Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2400624

mercredi 8 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2400624
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. B, ressortissant centrafricain, qui demandait qu’il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de lui fixer un rendez-vous pour l’examen de sa demande de titre de séjour. Le juge constate que le silence gardé par l’administration pendant quatre mois sur sa demande, adressée par voie postale le 19 décembre 2022, a fait naître une décision implicite de rejet le 19 avril 2023, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Dès lors, la mesure sollicitée est dépourvue d’utilité, la demande étant déjà réputée rejetée. La requête est donc rejetée, y compris les conclusions au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Marzak, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui communiquer, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, une date de rendez-vous pour l'examen de sa demande de titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. D'une part, aux termes de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale. ".

3. En application de ces dispositions, le préfet de Seine-et-Marne a prescrit, par un arrêté du 17 août 2021, que les demandes d'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale devaient lui être adressées par voie postale.

4. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ".

5. Il résulte de l'instruction que M. B, qui, de nationalité centrafricaine, entend obtenir son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale, a, conformément aux prescriptions de l'arrêté du 17 août 2021 mentionné au point 3, adressé une demande en ce sens au préfet de Seine-et-Marne par voie postale le 19 décembre 2022. En application des dispositions citées au point précédent, le silence gardé pendant quatre mois sur cette demande, dont rien ne laisse à penser qu'elle aurait été incomplète, l'intéressé prétendant d'ailleurs lui-même y avoir joint toutes les pièces requises, a d'ores et déjà fait naître une décision implicite de rejet de ladite demande le 19 avril 2023. Dans ces conditions, il apparaît manifeste que la mesure d'injonction sollicitée en l'espèce par le requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est dépourvue d'utilité.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Le juge des référés,

P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2400624