Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2312087
jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2312087 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 novembre 2023, M. B Du demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.
Il doit être regardé comme soutenant que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Combier,
- les observations de M. Du.
Le préfet de SeineetMarne n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B Du, ressortissant chinois, déclare être entré en France le 6 septembre 2017 sans titre l'autorisant à s'installer durablement sur le territoire français. Il a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 11 juin 2018. Il a ultérieurement sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il demande l'annulation de l'arrêté du 11 octobre 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé la délivrance de ce titre, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. /
Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. "
3. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire". Dans cette hypothèse, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. Du qui déclare être entré sur le territoire le 6 septembre 2017, soit depuis 6 ans à la date de la décision attaquée, est célibataire et sans charge de famille. Il n'allègue aucune considération humanitaire ni aucune circonstance exceptionnelle justifiant qu'il lui soit délivré une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale. Par ailleurs, s'il justifie être employé en tant que cuisinier dans un restaurant traditionnel japonais au sein de l'EURL CLC depuis le 1er juillet 2021, et produit à cette fin l'ensemble de ses bulletins de paie établis depuis lors, soit depuis 27 mois à la date de la décision attaquée, en se bornant à invoquer son emploi pour lequel il ne justifie pas d'une expérience particulière, sans au surplus préciser la nature du contrat qui le lie à son employeur, et au regard de ses conditions de séjour, il ne peut être regardé comme faisant état de motifs de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " salarié" ou " travailleur temporaire" et, par suite, de nature à démontrer que le préfet de Seine-et-Marne aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre au séjour. Il n'allègue, au surplus aucune autre circonstance susceptible d'établir que les décisions par lesquelles le préfet de SeineetMarne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné, serait entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède que M. Du n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 octobre 2023 qu'il conteste.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. Du est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B Du et au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Combier, conseiller,
Mme C.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
D. COMBIER
La présidente,
I. GOUGOT
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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