Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2305976

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2305976
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantSALAS NAUSICA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun était saisi par M. A d’un recours pour excès de pouvoir contre la délibération du jury national du 9 janvier 2023 l’ayant déclaré ajourné à l’épreuve d’aptitude d’expert-comptable, ainsi que contre le rejet de son recours gracieux. En cours d’instance, le service interacadémique des examens et concours d’Île-de-France a informé le requérant qu’une nouvelle correction de sa copie de droit fiscal, motivée par des erreurs matérielles, lui avait permis d’obtenir la note de 9/20 et d’être déclaré admis. Le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales et à fin d’injonction, et a rejeté le surplus des conclusions, notamment la demande de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juin 2023, M. B A, représenté par Me Le Foyer de Costil, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du jury en date du 9 janvier 2023, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, au service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France de reconvoquer le jury afin de faire naître une nouvelle délibération sur les résultats des candidats et, à titre subsidiaire, de lui enjoindre de reconvoquer l'ensemble des candidats aux épreuves écrites et, ensuite, de reconvoquer le jury national afin de faire naître une nouvelle délibération au regard des notes attribuées lors de ces dernières ;

3°) de mettre à la charge du service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur matérielle dès lors qu'il existe une incohérence entre les grilles de correction communiquées par le service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France et ses propres documents préparatoires ;

- elle est entachée d'une rupture d'égalité entre les candidats eu égard à l'absence d'anonymisation des copies ;

- elle est entachée d'une rupture d'égalité entre les candidats eu égard au caractère flou des énoncés des sujets.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 septembre 2024, le service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il soutient que, par courrier recommandé avec accusé de réception du 3 juillet 2023, distribué le 7 juillet 2023, le requérant a été informé de ce que, compte tenu des erreurs matérielles entachant le corrigé de l'épreuve de droit fiscal, sa grille de réponse avait fait l'objet d'une nouvelle correction, lui permettant d'obtenir la note de 9/20 en droit fiscal et ainsi d'être déclaré admis au titre de la session 2022 de l'épreuve d'aptitude.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- l'ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945 portant institution de l'ordre des experts-comptables et réglementant le titre et la profession d'expert-comptable ;

- le décret n° 2012-432 du 30 mars 2012 relatif à l'exercice de l'activité d'expertise comptable ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dutour, conseillère,

- les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique,

- et les observations de Me Le Foyer de Costil, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération en date du 9 janvier 2023, le jury national a déclaré M. A ajourné à l'épreuve d'aptitude pour l'inscription au tableau français de l'ordre des experts-comptables. Par un courrier du 6 mars 2023, le requérant a formé un recours gracieux auprès du service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France, qui a été rejeté par une décision du 13 avril 2023. Par le présent recours, M. A demande l'annulation de la délibération du 9 janvier 2023 et de la décision de rejet de son recours gracieux.

Sur l'exception de non-lieu opposée par le service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France :

2. Comme le fait valoir en défense le service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France, postérieurement à l'introduction de la requête, par courrier recommandé avec accusé de réception du 3 juillet 2023, distribué au requérant le 7 juillet 2023, M. A a été informé de ce que, compte tenu des erreurs matérielles entachant le corrigé de l'épreuve de droit fiscal, sa grille de réponse avait fait l'objet d'une nouvelle correction, lui permettant d'obtenir la note de 9/20 en droit fiscal et ainsi d'être déclaré admis au titre de la session 2022 de l'épreuve d'aptitude. Le requérant ne conteste pas avoir reçu cette décision. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du jury en date du 9 janvier 2023 et de la décision portant rejet de son recours gracieux, ni sur les conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France la somme demandée par M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la délibération du jury en date du 9 janvier 2023 et de la décision portant rejet de son recours gracieux et sur les conclusions à fin d'injonction.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Copie en sera adressée au service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Dutour, conseillère,

M. Collen-Renaux, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.

La rapporteure,

L. DUTOURLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière