Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2208423
mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2208423 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 août 2022 et 25 septembre 2023, l'association " Comité d'intérêt du quartier (CIQ) Les Blondeaux ", M. E G et Mme K G, M. D F et Mme C F, représentés par Me E, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2022 par lequel le maire de l'Haÿ-les-Roses ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par Mme J I en vue de la réalisation de travaux sur une construction existante sur la parcelle cadastrée AJ 158, située 26, rue Charles Gide à l'Haÿ-les-Roses, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de l'Haÿ-les-Roses une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ; la construction projetée affectera les conditions d'accès à leurs propriétés ;
- le permis attaqué a été délivré sur la base d'un dossier de demande incomplet, dès lors que ce dernier ne comprend ni un plan de masse côté en trois dimensions, ni des documents permettant d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes, ni le dimensionnement des espaces verts, ni de description relative aux accès ;
- le projet méconnaît l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public ainsi que l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 12 du règlement du PLU relatives aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'aires de stationnement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 13 du règlement du PLU relatives aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'espaces libres, d'aires de jeux et de loisirs et de plantations ;
- il méconnaît le principe d'égalité dès lors que Mme I n'a pas eu à grever une portion de son terrain pour être autorisée à créer un accès à sa propriété par la voie des Cochettes.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 octobre 2022, Mme J I conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2023, la commune de l'Haÿ-les-Roses, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions formées par l'association " CIQ Les Blondeaux " sont irrecevables, faute pour cette dernière de justifier que son président a été régulièrement habilité pour ester en justice ; en outre les statuts n'ont pas été déposés en préfecture au moins un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ;
- les conclusions présentées par M. et Mme G et M. et Mme F sont irrecevables, ces derniers ne justifiant pas d'un intérêt à agir faute de démontrer que le projet affectera les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Prissette,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de Me Gerard, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 mars 2022, le maire de l'Haÿ-les-Roses a délivré à Mme I un arrêté de non-opposition à sa déclaration préalable de travaux sur la construction existante située 26, rue Charles Gide à l'Haÿ-les-Roses portant sur la création de deux places de parking extérieures, le remplacement du grillage et de la clôture sur rue, la création d'une cuisine à la place du garage existant, la fermeture de l'accès à leur propriété via la rue Charles Gide et la création d'un nouvel accès sur la voie des Cochettes. Le 1er juin 2022, M. et Mme G, M. et Mme F et l'association " CIQ Les Blondeaux " ont respectivement déposé des recours gracieux contre cette décision. Par un courrier du 1er juillet 2022, notifié aux requérants le 5 juillet suivant, la commune de l'Haÿ-les-Roses a refusé de faire droit à leurs recours. Les requérants demandent au tribunal l'annulation de l'arrêté portant non-opposition à déclaration préalable du 16 mars 2022, ensemble la décision de rejet de leurs recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré des insuffisances entachant le dossier de déclaration préalable :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : () / ; b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante / () ; ".
3. La circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité l'autorisation d'urbanisme qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Si les requérants soutiennent que le dossier de déclaration préalable est incomplet, faute de contenir un plan de masse coté dans les trois dimensions, il ne ressort pas des pièces du dossier que les travaux projetés, qui augmentent la surface de plancher existante de 20 m2, modifieraient l'emprise au sol de la construction et donc son volume. En tout état de cause, si le plan de masse figurant au dossier ne reporte pas les cotes relatives aux hauteurs de la construction, les requérants n'établissent ni même n'allèguent que cette insuffisance aurait pu être de nature à fausser l'appréciation portée par la commune aux règles d'urbanisme, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet aurait pour effet de modifier la hauteur de la construction existante.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " () / H la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
6. En l'espèce, si Mme I a déclaré dans le formulaire Cerfa de déclaration préalable que son projet était situé dans les abords d'un monument historique, il ressort des pièces du dossier que la déclarante a joint à son dossier de demande des plans de façade, côté rue et côté jardin, représentant la construction existante et la construction projetée. En outre, le dossier comprend des photographies sur l'insertion du projet par rapport aux constructions ainsi que des photographies modifiées, faisant apparaître par montage les modifications projetées, à savoir le changement du grillage et de la clôture sur rue et le remplacement de la porte du garage existant par une fenêtre. A ces conditions, les requérants ne soutenant au demeurant pas que l'appréciation de la conformité à certaines règles aurait été faussée par les insuffisances alléguées, le dossier de demande comprenait les documents exigés par le c) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme.
7. En troisième lieu, les requérants soutiennent que les dimensions des espaces verts n'ont pas été reportées sur le plan de masse, et que cette insuffisance a été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet aux règles de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme. Toutefois, aucune disposition du code de l'urbanisme n'imposait le report des dimensions des espaces verts. En tout état de cause, le plan de masse précise l'échelle applicable, ce qui a permis aux services instructeurs de les mesurer. Les requérants ne sont donc, dès lors, pas fondés à soutenir que le dossier de déclaration préalable serait entaché d'insuffisance à cet égard.
8. En quatrième et dernier lieu, si les requérants soutiennent que les documents fournis à l'appui du dossier de déclarations préalables seraient insuffisants pour apprécier la conformité du projet aux règles relatives aux accès, le dossier de demande précise toutefois que seront créées deux places de parking avec modification de l'entrée voiture via la rue des Cochettes au lieu de la rue Charles Gide, et que cette entrée voiture sera concrétisée par la pose d'un portail électronique en aluminium gris anthracite. En outre, ces éléments figurent sur les plans de façade, qui représentent ledit portail et ses dimensions. Ensuite, la notice descriptive des travaux prévoit que l'espace de stationnement sera créé par l'installation d'une dalle, dont la dimension est précisée et l'implantation représentée sur le plan de masse. A ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les documents joints au dossier de déclaration préalable n'auraient pas permis aux services instructeurs de localiser les places de stationnement et le nouvel accès créés.
9. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de déclaration préalable doit être écarté en toutes ses branches.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme :
10. Aux termes de l'article UD 3-1 du règlement du plan local d'urbanisme de la comme de l'Haÿ-les-Roses : " La constructibilité du terrain n'est applicable que par rapport aux voies publiques ou privées d'une largeur d'au moins 3,5 m. A le cas contraire, seule l'amélioration de l'habitat pourra être autorisée. /[]Tout terrain doit être desservi par une voie publique ou privée en bon état de viabilité et présentant des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile./ En conséquence, toute construction ou autre mode d'occupation du sol peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par une voie publique ou privée permettant la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. /Elle peut également être refusée si les accès sont insuffisamment dimensionnés compte tenu du nombre de logements ou du nombre de m² de surface de plancher projetés ou si les accès présentent un risque pour la sécurité des personnes. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la disposition des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. ". Aux termes de l'article UD 3-2 de ce règlement : " Toute opération doit prendre le minimum d'accès sur les voies publiques. Les accès doivent être adaptés à l'opération et aménagés de façon à ne pas apporter la moindre gêne à la circulation publique. A tous les cas, la largeur de la voie d'accès ne pourra être inférieure à 2,50m (espace libre de tout obstacle). Un seul accès véhicule par terrain est autorisé. Toutefois, un deuxième accès pourra être autorisé pour les terrains dont la façade est supérieure ou égale à 30 mètres. A l'angle de deux voies, cette règle s'applique à condition que la largeur cumulée du terrain soit supérieure ou égale à 30 mètres et que chacune des largeurs soit supérieure ou égale à 15 mètres. La largeur maximale de l'accès est de 4 m. H le terrain est riverain de deux ou plusieurs voies publiques, l'accès sur celle de ces voies qui présenterait une gêne ou un risque pour la circulation peut être interdit. ".
11. Les requérants soutiennent que la voie des Cochettes, qui mesure moins de quatre mètres de largeur et ne dispose d'aucun trottoir, ne présente pas les caractéristiques adaptées pour permettre l'ouverture d'un accès à l'endroit du terrain de Mme I. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la voie des Cochettes sur laquelle le nouvel accès de la construction existante est projeté mesure 3,5 mètres de large, conformément à ce qui est exigé par les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme, au demeurant pour les nouveaux projets seulement. Si les requérants soutiennent que la circulation des véhicules est déjà trop importante pour garantir la sécurité des piétons en l'absence d'indications contraires, la référence faite par le plan local d'urbanisme à la largeur de la voie doit, en principe, s'entendre comme comprenant la partie de la chaussée ouverte à la circulation des véhicules mais aussi la partie de l'emprise réservée au passage des piétons. En outre, les requérants, qui se bornent à produire une vue satellite et une photographie de la voie des Cochettes, ne démontrent pas que le projet serait de nature à générer une augmentation significative du trafic, alors qu'il ressort de leurs propres écritures que la voie en question dessert déjà seize propriétés. Il n'est, dans ces conditions, pas établi que le nouvel accès présenterait un risque pour la sécurité, la déclarante justifiant au demeurant de son côté ce changement d'accès par le fait que des rétrécissements de chaussée ont été effectués au niveau de l'ancien accès rue Charles Gide, situés partiellement sur l'entrée de sa propriété, rendant plus compliqué l'accès des véhicules par cette voie. Enfin, la circonstance, au demeurant postérieure à la décision attaquée, que la commune ait fait installer à l'entrée de la voie un panneau " sens interdit sauf riverains ", afin de limiter la circulation sur cette voie, n'est pas de nature à elle seule à établir que l'accès créé par le projet au profit de Mme I serait de nature à engendrer un risque supplémentaire pour la sécurité. Il suit de là que, alors même que le service d'incendie et de secours n'a pas été consulté, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme :
12. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Le moyen selon lequel le maire aurait entaché son arrêté d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions doit également être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme :
13. Aux termes de l'article UD 12-1 du règlement du plan local d'urbanisme de l'Haÿ-les-Roses : " Le nombre de places de stationnement est calculé en fonction de la surface de plancher selon le ratio suivant : 1 place par tranche de 100 m2 jusqu'à 200 m2, puis 1 place par tranche de 50 m2 au-delà de 200 m2 () A le cas d'un aménagement se traduisant par une extension (sans création de nouveaux logements) ne dépassant pas 40 m² de surface de plancher, il n'est pas imposé de réaliser de nouvelles places de stationnement supplémentaires à condition de ne pas supprimer et qu'il existe déjà une place de stationnement. A le cas contraire, les règles générales ci-dessus s'appliquent. / () ". L'article UD 12-8 de ce même règlement relatif aux caractéristiques des places de stationnement des voitures prévoit qu'en cas de stationnement à l'air libre, les places doivent avoir une largeur minimale de 2, 30 mètres et une longueur minimale de 5 mètres. Il prévoit également que : " Les espaces à réserver doivent être suffisants pour assurer l'évolution et le stationnement des véhicules. La distribution des places de stationnement, le tracé en plan et en profil en long de leur accès, devront être étudiés de façon à éviter des manœuvres excessives, difficiles rendant l'usage de ces places illusoire voire impossible. ".
14. Il ressort des pièces du dossier que le projet, portant la surface de plancher de la construction existante à 117, 97 m2, prévoit la création de deux places de stationnement, conformément aux exigences prévues par l'article UD 12-1 du règlement précité. En outre, il ressort tant du plan de masse que de la notice descriptive des travaux que ces places de stationnement seront situées sur une dalle de 4 mètres de large et de 10, 5 mètres de long. Aucune des dispositions citées ci-dessus du règlement du plan local d'urbanisme n'interdit que certaines places de stationnement soient en enfilade de places directement accessibles, dès lors que chacune d'elles, affectée au même logement que celle qui en commande l'accès, est effectivement utilisable. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une telle configuration supposerait la réalisation de manœuvres excessives, dans la mesure où les places en enfilade seront affectées au même logement et réservées à l'usage des époux I. A ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision de non-opposition à déclaration préalable attaquée méconnaîtrait les dispositions de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme :
15. Aux termes de l'article UD 13-1 du règlement du plan local d'urbanisme de l'Haÿ-les-Roses : " Les projets de constructions devront être étudiés dans le sens d'une conservation maximale des plantations existantes. Les espaces verts devront occuper au minimum 40 % de la superficie du terrain. La moitié de ces espaces verts devra être traitée en pleine terre. ". Selon le lexique du plan local d'urbanisme, sont considérés comme des espaces verts " les surfaces paysagées, perméables, et les terrains non bâtis. A le cas d'infrastructures, l'épaisseur de terre végétale ne devra pas être inférieure à 50 cm ". Le lexique précise également que " sont considérées comme espaces verts de pleine terre, les surfaces libres de tout revêtement et imperméables ou infrastructure et pouvant accueillir des plantations de tout type ".
16. D'une part, si la commune fait valoir que l'article UD 13-1 du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas applicable aux travaux portant sur une construction existante, il ne ressort pas des termes de ce règlement que le champ d'application de cet article serait circonscrit aux constructions nouvelles.
17. D'autre part et en l'espèce, si les requérants soutiennent que les espaces désignés explicitement comme " espaces verts " sur le plan de masse représentent moins de 40 % de la surface de la parcelle, la commune de l'Haÿ-les-Roses fait toutefois valoir à bon droit en défense que ces surfaces représentent uniquement les espaces verts de pleine terre et que les espaces verts correspondent quant à eux à l'ensemble des surfaces restantes non bâties de la parcelle, le règlement du plan local d'urbanisme n'excluant en effet de la définition large qu'il donne des espaces verts que les surfaces perméables et les terrains bâtis. Dès lors, si ainsi que le soutiennent les requérants, la dalle construite en béton et réservée au stationnement, qui n'est pas traitée en " evergreen ", ne peut qu'être exclue de la surface des espaces verts, doivent au contraire y être intégrés tous les espaces qui ne correspondent ni à l'emprise de la construction, ni à celle de la dalle de stationnement, de sorte que les requérants ne démontrent pas que le seuil de 40 % de l'emprise totale de la parcelle ne serait pas atteint. En outre, les requérants n'apportent aucun élément de nature à établir que les espaces verts de pleine terre représenteraient moins de la moitié de la surface des espaces verts. A ces conditions, ils ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme. Il suit de là que le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité :
18. Les requérants ne peuvent enfin utilement soutenir que la commune de l'Haÿ-les-Roses aurait méconnu le principe d'égalité en ne s'opposant pas à la déclaration préalable présentée par Mme I au motif que l'ensemble des habitants de la voie des Cochettes ont consenti à grever une partie de leur parcelle afin de permettre l'élargissement de la voie des Cochettes, et que Mme I n'aurait pas subi une telle contrainte, les conditions de délivrance des autorisations des riverains de la voie demeurant sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité entre les citoyens doit être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation présentées par l'association " CIQ Les Blondeaux ", M. et Mme G et M. et Mme F doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de l'Haÿ-les-Roses, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'association " CIQ Les Blondeaux ", M. et Mme G et M. et Mme F demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
21. A les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune de l'Haÿ-les-Roses au titre des frais exposés par elle et non compris par les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association " CIQ Les Blondeaux ", de M. et Mme G et de M. et Mme F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de l'Haÿ-les-Roses au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association " Comité d'intérêt du quartier Les Blondeaux ", à M. E G et Mme K G, à M. D F et Mme C F, à la commune de l'Haÿ-les-Roses et à Mme J I.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Duhamel, premier conseiller,
Mme Prissette, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
L. PRISSETTE
La présidente,
I. GOUGOTLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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