Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2400266

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2400266
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B C, qui demandait l’annulation du refus implicite de titre de séjour opposé par le préfet de Seine-et-Marne. La requérante n’a pas produit, malgré une demande de régularisation, la preuve du dépôt de sa demande de titre de séjour, pourtant exigée par l’article R. 412-1 du code de justice administrative. L’ordonnance se fonde sur le 4° de l’article R. 222-1 du même code pour rejeter la requête sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 janvier 2024, Mme A B C demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour déposée le 28 janvier 2022 ;

2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours sous peine d'une astreinte fixée par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours et de lui délivrer, durant ce délai, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, sous peine d'une astreinte fixée par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme dont le tribunal fixera " le montant en équité ".

Vu la lettre du 9 janvier 2024 adressée par le greffe du tribunal à Mme B C l'invitant à régulariser sa requête en produisant la décision attaquée ou, à défaut de réponse à sa demande de la part de l'administration, une pièce justifiant de la date du dépôt de cette demande.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de tribunal administratif peuvent statuer par ordonnance pour rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens.

2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. (). ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. ". Enfin, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ".

3. Mme B C soutient avoir déposé une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " le 28 janvier 2022 à la préfecture de Seine-et-Marne, qui serait restée sans réponse. Toutefois, en dépit de la demande de régularisation du 9 janvier 2024 qui lui a été adressée par pli recommandé et dont elle a accusé réception le 11 janvier 2024, elle n'a pas produit la preuve du dépôt de cette demande de titre de séjour dans le délai imparti et n'a pas justifié de l'impossibilité de la produire. Si Mme B a sollicité la communication des motifs de la décision implicite de refus par un courrier du 29 septembre 2023, réceptionné le 2 octobre 2023 par la préfecture de Seine-et-Marne, cette demande n'est pas de nature à établir l'existence de la demande de titre de séjour de l'intéressée. Par suite, la requête de Mme B C, qui n'a pas été régularisée, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B C.

Fait à Melun, le 3 décembre 2024.

La présidente,

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière