Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2403790

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2403790
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour retirer son titre de séjour, sous astreinte. Le juge constate que le titre de séjour, dont la validité a expiré, n'a pas été retiré par l'intéressé, et que ce dernier ne justifie pas d'une situation d'urgence actuelle nécessitant une mesure d'injonction. La demande est donc rejetée, de même que celle relative aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 mars et 13 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Sangue, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous pour qu'il puisse retirer son titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il vit en France depuis de nombreuses années et est titulaire d'une carte de séjour dont il a demandé le renouvellement ; il a reçu le 4 décembre 2023 un SMS lui donnant un rendez-vous le 8 décembre 2023 pour retirer son titre de séjour ; il était toutefois en voyage et n'a pu se rendre à ce rendez-vous ; il cherche depuis à prendre un nouveau rendez-vous en ligne, sans obtenir aucune réponse en dépit de ses relances ;

- la condition d'urgence est présumée dès lors qu'il s'agit d'un renouvellement de titre de séjour ; il se trouve en outre dans l'impossibilité de retirer son nouveau titre de séjour et d'exercer une activité professionnelle ; il se retrouve dans une situation précaire anormalement longue du fait de dysfonctionnements qui ne lui sont pas imputables, sans pouvoir recourir à un processus alternatif ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

- elle est utile et ne souffre d'aucune contestation sérieuse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Il résulte de l'instruction que M. A a sollicité au plus tard le 28 septembre 2023, date à laquelle lui a été délivré un récépissé de première demande de titre de séjour, une carte de séjour temporaire. Le requérant fait valoir qu'il a reçu un SMS lui donnant rendez-vous le 4 décembre 2023, auquel il n'a pu se rendre, étant en voyage. Il soutient que ses diverses tentatives pour reprendre rendez-vous sont restées sans réponse. Il résulte de la pièce produite le 11 septembre 2024 par la préfète du Val-de-Marne et des commentaires mentionnés sur l'accusé de réception du dépôt de cette pièce, que cette demande de titre de séjour a effectivement fait l'objet d'une décision favorable, que le titre de séjour devant être délivré au requérant pour la période du 22 novembre 2023 au 21 novembre 2024, a été mis en maquette depuis novembre 2023 et que l'intéressé " recevra une convocation sous peu pour récupérer son TS ". Le 13 septembre 2024, M. A a soutenu qu'aucun titre de séjour ne lui avait encore été remis et le préfet du Val-de-Marne n'a pas répondu à la mesure d'instruction qui lui a été adressée le 20 novembre 2024, lui demandant d'indiquer au tribunal si le requérant avait reçu son titre de séjour et à quelle date.

3. Toutefois, à la date de la présente ordonnance, la période de validité du titre de séjour qui aurait dû être remis au requérant est expirée et M. A, qui se bornait à faire état d'une situation d'urgence dans des termes très généraux dépourvus de toute précision et pièces justificatives, ne démontre pas qu'il se trouverait à la date de la présente ordonnance, dans une situation d'urgence qui nécessiterait que le juge des référés fasse usage de ses pouvoirs d'injonction sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que M. A présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera transmise au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 13 décembre 2024.

La juge des référés,

Signé : C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,