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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2309016

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309016

mardi 3 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2309016
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la requête de M. B... visant à annuler la décision ministérielle du 5 juillet 2023 refusant son maintien en activité au-delà de la limite d'âge et à enjoindre ce maintien. Le tribunal a jugé que l'administration disposait, sur le fondement de l'article L. 556-1 du code général de la fonction publique, d'un large pouvoir d'appréciation pour autoriser un tel maintien, et que le refus motivé par la priorité au recrutement de jeunes agents et la situation concrète du poste ne constituait pas une erreur manifeste d'appréciation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 31 août 2023, 5 février 2024 et le 7 septembre 2025, M. B..., doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 5 juillet 2023 par laquelle le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique l’a admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er août 2023 pour limite d’âge ;

2°) d’enjoindre au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique de le placer en poursuite d’activité en qualité d’administrateur de l’Etat à compter du 1er août 2023.

Il doit être regardé comme soutenant que :

-
la décision attaquée est entachée d’une erreur de droit dans l’application de l’article L. 556-1 du code général de la fonction publique ;
-
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation dans le choix des motifs fondant son refus.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2025, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique conclut à titre principal à l’irrecevabilité partielle de la requête et à titre subsidiaire au rejet des moyens au fond.

Par ordonnance du 8 septembre 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 14 octobre 2025 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Rehman-Fawcett,
- les conclusions de Mme Deleplancque, rapporteure publique,
- et les observations de M. B..., qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient, en outre, qu’il a été placé en congé maladie pour une période d’un an au cours de sa scolarité.

Le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique n’était ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

M. A... B... a exercé en qualité de contrôleur général économique et financer de 1ère classe. Le 8 novembre 2022, il a sollicité son admission à la retraite à compter du 1er août 2023, date à laquelle il atteint la limite d’âge d’exercice au sein de son corps. Par arrêté en date du 20 mars 2023, il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er août 2023 pour limite d’âge. Par courrier du 25 avril 2023, il a sollicité le retrait de l’arrêté du 20 mars 2023 et son maintien en activité au-delà de l’âge de 67 ans. Par courrier du 5 juillet 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. B... demande l’annulation de cette décision et son maintien en activité à compter du 1er août 2023.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 556-1 du code général de la fonction publique : « Le fonctionnaire ne peut être maintenu en fonctions au-delà de l'âge limite de l'activité dans l'emploi qu'il occupe, sous réserve des exceptions prévues par les dispositions en vigueur. / Cette limite d'âge est fixée à : / 1° Soixante-sept ans pour celui occupant un emploi ne relevant pas de la catégorie active, au sens du deuxième alinéa du 1° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite ; / 2° Un âge au plus égal à la limite définie au 1° ci-dessus pour celui occupant un emploi de la catégorie active figurant sur la nomenclature établie en application du 1° du I de l'article L. 24 du code précité. / Toutefois, le fonctionnaire occupant un emploi qui ne relève pas de la catégorie active et auquel s'applique la limite d'âge mentionnée au 1° du présent article ou une limite d'âge qui lui est égale ou supérieure peut, sur autorisation, être maintenu en fonctions sans radiation des cadres préalable, jusqu'à l'âge de soixante-dix ans. / Le refus d'autorisation est motivé. / Le bénéfice cumulé de ce maintien en fonctions, des prolongations d'activité et des reculs de limite d'âge prévus aux articles L. 556-2 à L. 556-5 ne peut conduire le fonctionnaire à être maintenu en fonctions au-delà de soixante-dix ans ».

Ces dispositions confèrent à l’autorité compétente un large pouvoir d’appréciation de l’intérêt, pour le service, d’autoriser un fonctionnaire atteignant la limite d’âge à être maintenu en activité. Elle peut ainsi, notamment, se fonder sur l’objectif tendant à privilégier le recrutement de jeunes agents par rapport au maintien en activité des agents ayant atteint la limite d’âge.
En premier lieu, si le requérant doit être regardé comme se prévalant d’un moyen tiré de l’erreur de droit dès lors qu’il remplissait les conditions pour une poursuite d’activité au regard des motifs de la loi, il ressort toutefois des dispositions précitées que l’autorité compétente dispose d’un large pouvoir d’appréciation pour autoriser un fonctionnaire à être maintenu en activité et qu’un tel maintien n’est pas subordonnée à une simple demande d’un agent. Par suite, le moyen tiré de l’erreur de droit doit être écarté.

En second lieu, le requérant soutient que les motifs qui fondent le refus de l’administration opposé à sa demande de maintien en activité sont entachés d’une erreur manifeste d’appréciation. Or, il ressort des pièces du dossier, que l’intéressé ne conteste pas avoir soldé ses jours de congé et de compte épargne-temps à compter du 1er novembre 2022 et jusqu’à son admission à la retraite à compter du 1er août 2023 et que le poste qu’il occupait préalablement était occupé par un autre agent. En outre, il ne conteste pas non plus avoir exercé les mêmes fonctions depuis l’année 2004, ni avoir été pendant 11 ans affecté au sein de la même mission. Dans ces conditions, l’administration n’a pas commis une erreur manifeste d’appréciation de l’intérêt du service en refusant sa demande de maintien en activité.

Il résulte de l’ensemble de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité, que la requête de M. B... doit être rejetée.









D E C I D E :







Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.














Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.


Délibéré après l'audience du 20 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,
M. Rehman-Fawcett, premier conseiller,
Mme Iffli, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2026.


Le rapporteur,

C. Rehman-Fawcett

Le président,

S. Dewailly

La greffière,






L. Sueur


La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière




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