Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2301680

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2301680
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun rejette la requête de M. A, qui contestait le refus partiel de remise de sa dette de prime d’activité (4 218,92 euros) par la caisse d’allocations familiales de Seine-et-Marne. Le juge, statuant sur le fondement de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, a examiné la situation de précarité et la bonne foi du requérant. Il a estimé que M. A n’apportait pas de justificatifs suffisants de ses ressources et charges, malgré une invitation en ce sens, pour justifier une remise totale ou partielle supplémentaire. La solution retenue est le rejet de la demande d’annulation et de remise totale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 31 janvier 2023, enregistrée au greffe du tribunal le 2 février 2023 sous le n°2301680, le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulouse a transmis la requête présentée par M. B A.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 1er décembre 2022 et par un mémoire enregistré le 2 août 2023, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 octobre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne lui a seulement accordé une remise partielle de 2 373,92 euros de sa dette de prime d'activité d'un montant de 4 218,92 euros ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne de lui accorder la remise totale de sa dette.

Il soutient qu'il est dans l'incapacité de rembourser cette dette dès lors qu'il est en arrêt maladie en raison d'une opération chirurgicale qui a eu lieu en octobre 2021 et qui nécessite un traitement de longue durée toujours en cours de sorte qu'il ne peut reprendre une activité professionnelle ; il est hébergé par ses enfants dès lors qu'il ne peut payer un loyer et ne touche que ses indemnités journalières qui ne sont pas mensualisées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère, a présenté son rapport au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 8 octobre 2024 à 10h30.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Une note en délibéré a été présentée le 14 octobre 2024 par M. A, informant le tribunal de son décès le 8 octobre 2024 à 11h03.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A est allocataire de la prime d'activité. La caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne l'a informé qu'il était redevable notamment d'un indu de prime d'activité d'un montant de 4 218,92 euros par un courrier du 12 juin 2020. M. A a demandé une remise gracieuse de cette dette. Par une décision du 10 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler cette décision et de lui accorder une remise totale de sa dette de prime d'activité.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse totale ou partielle en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre parties à la date de sa propre décision.

4. En l'espèce, M. A soutient qu'il est dans l'incapacité de rembourser cette dette dès lors qu'il est en arrêt maladie en raison d'une opération chirurgicale qui a eu lieu en octobre 2021 et qui nécessite un traitement de longue durée toujours en cours de sorte qu'il ne peut reprendre une activité professionnelle, qu'il est hébergé par ses enfants dès lors qu'il ne peut payer un loyer et ne touche que ses indemnités journalières qui ne sont pas mensualisées. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, en l'absence de production de justificatifs permettant d'apprécier les ressources et charges de son foyer à la date de la présente décision, malgré l'invitation que le tribunal lui a adressée en ce sens par un courrier du 10 septembre 2024, que sa situation financière, au regard notamment de la remise partielle qui lui a déjà été accordée et de l'échelonnement des échéances de remboursement de la dette qui pourrait le cas échéant être sollicité auprès de la caisse, serait telle qu'il y aurait lieu de lui accorder une nouvelle remise totale ou partielle de sa dette de prime d'activité d'un montant restant de 1 845 euros.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la ministre du travail et de l'emploi et au directeur de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Xavier Pottier, président,

Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère,

Mme Lina Bousnane, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.

La rapporteure,

J. DARRACQ-GHITALLA-CIOCK

Le président,

X. POTTIERLa greffière,

A. STARZYNSKI

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement

Pour expédition conforme,

La greffière,