Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404466

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2404466
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. A, ressortissant congolais, afin d’obtenir une convocation pour le renouvellement de son titre de séjour en qualité de parent d’enfant français. La préfète du Val-de-Marne ayant convoqué l’intéressé le 19 avril 2024, le juge a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête. Les frais irrépétibles ont été rejetés, le requérant n’étant pas assisté d’un avocat. La décision applique les articles L. 521-3 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 avril 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance de lui délivrer une convocation dans les quinze jours afin qu'il puisse obtenir le renouvellement de son titre de séjour, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et de l'article R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

4°) de mettre à la charge de la préfète du Val-de-Marne la somme de 900 euros au titre des indemnités et des frais exposés par application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité congolaise, il se connecte régulièrement sur le site de la plateforme de la préfecture du Val-de-Marne pour savoir où en est le renouvellement de sa carte de séjour, demandée le 8 octobre 2023, que sa carte est expirée depuis le 27 décembre 2023, que la condition d'urgence est satisfaite car son contrat de travail a été suspendu et il n'a plus de revenus, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé ayant été convoqué le 19 avril 2024 pour le dépôt de sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant congolais né le 17 juillet 1989 à Pointe-Noire, a déposé, le 8 octobre 2023, sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, une demande de renouvellement de son titre de séjour pluriannuel en qualité de parent d'enfant français qui arrivait à échéance le 27 décembre 2023. Il est en effet divorcé de son union avec une ressortissante française avec qui il a eu un enfant né en décembre 2018 et pour l'entretien duquel il doit verser une pension alimentaire en application d'un jugement du juge aux affaires familiales de Lisieux (Calvados) du 12 août 2021. Il n'a reçu aucune réponse, y compris après l'échéance de son titre de séjour. Par sa requête enregistrée le 10 avril 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer afin qu'il puisse obtenir le renouvellement de son titre de séjour. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. A pour le 19 avril 2024 afin qu'il dépose son dossier de demande de titre de séjour.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. A le 19 avril 2024 à 10 heures en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. L'intéressé ne soutenant pas, plus de six mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni qu'un récépissé de demande de titre de séjour ne lui a été pas été délivré à cette occasion, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais irrépétibles :

4. Le requérant ayant présenté sa requête sans l'assistance d'un avocat, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,