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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2302974

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2302974

jeudi 22 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2302974
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantNDIAYE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a annulé la décision implicite de rejet du préfet de Seine-et-Marne concernant la demande d'admission au séjour de Mme A..., ressortissante sénégalaise. Le tribunal a jugé que cette décision était illégale en raison du défaut de motivation, la requérante ayant demandé la communication des motifs sans obtenir de réponse, en méconnaissance des articles L. 211-2, L. 211-5 et L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. La solution retenue est fondée sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 mars 2023, 24 septembre 2024 et 5 janvier 2026, ce dernier mémoire n’ayant pas été communiqué, Mme B... A..., représentée par Me Louisa, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a implicitement rejeté sa demande d’admission au séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale », dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la décision attaquée n’est pas motivée dès lors que sa demande de communication de ses motifs est restée sans réponse en méconnaissance des articles L. 211-2, L. 211-5 et L. 232-4 du code des relations entre le public et l’administration ;
- elle est entachée d’un vice de procédure en l’absence de saisine de la commission de titre de séjour ;
- elle méconnait les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle justifie de motifs exceptionnels au sens de méconnaît l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée d’erreur manifeste dans l’appréciation de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.


La requête a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne, qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience, en application des dispositions de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Le rapport de M. Demas a été entendu au cours de l’audience publique.



Considérant ce qui suit :

Mme B... A..., ressortissante sénégalaise, a sollicité du préfet de Seine-et-Marne, par voie postale, son admission exceptionnelle au séjour en application des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de l’article L. 423-23 du même code. Le préfet de Seine-et-Marne, qui a gardé le silence sur cette demande pendant plus de quatre mois, doit être regardée comme ayant implicitement rejeté la demande de Mme A.... Par la présente requête, Mme A... demande au tribunal d’annuler cette décision.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

D’une part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / (…) ».

D’autre part, aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / (…) ». Aux termes de l’article L. 211-5 du même code : « La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ». Aux termes de l’article L. 232-4 du même code : « Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ». Il résulte de ces dispositions que si le silence gardé sur une demande de communication des motifs d'une décision implicite de rejet est susceptible d’entacher cette décision d’illégalité, c’est à la condition toutefois qu’elle soit intervenue dans un cas où une décision expresse aurait dû être motivée.

Il ressort des pièces du dossier que Mme A... a sollicité, par voie postale, son admission exceptionnelle au séjour en application des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de l’article L. 423-23 du même code. Le préfet de Seine-et-Marne, qui a reçu cette demande le 15 avril 2022 et qui ne conteste pas qu’elle n’était pas incomplète à défaut d’avoir produit des observations à la requête qui lui a été communiquée, doit être regardé, en application des dispositions précitées aux points 2. et 3. du présent jugement des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comme l’ayant implicitement rejetée le 15 août 2022 pour avoir gardé le silence plus de quatre mois sur la demande de Mme A.... Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que Mme A... a, par lettre du 2 septembre 2022, reçue le 5 septembre suivant, demandé au préfet de Seine-et-Marne, par la voie de son conseil, la communication des motifs de sa décision implicite de rejet. En l’absence de réponse du préfet de Seine-et-Marne dans le délai d’un mois suivant cette demande, la décision attaquée, qui est au nombre des décisions qui doivent être motivées en application des dispositions précitées au point 3. du présent jugement, doit être regardée comme étant entachée d’illégalité à défaut d’être motivée.

Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A... est fondée à demander l’annulation de la décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte :

Eu égard au motif d’annulation retenu, l’exécution du présent jugement implique nécessairement que le préfet territorialement compétent procède au réexamen de la demande de titre de séjour de Mme A.... Il y a lieu, par suite, d’enjoindre au préfet territorialement compétent, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros à verser à Mme A... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :



Article 1er : La décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a implicitement rejeté la demande de titre de séjour de Mme A... est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de la demande de Mme A..., dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’Etat versera à Mme A... la somme de 1 200 (mille-deux cents) euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A... est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au préfet de Seine-et-Marne.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Délibéré après l'audience du 8 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
M. Gauthier-Ameil, premier conseiller,
M. Demas, conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2026.

Le rapporteur,

C. DEMAS



La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOT

La greffière,




I. GARNIER

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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