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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2303117

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2303117

mardi 3 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2303117
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP VINSONNEAU-PALIES NOY GAUER & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. A... comme irrecevable. Le requérant contestait une décision ministérielle du 21 novembre 2022 requalifiant ses arrêts de travail, mais son recours, enregistré le 30 mars 2023, était tardif. La juridiction a appliqué les articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative, relevant que le délai de deux mois pour agir, mentionné dans la notification, était expiré.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mars 2023, M. B... A..., représenté par Me Constans, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision en date du 21 novembre 2022 par laquelle le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, a requalifié les arrêts de travail de M. A... en congés ordinaires de maladie ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, de réexaminer la situation de M. B... A....

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2025, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code des relations entre le public et l’administration ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a donné délégation à M. Dewailly, vice-président pour signer les ordonnances prises en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.








Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…), le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (...) ».

D’une part, aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée». Aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

D’autre part, aux termes de l’article L. 112-2 du code des relations entre le public et l’administration, ne sont applicables aux relations entre l’administration et ses agents ni les dispositions de l’article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : « Toute demande adressée à l’administration fait l’objet d’un accusé de réception (…) », ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que : « Les délais de recours ne sont pas opposables à l’auteur d’une demande lorsque l’accusé de réception ne lui a pas été transmis (…) ».

Les règles relatives au délai raisonnable au-delà duquel le destinataire d’une décision ne peut exercer de recours juridictionnel, qui ne peut en règle générale excéder un an sauf circonstances particulières, sont également applicables à la contestation d’une décision implicite de rejet née du silence gardé par l’administration sur une demande présentée devant elle, lorsqu’il est établi que le demandeur a eu connaissance de la décision et qu’il n’a pas été informé des voies et délais de recours dans les conditions prévues par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l’administration. Cette règle ne saurait cependant s’appliquer aux agents publics qui ne sont pas soumis aux dispositions de l’article L. 112-6 du code des relations entre le public et l’administration et qui se trouvent dans une situation différente s’agissant de leurs relations avec l’administration qui les emploie de celles des citoyens en litige avec cette administration. Ces agents ne disposent en conséquence que d’un délai de deux mois à compter la naissance de la décision implicite pour exercer un recours contentieux en excès de pouvoir.

Il ressort des pièces du dossier que M. A... sollicite l’annulation de la décision du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en date du 21 novembre 2022, notifiée le même jour. La décision attaquée mentionne les voies et délais de recours. Or la requête de M A... n’a été enregistrée que le 30 mars 2023, soit au-delà du délai de deux mois. Elle est ainsi tardive et, par suite, irrecevable.


O R D O N N E :



Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.



Fait à Melun, le 3 février 2026.


Le président de la 6ème chambre,







S. DEWAILLY


La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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