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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2403332

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2403332

jeudi 27 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2403332
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de Mme A, qui contestait la décision du préfet du Val-de-Marne de classer sans suite sa demande de naturalisation pour défaut de production de pièces complémentaires dans le délai imparti. La décision a été prise sur le fondement de l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993. Le tribunal a estimé que Mme A n'avait pas justifié de circonstances imprévisibles et indépendantes de sa volonté l'ayant empêchée de produire les documents demandés, et qu'elle n'avait pas non plus informé l'administration de ses difficultés. La solution retenue confirme le classement sans suite, le juge exerçant un contrôle normal sur le respect des conditions de la mise en demeure.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 mars 2024, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 31 janvier 2024 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation.

Mme A soutient que le retard dans la production du certificat de scolarité est imputable à l'école qui lui a délivré ce document tardivement malgré ses relances répétées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet du Val-de-Marne, représenté par la SELARL Actis Avocats, agissant par Me Termeau, conclut au rejet de la requête de Mme A en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 2 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 23 septembre 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le décret n ° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Avirvarei, conseillère.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, qui a présenté une demande de naturalisation, demande l'annulation de la décision du 31 janvier 2024 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation pour défaut de production des pièces complémentaires dans le délai fixé par une mise en demeure adressée sur le fondement de l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993.

Le droit applicable :

2. D'une part, aux termes de l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " L'autorité qui a reçu la demande () peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation (), mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ". Le classement sans suite prononcé en application de ces dispositions constitue une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.

3. D'autre part, le défaut de production des pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Toutefois, l'impossibilité de produire les pièces dans le délai imparti, à raison de circonstances imprévisibles et indépendantes de la volonté du demandeur, dont ce dernier a justifié et informé l'administration dans les meilleurs délais, est de nature à faire obstacle à un tel classement sans suite. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur le respect de ces conditions d'application de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993. En l'absence de production des pièces demandées dans le délai imparti et de justification d'une impossibilité de respecter ce délai, l'autorité administrative dispose d'un large pouvoir d'appréciation pour user de la faculté de classer sans suite la demande. Le juge de l'excès de pouvoir n'exerce alors plus qu'un contrôle restreint, en tenant compte de l'objet de la décision de classement sans suite, qui consiste seulement à mettre fin à l'instruction de la demande sans y statuer, et de la finalité du régime de classement sans suite, qui est d'améliorer l'efficacité des procédures d'instruction des demandes de naturalisation.

L'examen des moyens :

4. En l'espèce, le préfet du Val-de-Marne soutient que Mme A a été mise en demeure de produire des pièces complémentaires nécessaires à l'instruction de sa demande de naturalisation dans un délai de deux mois, par un acte du 27 septembre 2021.

5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des captures d'écran produites par le préfet du Val-de-Marne, qu'il a été demandé à Mme A surtout la production d'une copie intégrale de l'acte de naissance avec filiation, un justificatif prouvant que les études ont été suivies en français durant au moins cinq années, une copie intégrale de l'acte de mariage et un relevé de carrière.

6. Mme A soutient dans la présente instance que le retard dans la production du certificat de scolarité est imputable à l'école qui lui a délivré ce document tardivement malgré ses relances répétées. Toutefois, elle n'apporte aucune pièce au soutien de ces allégations, alors au demeurant que le certificat de scolarité a été délivré le 19 octobre 2021 soit dans le délai de deux mois qui lui avait été imparti par la mise en demeure. Par ailleurs, elle n'établit ni même n'allègue avoir informé l'administration de ses éventuelles difficultés pour transmettre le certificat de scolarité. Ainsi, elle ne peut être regardée comme justifiant de circonstances imprévisibles et indépendantes de sa volonté caractérisant une impossibilité de produire les pièces dans le délai imparti. En tout état de cause, Mme A n'établit ni n'allègue avoir transmis les autres pièces complémentaires exigées. La requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que c'est à tort que le préfet du Val-de-Marne a, en application de l'article 40 du décret précité, procédé au classement sans suite de sa demande.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 11 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Xavier Pottier, président,

Mme Andreea Avirvarei, conseillère,

Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.

La rapporteure,

A. Avirvarei

Le président,

X. PottierLa greffière,

C. Leroy

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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