vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205973 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HAKIKI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 juin 2022 et le 30 septembre 2022, la société Byblos Human Security Ile-de-France, représentée par Me Hakiki, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion sur le recours hiérarchique qu'elle a formé le 14 décembre 2021 contre la décision du 22 octobre 2021 par laquelle l'inspectrice du travail a refusé d'autoriser le licenciement de M. B ;
2°) d'enjoindre à la ministre d'autoriser le licenciement de M. B à compter de la notification du jugement à venir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens et la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige méconnait les dispositions des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la ministre s'est fondée sur des faits matériellement inexacts ;
- c'est à tort que la ministre a considéré que les faits reprochés au salarié n'étaient pas fautifs ;
- c'est à tort que la ministre a considéré que le 3ème grief reproché au salarié était prescrit ;
- c'est à tort que la ministre a considéré que les faits reprochés au salarié n'étaient pas d'une gravité suffisante pour justifier un licenciement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, la ministre du travail, de la santé et des solidarités conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2022, M. A B, représenté par Me Bousquet, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante à l'encontre de la décision de la ministre ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Héloïse Mathon, conseillère,
- les conclusions de Mme Félicie Bouchet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Herry, substituant Me Bousquet, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 19 août 2021, la société Byblos Human Security Ile-de-France a sollicité de l'administration l'autorisation de licencier pour motif personnel M. A B, salarié protégé. Par une décision du 22 octobre 2021, l'inspectrice du travail a rejeté cette demande. Ladite société a formé le 14 décembre 2021 un recours hiérarchique contre la décision de l'inspectrice du travail. Du silence gardé par la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion pendant plus de quatre mois sur cette demande est née, en application de l'article R. 2422-1 du code du travail, une décision implicite de rejet. La société Byblos Human Security Ile-de-France doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de la ministre du travail ainsi que la décision du 22 octobre 2021 de l'inspectrice du travail.
Sur la légalité externe de la décision de la ministre :
2. Lorsque le ministre rejette le recours hiérarchique qui lui est présenté contre la décision de l'inspecteur du travail statuant sur la demande d'autorisation de licenciement formée par l'employeur, sa décision ne se substitue pas à celle de l'inspecteur. Par suite, s'il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre ces deux décisions, d'annuler, le cas échéant, celle du ministre par voie de conséquence de l'annulation de celle de l'inspecteur, des moyens critiquant les vices propres dont serait entachée la décision du ministre ne peuvent être utilement invoqués, au soutien des conclusions dirigées contre cette décision. Par suite, la société requérante ne peut utilement soutenir que la décision de la ministre méconnaît les dispositions des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.
Sur la légalité interne de la décision de la ministre :
3. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque leur licenciement est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec leur appartenance syndicale. Un agissement du salarié intervenu en dehors de l'exécution de son contrat de travail ne peut motiver un licenciement pour faute, sauf s'il traduit la méconnaissance par l'intéressé d'une obligation découlant de ce contrat. Au nombre de ces obligations se trouve celle de ne pas porter atteinte, dans l'enceinte de l'entreprise, à la santé et à la sécurité des autres membres du personnel.
S'agissant du premier grief :
4. En premier lieu, la société requérante soutient que l'inspectrice du travail s'est fondée sur des faits matériellement inexacts en retenant l'existence d'un litige entre l'employeur et M. B sur la rédaction des procès-verbaux du comité social et économique. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B s'est plusieurs fois exprimé, dans le cadre de son mandat syndical, en ce sens que la rédaction de ces procès-verbaux n'était pas impartiale. La circonstance que M. B soit le seul représentant du personnel à avoir évoqué une telle difficulté ne fait pas obstacle à ce que soit établie la réalité d'un litige sur ce point. Par suite, l'inspectrice du travail n'a pas commis d'erreur dans la matérialité des faits en relevant l'existence de ce litige.
5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a envoyé deux courriels aux autres membres du comité social et économique et à l'inspecteur du travail, le 12 mai 2021 et le 20 mai 2021, dans lesquels il a reproché à la direction de rédiger les procès-verbaux à la place du secrétaire du comité social et économique. Toutefois, les agissements en cause, qui ont été tenus dans l'exercice d'un mandat, ne traduisent pas la méconnaissance d'une obligation découlant du contrat du salarié. Dans ces conditions, en relevant que les faits reprochés à l'intéressé ne pouvaient être qualifiés de faute parce qu'ils s'étaient produits à l'occasion de l'exercice de son mandat, l'inspectrice du travail n'a pas commis d'erreur de droit, ni donné une qualification inexacte à ces faits.
S'agissant du deuxième grief :
6. Il ressort des pièces du dossier que, lors de la séance du 20 mai 2021, M. B a qualifié d'" incapables " les autres membres du comité social et économique. Toutefois, les agissements en cause, qui ont été tenus dans l'exercice d'un mandat, ne traduisent pas la méconnaissance d'une obligation découlant du contrat du salarié. En outre, la circonstance que le salarié ait mis en cause la compétence des autres membres du comité social et économique ou leur capacité à exercer correctement leur mandat, en utilisant notamment, comme il vient d'être dit, le terme d'" incapable ", ne saurait davantage être regardé comme une méconnaissance par le salarié de son obligation de ne pas porter atteinte, dans l'enceinte de l'entreprise, à la santé et à la sécurité des autres membres du personnel. Dans ces conditions, l'inspectrice du travail n'a pas commis d'erreur de droit, ni donné une qualification inexacte aux faits reprochés.
S'agissant du troisième grief :
7. En premier lieu, il est constant que M. B a envoyé un courriel le 12 mai 2021 aux autres membres du comité social et économique et à l'inspecteur du travail, dans lequel il a remis en cause le rôle du secrétaire du comité social et économique et a proposé d'élire un nouveau secrétaire. Toutefois, les agissements en cause, qui ont été tenus dans l'exercice d'un mandat, ne traduisent pas la méconnaissance d'une obligation découlant du contrat du salarié. Dans ces conditions, en relevant que les faits reprochés à l'intéressé ne pouvaient être qualifiés de faute parce qu'ils s'étaient produits à l'occasion de l'exercice de son mandat, l'inspectrice du travail n'a pas commis d'erreur de droit, ni donné une qualification inexacte à ces faits.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 1332-4 du code du travail : " Aucun fait fautif ne peut donner lieu à lui seul à l'engagement de poursuites disciplinaires au-delà d'un délai de deux mois à compter du jour où l'employeur en a eu connaissance, à moins que ce fait ait donné lieu dans le même délai à l'exercice de poursuites pénales ". Il résulte de ces dispositions qu'aucun fait fautif ne peut donner lieu à lui seul à l'engagement de poursuites disciplinaires au-delà d'un délai de deux mois à compter du jour où l'employeur en a eu connaissance.
9. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, la société requérante a eu connaissance des faits reprochés à M. B par le courriel qu'il a envoyé le 12 mai 2021 et d'autre part, que ce grief n'a été abordé que lors du second entretien préalable en vue d'un licenciement qui s'est déroulé le 30 juillet 2021. Par suite, le délai de prescription, prévu par les dispositions précitées, était expiré et la convocation du 21 juillet 2021 à cet entretien préalable n'a pas pu interrompre ce délai, qui était déjà expiré. Dans ces conditions, l'inspectrice n'a pas inexactement apprécié les faits reprochés en considérant qu'ils étaient prescrits.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Byblos Human Security Ile-de-France doivent être rejetées, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à ce qu'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les dépens soient mis à la charge de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Byblos Human Security Ile-de-France est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Byblos Human Security Ile-de-France, à la ministre du travail et de l'emploi et à M. A B.
Copie pour information en sera transmise au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Marine Robin, conseillère,
Mme Héloïse Mathon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
H. Mathon
Le président,
T. Gallaud
La greffière,
G. Aumond
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026