lundi 28 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205591 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 juin 2022 et 4 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Beguin, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du maire de Créteil du 8 mars 2022, portant acte d'engagement en qualité d'adjointe d'animation non titulaire, en tant qu'elle prévoit en son article premier une durée déterminée de trois ans et non une durée indéterminée ;
2°) d'enjoindre à la commune de Créteil de modifier l'article premier du contrat d'engagement afin de prévoir une durée indéterminée ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Créteil la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que la décision attaquée :
- méconnaît les dispositions des articles L. 332-8 et L. 332-9 du code général de la fonction publique dès lors qu'elle occupait un poste permanent depuis plus de six ans et que la reconduction de son contrat n'était possible que pour une durée indéterminée ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 332-10 du code général de la fonction publique dès lors qu'elle cumulait plus de six années de services au sein de la collectivité et devait donc être recrutée pour une durée indéterminée.
-
Par un mémoire en défense enregistré le 26 juin 2023, la commune de Créteil, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Un mémoire a été enregistré pour la commune de Créteil le 30 août 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Massengo, rapporteure,
- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,
- et les observations de Me Karimzadeh, substituant Me Beguin, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par la commune de Créteil pour une durée d'un an à compter du 30 novembre 2010, en qualité de surveillante de cantine scolaire. Son engagement a été renouvelé chaque année, pour la même durée, jusqu'au 1er avril 2022, date d'entrée en vigueur du contrat d'engagement en litige. Parallèlement, elle a également été recrutée par la commune de Créteil en qualité d'animatrice en centre de loisirs sans hébergement, par un engagement d'un an, à compter du 16 octobre 2014, annuellement renouvelé jusqu'au 1er avril 2022. A la suite de la création de cinq emplois permanents d'adjoint d'animation à temps complet au sein du service enfance-loisirs de la commune, Mme B a été recrutée par un contrat d'engagement, en date du 8 mars 2022, pour une durée de trois ans, pour exercer à compter du 1er avril 2022 les fonctions d'animatrice non titulaire à temps complet en accueil de loisirs, en accueil périscolaire et sur le temps de pause méridienne en école maternelle ou élémentaire. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de ce contrat d'engagement en tant qu'il ne prévoit pas une durée indéterminée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 332-10 du code général de la fonction publique, reprenant les anciennes dispositions de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Tout contrat établi ou renouvelé pour pourvoir un emploi permanent en application de l'article L. 332-8 avec un agent contractuel territorial qui justifie d'une durée de services publics de six ans au moins
1.
sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu pour une durée indéterminée. / Pour justifier de la durée de six ans prévue à l'alinéa précédent, l'agent contractuel concerné doit avoir accompli des services auprès de la même collectivité ou du même établissement dans des emplois occupés en application de la présente sous-section ou de l'article L. 332-23. / A ce titre, sont pris en compte : () / 2° Les services accomplis à temps non complet et à temps partiel qui sont assimilés à des services accomplis à temps complet ; / 3° Les services accomplis de manière discontinue, sous réserve que la durée des interruptions entre deux contrats n'excède pas quatre mois. Pour le calcul de la durée d'interruption entre deux contrats, la période de l'état d'urgence sanitaire déclaré sur le fondement des dispositions du code de la santé publique n'est pas prise en compte ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été recrutée à compter du 30 novembre 2010, en contrat à durée déterminée d'un an, sur un emploi non permanent de surveillante de cantine scolaire à temps non complet sur le fondement de l'ancien article 3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale relatif au recrutement d'agents contractuels sur des emplois non permanents, pour occuper les fonctions de surveillante de cantine scolaire. Cet engagement a été renouvelé successivement pour chaque année scolaire, sans interruption supérieure à deux mois, jusqu'au 1er avril 2022. De plus, l'intéressée a également été recrutée en contrat à durée déterminée par la même collectivité, à compter du 16 octobre 2014 et sur le même fondement légal, pour occuper les fonctions d'animatrice en accueil de loisirs sans hébergement, durant les journées du mercredi en période scolaire, et les vacances scolaires. Cet engagement a été renouvelé successivement jusqu'au 1er avril 2022, sans interruption supérieure à deux mois. A compter de cette date, l'intéressée a été recrutée, par la décision en litige du 8 mars 2022, pour occuper un emploi permanent d'animatrice à temps complet en accueil de loisir, en accueil périscolaire et lors des pauses méridiennes en école maternelle ou élémentaire, créé par la délibération du conseil municipal en date du 15 février 2022. Compte tenu de ces éléments, et dès lors que, contrairement à ce que fait valoir la commune de Créteil, l'entrée en vigueur le 1er mars 2022 des dispositions précitées du code général de la fonction publique, reprenant les dispositions de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984, n'interdisait pas, pour leur application, la prise en compte des années de service effectués par l'agente avant cette date, Mme B cumulait à la date de ce nouvel engagement près de douze années de services accomplis au sein de la commune de Créteil sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique, le caractère permanent ou non permanent des emplois occupés depuis 2010 et 2014 étant sans incidence. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que la commune de Créteil était tenue, pour la recruter sur l'emploi permanent d'adjointe d'animation à temps complet, de conclure un contrat à durée indéterminée.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, que le contrat d'engagement du 8 mars 2022 doit être annulé en tant qu'il prévoit une durée d'exécution de trois ans et non une durée indéterminée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement implique nécessairement que la commune de Créteil modifie la durée du contrat d'engagement du 8 mars 2022, afin de prévoir une durée indéterminée. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Créteil d'y procéder, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
1.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Créteil une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le contrat d'engagement de Mme B sur un emploi permanent d'animatrice à temps complet, en date du 8 mars 2022, est annulé en tant qu'il prévoit une durée d'exécution de trois ans et non une durée indéterminée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de la commune de Créteil de modifier l'article premier du contrat d'engagement du 8 mars 2022, afin de prévoir une durée d'exécution indéterminée.
Article 3 : La commune de Créteil versera à Mme B une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Créteil.
Délibéré après l'audience du 3 avril 2025, à laquelle siégeaient : Mme Billandon, présidente,
Mme Jean, première conseillère, Mme Massengo, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 28 avril 2025.
La rapporteure,La présidente,
C. MASSENGO
La greffière,
V. TAROT
I. BILLANDON
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026