soutient qu'il lui est nécessaire de disposer de factures personnalisées pour ses achats extérieurs en cas de perte ou de vol, qu'il serait possible à l'administration pénitentiaire de fournir de telles factures pour les achats extérieurs puisque c'est déjà le cas pour les achats en cantine ordinaire et que les documents remis par cette administration sont peu ou pas assez précis, il n'existe aucune obligation législative ou règlementaire imposant à l'administration pénitentiaire de fournir des factures personnalisées aux personnes détenues pour leurs achats extérieurs. Par suite, c'est sans entacher sa décision d'illégalité que le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a pu refuser d'éditer de telles factures.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision du 22 février 2022 du directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris, ne peuvent qu'être rejetées. Il convient également de rejeter, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Issard, conseillère,
Mme Bourrel Jalon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
A. BOURREL JALON
La présidente,
I. BILLANDONLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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