mercredi 27 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2400751 |
| Type | Décision |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LAROSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2024, Mme B D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Essonne a fixé le pays à destination duquel elle serait renvoyée pour l'exécution de la peine d'interdiction du territoire français prononcée à son encontre.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il a été pris en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par l'article 41-2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il méconnaît l'article 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article 8 de la même convention.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Le Broussois pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Broussois,
- et les observations de Me Larose, avocat, pour Mme D, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, de nationalité brésilienne, née le 16 novembre 1996, a été condamnée par jugement de la 17ème chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Bobigny du 27 juillet 2023 à une peine de dix mois d'emprisonnement délictuel assortie notamment d'une peine complémentaire de cinq ans d'interdiction du territoire français. Par arrêté du 15 janvier 2024, le préfet de l'Essonne a fixé le Brésil comme pays à destination duquel Mme D serait renvoyée pour l'exécution de cette peine d'interdiction du territoire français. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de cet arrêté.
Sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A C, attachée d'administration, adjointe au chef de bureau de l'éloignement du territoire, qui bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de l'Essonne en vertu d'un arrêté du 4 janvier 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour. Le moyen tiré de l'incompétence dont serait entaché l'arrêté contesté manque ainsi en fait et ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de Mme D préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué. Le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit ainsi être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme D a été mise à même de présenter ses observations préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué. Le moyen tiré de ce que ledit arrêté aurait été pris en méconnaissance du droit d'être entendu, tel qu'énoncé notamment au paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit ainsi être écarté.
5. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, dès lors, suffisamment motivé.
6. En cinquième lieu, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'erreur de droit n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne peut dès lors qu'être écarté.
7. En sixième lieu, Mme D, qui n'est pas citoyenne de l'Union européenne, ne saurait utilement se prévaloir des dispositions de l'article 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne aux termes desquelles " 1. Tout citoyen de l'Union a le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres () ". Le moyen tiré de la violation desdites dispositions ne peut ainsi qu'être écarté.
8. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Si Mme D fait valoir qu'elle réside en France depuis 2018, qu'elle est la mère d'un enfant français et que son compagnon vit également en France, elle ne saurait utilement se prévaloir de telles circonstances à l'appui de la présente requête, dès lors que l'obligation dans laquelle elle se trouve de quitter le territoire français résulte uniquement de la peine d'interdiction du territoire français prononcée à son encontre par le juge pénal et non de l'arrêté attaqué par lequel le préfet de l'Essonne s'est borné à fixer le pays de renvoi de sa reconduite. En outre, et en tout état de cause, elle n'assortit ses allégations d'aucun justificatif. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut ainsi qu'être écarté.
9. En huitième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Si Mme D soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations précitées, elle n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne produit à l'appui de sa requête, en tout état de cause, aucun élément de nature à attester qu'elle encourrait actuellement et personnellement des risques en cas de retour au Brésil. Le moyen tiré de la violation des stipulations précitées ne peut ainsi qu'être écarté.
10. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne aurait commis une erreur manifeste dans son appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur la situation personnelle de Mme D.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme D doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au préfet de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : N. Le BroussoisLa greffière,
Signé : MD. Adelon
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
MD. Adelon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604050
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par Mme C..., ressortissante afghane, d’un recours en excès de pouvoir contre une décision de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) du 22 avril 2026 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la décision était légale au regard de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui prévoit un refus en cas de demande de réexamen d’asile. Il a considéré que la motivation était suffisante, que la vulnérabilité de la requérante avait été prise en compte, et que l’OFII n’avait pas commis d’erreur manifeste d’appréciation. En conséquence, les conclusions à fin d’annulation et les demandes accessoires ont été rejetées.
01/06/2026