Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2206066
vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206066 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 juin et 18 juillet 2022, M. A B doit être regardé comme :
1°) demandant au tribunal d'annuler la décision du 1er avril 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne a refusé de faire droit à sa demande présentée le 16 février 2022 tendant à ce qu'une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant total de 6 976, 56 euros lui soit accordée ;
2°) formant opposition à la contrainte émise le 3 juin 2022 par la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne portant sur un montant total de 6 976, 56 euros correspondant à deux indus de prime d'activité.
Il doit être regardé comme soutenant, d'une part, que sa bonne foi ne saurait être remise en cause, dès lors qu'il ignorait devoir déclarer le montant de la pension d'invalidité qu'il percevait et, d'autre part, que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme mise à sa charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Par un courrier du 4 décembre 2024, pris en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 1er avril 2022 portant refus de remise gracieuse de deux indus de prime d'activité, laquelle constitue, en l'absence de changement de circonstances, une décision confirmative des décisions des 7 octobre 2020 et 14 janvier 2021 confirmées par un jugement devenu irrévocable n° 2009536 du 12 janvier 2022 du tribunal administratif de Melun.
Vu :
- le jugement n° 2009536 du 12 janvier 2022 du tribunal administratif de Melun
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme Lina Bousnane, rapporteure, a présenté son rapport au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 10 décembre 2024 à 10 heures 30.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est allocataire de la prime d'activité. A la suite d'une demande d'informations complémentaires diligentée par les services de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne, il s'est vu notifier, le 12 juin 2020, deux décisions correspondant, d'une part, à un indu d'un montant de 1 321, 34 euros pour la période du 1er novembre 2018 au 30 avril 2019 et, d'autre part, un indu d'un montant de 5 655, 24 euros pour la période du 1er février 2019 au 30 avril 2019, au motif qu'il n'avait pas déclaré l'intégralité de ses ressources, et en particulier sa pension d'invalidité. M. B a présenté des demandes de remise gracieuse de ces dettes, lesquelles ont été rejetées par des décisions des 7 octobre 2020 et 14 janvier 2020 confirmées par un jugement n° 2009536 du 12 janvier 2021 du tribunal administratif de Melun. M. B a été mis en demeure de payer ces indus le 17 janvier 2022. Il a, en outre, présenté une nouvelle demande de remise le 16 février 2022. Par sa requête, il doit être regardé comme formant opposition à la contrainte émise le 3 juin 2022 par la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne portant sur un montant total de 6 976, 56 euros correspondant à ces deux indus de prime d'activité.
En ce qui concerne la demande d'annulation de la décision du 1er avril 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne a refusé de faire droit à la demande présentée par M. B le 16 février 2022 tendant à ce qu'une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant total de 6 976, 56 euros lui soit accordée :
2. En premier lieu, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 1er avril 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne a refusé de faire droit à sa demande, présentée le 16 février 2022, tendant à ce qu'une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant total de 6 976, 56 euros lui soit accordée. Toutefois, il résulte de l'instruction que, par cette décision, la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne ne fait que confirmer les décisions des 7 octobre 2020 et 14 janvier 2021 portant rejet de demandes de remise gracieuse des indus litigieux, lesquelles ont été confirmées par un jugement devenu irrévocable n° 2009536 du 12 janvier 2022 du tribunal administratif de Melun. Dans ces conditions, la décision contestée du 1er avril 2022 présente le caractère d'une décision confirmative de sorte que, les conclusions présentées par M. B à son encontre sont, en l'absence de toutes circonstances nouvelle de droit ou de fait, irrecevables et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
En ce qui concerne l'opposition à la contrainte émise le 3 juin 2022 par la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne :
4. En second lieu, M. B doit être regardé comme formant opposition à la contrainte émise le 3 juin 2022 par la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne portant sur un montant total de 6 976, 56 euros correspondant à deux indus de prime d'activité.
5. D'une part, aux termes de l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non-salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat. ". L'article L. 842-1 du même code dispose que " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. ". Enfin, aux termes de l'article L. 843-3 de ce code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; /2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 842-4 du code de la sécurité sociale : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; () 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels () 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu. ".
7. En se bornant à soutenir, d'une part, que sa bonne foi ne saurait être remise en cause, dès lors qu'il ignorait devoir déclarer le montant de la pension d'invalidité qu'il percevait et, d'autre part, que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme mise à sa charge, M. B ne conteste utilement ni la régularité ni, à le supposer recevable à soulever de tels moyens, le bien-fondé de la contrainte émise à son encontre. Sa demande ne peut, dès lors, qu'être rejetée.
8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 10 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Xavier Pottier, président,
Mme C,
Mme Lina Bousnane, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2024.
La rapporteure,
L. Bousnane
Le président,
X. PottierLa greffière,
C. Leroy
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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