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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2402418

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2402418

mercredi 3 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2402418
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVAHEDIAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par M. A... d’une requête en excès de pouvoir visant à contester le refus du préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a constaté que la demande était devenue sans objet, car le silence gardé par l’administration sur la demande d’admission exceptionnelle au séjour de l’intéressé avait fait naître une décision implicite de rejet, rendant impossible une injonction de délivrance du récépissé. En application des articles R. 222-1 du code de justice administrative et R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, l’ordonnance prononce un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et rejette les demandes accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 février 2024, M. B... A..., représenté par Me Vahedian, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 22 février 2024 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail dans un délai de huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 900 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :



Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».

D’une part, aux termes de l’article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. (…) ».

D’autre part, l’effet utile de l’annulation pour excès de pouvoir du refus opposé à une demande tendant à l’obtention d’un récépissé de demande de titre de séjour réside dans l’injonction que le juge peut adresser à l’administration compétente, en vertu de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, de délivrer un tel récépissé. Il s’ensuit que s’il estime, à la date de sa décision, qu’une telle injonction ne peut plus être prononcée, le juge de l’excès de pouvoir constate que la demande est devenue sans objet et qu’il n’y a, dès lors, plus lieu d’y statuer.

Il ressort des pièces du dossier que M. A... a déposé une demande d’admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture du Val-de-Marne le 22 février 2024. Si l’intéressé s’est vu remettre à cette occasion une simple « attestation de dépôt » et non le récépissé de demande de titre de séjour prévu à l’article R. 431-12 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé par l’autorité administrative sur sa demande d’admission exceptionnelle a fait naître, à l’issue d’un délai de quatre mois, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du même code, une décision implicite de rejet. Dans ces conditions, et dès lors qu’une annulation du refus de remise de récépissé ne pourrait donner lieu à une injonction de délivrance, les conclusions dirigées contre le refus de délivrer un récépissé de demande de titre de séjour sont devenues sans objet. Il n’y a dès lors plus lieu d’y statuer.

En outre, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.




ORDONNE :



Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et à fin d’injonction sous astreinte de M. A....


Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.









Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à Me Vahedian et au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 3 décembre 2025.



Le président de la 3ème chambre





Signé : N. Le Broussois



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,



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