Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par M. A... d’une requête en excès de pouvoir visant à contester le refus implicite du préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En cours d’instance, le préfet a délivré à M. A... une carte de séjour temporaire valable jusqu’en janvier 2026, ce qui a eu pour effet de retirer la décision implicite de rejet initiale. Par conséquent, le tribunal a constaté, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions initiales de la requête, devenues sans objet.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 novembre 2023 et 3 octobre 2024, M. B... A..., représenté par Me Benitez, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’annuler la décision par laquelle le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
3°) d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne ou tout préfet territorialement compétent de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et dans l’attente de ce réexamen, de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler valable jusqu’à l’issue de ce réexamen ;
4°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros à verser à Me Benitez, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou à défaut d’admission à l’aide juridictionnelle, de verser cette somme au profit de M. A....
Par un mémoire, enregistré le 3 novembre 2025, le préfet du Val-de-Marne demande au tribunal de constater un non-lieu à statuer compte tenu de la délivrance au requérant d’une carte de séjour temporaire valable du 8 janvier 2025 au 7 janvier 2026 remise le 3 février 2025.
Par un mémoire, enregistré le 20 novembre 2025, M. A..., représenté par Me Benitez, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite révélée par la délivrance d’une carte de séjour « travailleur temporaire » par laquelle le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ou « salarié » sur le fondement des articles L. 435-1 ou L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
2°) à titre principal, d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne ou à tout préfet territorialement compétent de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » ou « vie privée et familiale » dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et dans l’attente de cette délivrance, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation au regard des dispositions des articles L. 435-1, L. 435-3, L. 421-1 et L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou à défaut d’admission définitive à l’aide juridictionnelle, de la verser à M. A....
Par une décision du 15 janvier 2025, le bureau d’aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun a accordé le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale à M. A....
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; (...) : (...) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président (…) ». M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 15 janvier 2025 du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun. Par suite, il n’y a pas lieu de l’admettre à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d’annulation, d’injonction et d’astreinte dirigées contre la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
3. Le préfet du Val-de-Marne a produit la copie d’écran issue du fichier national des étrangers (FNE) mentionnant qu’une carte de séjour temporaire valable du 8 janvier 2025 au
7 janvier 2026 a été remis le 3 février 2025 à M. A.... Le préfet ayant délivré un titre de séjour ayant les mêmes effets que celui qu’il a sollicité en août 2022, il a nécessairement retiré sa décision implicite de rejet. Le requérant, à qui cette pièce a été communiquée, n’a pas présenté d’observations sur les effets de la délivrance de ce titre de séjour sur la première décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet sur sa première demande de titre de séjour. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de M. A... tendant à l’annulation de cette première décision implicite de rejet et au prononcé d’injonctions sous astreinte sont devenues sans objet en cours d’instance. Il n’y a donc plus lieu d’y statuer.
Sur les conclusions à fin d’annulation, d’injonction et d’astreinte dirigées contre la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l’article L. 435-1 et L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile révélée par la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « travailleur temporaire » :
4. Il ressort des pièces du dossier que, dans son mémoire complémentaire du
20 novembre 2025, soit postérieurement à l’expiration du délai de recours contentieux qui a commencé à courir au plus tard à la date d’introduction de la requête le 13 novembre 2023,
M. A... a présenté des conclusions tendant à l’annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de délivrance d’un titre de séjour sur le fondement de l’admission exceptionnelle ou de sa vie privée et familiale, révélée par la carte de séjour temporaire portant la mention « travailleur temporaire » qui lui a été délivrée le 8 janvier 2025. Ces conclusions présentent le caractère de conclusions nouvelles insusceptibles d’être régularisées qui doivent dès lors être rejetées comme irrecevables. Par suite, ces conclusions ne peuvent qu’être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte s’y rapportant.
Sur les frais liés à l’instance :
5. Dans les circonstances de l’espèce, M. A... s’est vu accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 15 janvier 2025 du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 800 euros à verser à Me Benitez en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer ni sur les conclusions à fin d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle, ni sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction présentées par M. A... à l’encontre de la décision implicite de rejet de sa demande de délivrance d’un titre de séjour déposée en août 2022 sur le fondement de l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.
Article 3 : L’Etat versera à Me Benitez la somme de 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 18 décembre 2025.
La présidente de la 10ème chambre,
Signé : M. C...
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,