Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2313520

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2313520
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la requête de M. B, qui contestait le refus de Pôle emploi de l’inscrire sur la liste des demandeurs d’emploi. La juridiction a considéré que cette décision relevait de la médiation préalable obligatoire prévue par les articles L. 213-11 du code de justice administrative et R. 5312-47 du code du travail. M. B n’ayant pas justifié avoir saisi le médiateur régional de Pôle emploi malgré une demande de régularisation, sa requête a été jugée manifestement irrecevable. Le dossier a été transmis au médiateur compétent.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 décembre 2023, M. A C B demande au tribunal d'annuler la décision du 23 octobre 2023 par laquelle le directeur de l'agence Pôle Emploi de Savigny le Temple a refusé son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi.

Vu la lettre du 19 décembre 2023 adressée par le greffe du tribunal à M. B l'invitant à régulariser sa requête en justifiant avoir exercé une médiation préalable obligatoire auprès du médiateur régional de Pôle emploi ou la preuve de dépôt d'un tel recours.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de tribunal administratif peuvent statuer par ordonnance pour rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens.

2. Aux termes de l'article L. 213-11 du code de justice administrative : " Les recours formés contre les décisions individuelles qui concernent la situation de personnes physiques et dont la liste est déterminée par décret en Conseil d'Etat sont, à peine d'irrecevabilité, précédés d'une tentative de médiation. () ". Aux termes de l'article R. 213-12 du même code : " Lorsqu'un tribunal administratif est saisi dans le délai de recours contentieux d'une requête n'ayant pas été précédée d'une médiation qui était obligatoire, son président ou le magistrat qu'il délègue rejette cette requête par ordonnance et transmet le dossier au médiateur compétent. Le médiateur est supposé avoir été saisi à la date d'enregistrement de la requête. ".

3. Aux termes de l'article R. 5312-47 du code du travail, alors en vigueur : " La procédure de médiation préalable obligatoire prévue par l'article L. 213-11 du code de justice administrative est applicable aux recours contentieux formés contre les décisions individuelles suivantes prises par Pôle emploi et relevant du champ de compétence du juge administratif : / () / 2° Les décisions relatives à la cessation d'inscription sur les listes des demandeurs d'emploi ou au changement de catégorie mentionnées à l'article R. 5411-18 ; / () ". Aux termes de l'article R. 5312-48 du code du travail : " Le médiateur chargé de la médiation préalable obligatoire mentionnée à l'article R. 5312-47 est le médiateur régional de Pôle emploi territorialement compétent ". L'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi produit des effets dès le jour de son enregistrement par l'agence Pôle emploi. Par conséquent, les décisions relatives au refus d'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, qui ont un effet nécessairement rétroactif, doivent pour l'application de l'article R. 5312-47 du code du travail, être assimilées aux décisions relatives à la cessation d'inscription sur cette liste. Il ressort de ces dispositions que le requérant ne peut saisir le tribunal administratif sans avoir recherché une médiation préalable obligatoire avec l'aide d'un représentant du médiateur régional de Pôle emploi.

4. Invité, par un courrier recommandé du 19 décembre 2023, dont il a accusé réception le 23 décembre 2023, à justifier de l'exercice de la médiation préalable obligatoire prévue les dispositions précitées de l'article R. 5312-47 du code de travail, M. B n'a toutefois pas régularisé sa requête dans le délai imparti en justifiant avoir saisi le médiateur régional de Pôle emploi. Dès lors, la requête de M. B est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit être rejetée par application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de transmettre le dossier de sa requête au médiateur de Pôle emploi d'Ile-de-France, devenu France Travail d'Ile-de-France.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le dossier de la requête de M. B est transmis à la médiatrice de l'agence France Travail pour la région d'Ile-de-France.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et à la médiatrice régionale de France Travail pour la région d'Ile-de-France.

Fait à Melun, le 3 décembre 2024.

La présidente,

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,