Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2310186

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2310186
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par M. A d’un recours en excès de pouvoir contre une décision du 24 août 2023 de la commission de discipline du BTS interacadémique lui infligeant un blâme pour complicité de fraude. Le requérant invoquait notamment un défaut de motivation, une erreur de droit et une disproportion de la sanction. Le tribunal a constaté qu’après l’introduction du recours, la commission de discipline a prononcé la relaxe de M. A le 6 novembre 2023, ce qui a rendu sans objet sa demande d’annulation de la sanction initiale. En application des principes régissant le non-lieu à statuer, le tribunal a donc décidé qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 septembre 2023, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 24 août 2023 par laquelle la commission de discipline du brevet de technicien supérieur interacadémique de Paris, Créteil, Versailles lui a infligé un blâme.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation dès lors qu'elle ne précise pas quelles sont les règles relatives au brevet de technicien supérieur qu'il aurait méconnues ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il ne savait pas que son camarade allait recopier son travail et qu'il n'est ainsi pas complice de la fraude commise par lui ;

- elle est entachée de disproportion dès lors, d'une part, qu'il a rédigé seul son compte-rendu d'activité et qu'un de ses camarades a recopié en très grande partie son travail sans qu'il ne le sache ni n'y prenne part et, d'autre part que cette sanction entraîne automatiquement la nullité de l'épreuve en question en application des dispositions de l'article D. 643-32-9 du code de l'éducation, alors que ses propres travaux ne sont entachés d'aucune fraude et qu'il n'a retiré aucun avantage de celle commise par son camarade.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 septembre 2024, le service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il soutient que, par courrier du 30 octobre 2023, M. A a été informé de ce que la commission de discipline se réunissait le 6 novembre 2023, qu'ensuite par courriel du 7 novembre 2023, la décision du 6 novembre 2023 par laquelle la commission a prononcé sa relaxe lui a été transmise et que, par un second courriel du même jour, son relevé de note rectificatif le déclarant admis à la session 2023 du brevet de technicien supérieur lui a également été transmis.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dutour, conseillère,

- et les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 24 août 2023, la commission de discipline du brevet de technicien supérieur interacadémique de Paris, Créteil, Versailles a infligé à M. A un blâme pour complicité de fraude. Par le présent recours, M. A demande l'annulation de la décision du 24 août 2023.

Sur l'exception de non-lieu opposée par le service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France :

2. Comme le fait valoir en défense le service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France, postérieurement à l'introduction de la requête, par courrier du 30 octobre 2023, M. A a été informé de ce que la commission de discipline se réunissait le 6 novembre 2023, qu'ensuite par courriel du 7 novembre 2023, la décision du 6 novembre 2023 par laquelle la commission a prononcé sa relaxe lui a été transmise et que, par un second courriel du même jour, son relevé de note rectificatif le déclarant admis à la session 2023 du brevet de technicien supérieur lui a également été transmis. Le requérant ne conteste pas avoir reçu ces décisions. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 24 août 2023 par laquelle la commission de discipline du brevet de technicien supérieur interacadémique de Paris, Créteil, Versailles lui a infligé un blâme.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision du 24 août 2023 par laquelle la commission de discipline du brevet de technicien supérieur interacadémique de Paris, Créteil, Versailles lui a infligé un blâme pour complicité de fraude.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Copie en sera adressée au service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Dutour, conseillère,

M. Collen-Renaux, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.

La rapporteure,

L. DUTOURLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière