Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2400391
lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2400391 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2024, l'Association Mobilité réduite - Sud
Seine et Marne demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 10 octobre 2023 par laquelle le maire de Barbizon a rejeté sa demande datée du 2 octobre 2023 ;
2°) d'ordonner la fermeture administrative de la maison pluridisciplinaire de santé de Barbizon tant qu'elle ne sera pas conforme à l'autorisation de travaux n° DP 77 022 23 C 0025 et à la réglementation en vigueur ;
3°) d'enjoindre à la commune de Barbizon de procéder rapidement, sous astreinte de 300 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, à l'exécution des travaux prévus selon l'autorisation de travaux n° DP 77 022 23 C 0025 et nécessaires à la mise en conformité de la maison pluridisciplinaire de santé de Barbizon avec la réglementation concernant l'accessibilité, à savoir :
- créer un stationnement réservé à proximité immédiate de l'établissement ;
- réaménager le cheminement depuis la place de stationnement ainsi que depuis le domaine public jusqu'à l'entrée de l'établissement (largeur cheminement, revêtement du sol, mise en place d'une bande d'aide à l'orientation, information) ;
- prévoir un éclairage du cheminement conforme ;
- respecter les règles concernant l'accessibilité au bâtiment proprement dit (ressaut, largeur de porte, notamment de la porte d'entrée principale) ;
- faire un espace d'usage de 0,80 x 1,30 m devant le système de contrôle d'accès ;
- dans les toilettes :
*mettre l'ouverture de la porte vers l'extérieur et installer une barre de fermeture de porte ;
*modifier l'emplacement du lavabo qui ne permet pas à une personne en fauteuil roulant d'insérer ses genoux sous le lavabo, comme défini dans la réglementation ;
*installer un porte-manteau situé à une hauteur comprise entre 0,90 m et 1,30 m ;
*prévoir que les poignées de portes soient facilement préhensibles et que les portes soit manœuvrables par une personne à mobilité réduite (tiré/poussé de 50Nw maximum) ;
- les cabinets de consultations devant être suffisamment vastes pour accueillir une personne en fauteuil roulant, prévoir une largeur de porte de 0,80 cm, soit 0,77 cm de passage utile et, à l'intérieur, un espace de rotation de 1,50 m ;
- mettre à la disposition du public le registre d'accessibilité obligatoire depuis octobre 2017 ;
4°) d'enjoindre à la commune de Barbizon de communiquer à l'autorité administrative supérieure, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, tous les documents administratifs relatifs à l'accessibilité de sa maison pluridisciplinaire de santé et prouvant que celle-ci est réellement conforme à la réglementation en vigueur à la date de son ouverture au public ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Barbizon la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'association dénommée " Association Mobilité réduite - Sud Seine et Marne " a, par une lettre du 2 octobre 2023 intitulée " recours gracieux ", proposé au maire de Barbizon des " solutions techniques " afin de rendre la maison pluridisciplinaire de santé de la commune conforme aux dispositions législatives et réglementaires applicables en matière d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite des établissements recevant du public. Sa requête, présentée sur le fondement des dispositions, citées au point précédent, de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doit être regardée comme tendant, à titre principal, à la suspension de l'exécution de la décision, contenue dans une lettre datée du 10 octobre 2024, par laquelle l'autorité en cause a rejeté la demande ainsi formulée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision en litige, l'association requérante fait valoir que, la maison pluridisciplinaire de santé de Barbizon ayant été ouverte au public alors que les travaux de construction de cet établissement ne sont ni achevés, ni conformes à la décision de non-opposition à une déclaration préalable en date du 5 juin 2023 dont ils ont fait l'objet et qu'en outre, tous les documents administratifs n'ont pas été fournis à l'" autorité administrative supérieure ", " il est urgent " que le tribunal enjoigne à la commune de Barbizon de réaliser " de toute urgence tous les travaux nécessaires et prévus " par l'autorisation d'urbanisme mentionnée ci-dessus afin de garantir la parfaite accessibilité des personnes valides et des personnes handicapées à mobilité réduite, conformément à la réglementation en vigueur. Elle n'invoque toutefois ainsi aucune circonstance précise pouvant être regardée comme étant de nature à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de l'Association Mobilité réduite - Sud Seine et Marne, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de l'Association Mobilité réduite - Sud Seine et Marne est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Association Mobilité réduite - Sud Seine et Marne.
Fait à Melun, le 2 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé : P. ZANELLA
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, La greffière,
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