Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2403588
mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2403588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Guillier, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de de titre de séjour et la remise d'un récépissé, au besoin assorti d'une autorisation de travail, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- elle est de nationalité algérienne et est entré légalement en France le 20 juin 2018 munie d'un visa C ; elle a pu commencer à travailler à partir du 23 octobre 2020 ; son contrat de travail ayant pris fin en raison de difficultés économiques, elle a retrouvé un emploi à temps plein dès le 7 juin 2023 ; elle a engagé des démarches pour obtenir un rendez-vous en préfecture en vue de déposer une demande de titre de séjour, via le formulaire de contact mis en ligne à la préfecture du Val-de-Marne, sans succès en dépit de ses relances ;
- la condition d'urgence est remplie eu égard au délai d'un an qui s'est écoulé dans qu'elle ait obtenu de réponse, aux liens familiaux et personnels dont elle dispose en France, à la durée de son séjour sur le territoire français et à son intégration ainsi qu'à celle de ses enfants ;
- la mesure sollicitée est utile compte tenu des dysfonctionnements auxquels elle se heurte et pour la préservation de ses droits ;
- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. En l'espèce, il résulte des déclarations de Mme B qu'elle résiderait en France depuis le 20 juin 2018, sans qu'il ne soit allégué ni établi qu'elle aurait cherché à régulariser sa situation administrative avant le 27 mars 2023, date à laquelle elle a sollicité un rendez-vous en préfecture du Val-de-Marne. Mme B reconnaît avoir été en capacité de travailler en dépit de l'irrégularité de son séjour, et être actuellement titulaire d'un emploi à temps plein. Il résulte des pièces justificatives qu'elle a versées au dossier de l'instance que Mme B n'a, depuis le 27 mars 2023, effectué que peu de relances, temporellement espacées, de l'administration pour bénéficier d'un rendez-vous le 26 septembre 2023 et les 22 et 25 mars 2024. Par ailleurs, si elle soutient que son maintien en situation irrégulière porte atteinte à sa vie privée et familiale, dès lors que ses enfants, ainsi que plusieurs membres de sa famille résident en France, elle ne justifie pas de cette allégation en produisant des documents d'identité d'enfants et de personnes dont elle ne démontre pas le lien de parenté. Au regard de l'ensemble de ces éléments, Mme B ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence et il y a en conséquence lieu de rejeter pour ce motif les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qu'elle présente.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que Mme B présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise au préfet du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 4 décembre 2024.
La juge des référés,
Signé : C. Ledamoisel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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