Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2304860

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2304860
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B A, qui contestait un arrêté préfectoral l'obligeant à quitter le territoire français. Le requérant, libéré de détention, n'avait fourni aucune adresse dans sa requête ni dans aucune pièce du dossier, mettant le tribunal dans l'impossibilité de lui notifier les actes de procédure. Ce défaut d'adresse n'ayant pas été régularisé dans le délai de recours, la requête a été jugée irrecevable sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. La décision a été prise en application de l'article R. 222-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 mai 2023, M. B A demande au tribunal :

1) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de séjour ;

2) la désignation d'un avocat au titre de l'aide juridictionnelle, l'assistance d'un avocat de permanence et d'un interprète en langue roumaine.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une décision du 20 septembre 2023, la présidente du bureau d'aide juridictionnel a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée le 16 mai 2023 par M. A.

Par une lettre du 28 août 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 15 novembre 2024 sans information préalable.

Par ordonnance du 22 novembre 2024, l'instruction a été close le jour même en application de l'article R.613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () " ;

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties () " ;

3. Il ressort des pièces du dossier que la requête de M. A, qui était incarcéré au centre pénitentiaire de Fresnes au moment de l'introduction de sa requête, en a été libéré le 6 mai 2024. En outre, l'intéressé n'a mentionné aucune adresse ni dans sa requête ni dans aucune autre pièce du dossier, et a simplement déclaré à l'administration pénitentiaire qu'il se retirait à Bucarest (Roumanie). Dans ces conditions, le requérant met le tribunal dans l'impossibilité de lui notifier les actes de procédures à intervenir. Ce défaut d'adresse n'ayant pas été régularisé dans le délai de recours contentieux, la requête, qui ne répond pas aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, est manifestement irrecevable et doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 9 décembre 2024.

La Présidente de la 7ème chambre

I. GOUGOT

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,