Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2212206

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2212206
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B, qui contestait la délibération du 5 juillet 2022 l'ayant admis au baccalauréat. Le requérant invoquait une méconnaissance du règlement de l'épreuve orale terminale et une erreur d'appréciation du jury. Le tribunal a jugé que le moyen tiré du non-respect du règlement n'était pas fondé, les examinateurs n'étant pas tenus de poser des questions sur les seules sources du candidat. Il a également rappelé le principe de souveraineté du jury, empêchant de contester l'appréciation de la prestation orale, sauf erreur de droit ou fait matériellement inexact.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 décembre 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la délibération du 5 juillet 2022 par laquelle le jury l'a admis à la session 2022 du baccalauréat.

Il soutient que :

- le règlement de l'épreuve orale terminale a été méconnu dès lors que les examinateurs ne lui ont posé aucune question en lien avec les sources à partir desquelles il a préparé la question présentée, qu'ils lui ont posé des questions sans lien direct avec le sujet de son exposé et qu'ils ne lui ont posé qu'une seule question relative à son projet d'orientation ;

- les examinateurs de l'épreuve orale terminale ont commis une erreur d'appréciation au regard de la qualité de sa prestation.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2023, le service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête est irrecevable et que les moyens ne sont pas fondés.

Par une lettre du 7 juin 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 24 juin 2024 sans information préalable.

Une ordonnance de clôture immédiate de l'instruction a été prise le 20 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Collen-Renaux ;

- et les conclusions de Mme Talya Blanc, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par délibération du 5 juillet 2022, M. B a été admis aux épreuves de la session 2022 du baccalauréat. Par un courrier du 8 juillet 2022, les parents de M. B ont introduit un recours gracieux auprès du service interacadémique des examens et concours afin de contester la note de 2,00/20 obtenue par leur fils à l'épreuve orale terminale, dite " Grand oral ". Ce recours a été rejeté par un courrier du 17 octobre 2022, reçu le 28 octobre 2022. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de la délibération du 5 juillet 2022 par laquelle le jury l'a admis à la session 2022 du baccalauréat.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Si le directeur du service interacadémique des examens et des concours oppose une fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre une note d'épreuve à un examen, il ressort de la requête présentée par M. B que celui-ci a entendu contester la légalité de la délibération du 5 juillet 2022 par laquelle le jury l'a admis à la session 2022 du baccalauréat. La circonstance que les moyens présentés par le requérant sont articulés autour de l'épreuve orale terminale est sans incidence sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation. La fin de non-recevoir opposée en défense n'est, dès lors, pas fondée et doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, aux termes de la note de service du 27 juillet 2021 relative au déroulement de l'épreuve orale terminale : " () Deuxième temps : échange avec le candidat (10 minutes). / Le jury interroge ensuite le candidat pour l'amener à préciser et à approfondir sa pensée. Il peut interroger le candidat sur toute partie du programme du cycle terminal de ses enseignements de spécialité, en lien avec le premier temps de l'épreuve qui lui-même s'adosse à ces enseignements. Le jury évalue ainsi la solidité des connaissances et les capacités argumentatives du candidat. / Troisième temps : échange sur le projet d'orientation du candidat (5 minutes). / Le candidat explique en quoi la question traitée éclaire son projet de poursuite d'études, voire son projet professionnel. Il expose les différentes étapes de la maturation de son projet (rencontres, engagements, stages, mobilité internationale, intérêt pour les enseignements communs, choix de ses spécialités, etc.) et la manière dont il souhaite le mener après le baccalauréat. () ".

4. Contrairement aux allégations de M. B, il ne ressort pas de ces dispositions que les examinateurs de l'épreuve orale terminale aient été tenus d'articuler leurs questions autour des seules sources à partir desquelles l'intéressé avait préparé la question présentée, ni de lui poser un nombre minimal de questions en lien avec son projet d'orientation. Par ailleurs, si M. B indique que les questions posées lors de cette épreuve orale ne présentaient aucun lien avec le programme du cycle terminal, il n'assortit ces allégations d'aucun élément permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance du règlement de l'épreuve orale terminale doit être rejeté.

5. En deuxième lieu, en application du principe de la souveraineté du jury, l'appréciation portée par un jury d'examen sur la valeur des épreuves subies par un candidat n'est pas susceptible d'être contestée devant le juge administratif, sauf si celle-ci est fondée sur une erreur de droit ou sur des faits matériellement inexacts. Ainsi, M. B ne peut utilement contester l'appréciation portée par les examinateurs sur sa prestation orale. Le moyen doit donc être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre de l'éducation nationale.

Copie en sera adressée au service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Senichault-de-Izaguirre, conseillère,

M. Collen-Renaux, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.

Le rapporteur,

T. COLLEN-RENAUXLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

H. KELI

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière1