Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404912

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2404912
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A, ressortissant camerounais, qui demandait le renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour "salarié" et des informations sur l'avancement de son dossier. Le juge estime que l'absence de renouvellement du récépissé après le 5 février 2024 révèle une décision implicite de rejet de la préfète du Val-de-Marne, rendant la demande inutile et contraire à l'exécution de cette décision administrative. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur le code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 avril 2024, M. B A, représentée par Me Ntsama, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de prolonger son récépissé de demande d'un premier titre de séjour portant la mention salarié ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de donner des informations claires, sur l'état d'avancement de son dossier de délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention " salarié " ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité camerounaise, il a déposé une première demande de titre de séjour en qualité de salarié le 22 septembre 2022 et a obtenu un récépissé de demande de titre de séjour à partir du 31 janvier 2023 qui a été renouvelé cinq fois jusqu'au 5 février 2024, que son contrat de travail a été suspendu en raison d' l'absence de renouvellement de ce récépissé, titre de séjour, que la condition d'urgence est satisfaite car sans justificatif de séjour, il risque de perdre définitivement son travail et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 19 avril 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a produit aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

.le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant camerounais né le 16 janvier 1993 à Esaka (Région du Centre), entré en France le 23 septembre 2018, a bénéficié, le 26 juillet 2023, d'une autorisation de travail du ministre de l'intérieur en vue d'exercer les fonctions de gestionnaire paie et administration du personnelle au sein de la société " XL Caitlin Services SE " de Paris (75017), filiale du groupe " AXA " dans le cadre d'un contrat à durée déterminée de six mois. Il a alors auprès de la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) une demande de titre de séjour en qualité de " salarié " et s'est vu remettre successivement cinq récépissés de demande de titre de séjour dont le dernier est arrivé à échéance le 5 février 2024. Le 18 janvier 2024, il a signé un contrat de travail à durée indéterminée avec la société " Nettoyage SPC " d'Evry-Courcouronnes (Essonne) comme commercial. Son dernier récépissé de demande de titre de séjour n'ayant pas été renouvelé à son échéance, par sa requête enregistrée le 19 avril 2024, il a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de prolonger son récépissé de demande d'un premier titre de séjour portant la mention " salarié " et de donner des " informations claires " sur l'état d'avancement de son dossier.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le dernier récépissé de demande de titre de séjour de M. A n'a pas été renouvelé après le 5 février 2024. Cette absence de renouvellement, comme de toute autre information donnée par les parties dans le cadre de la présente requête, ne peut que révéler l'intervention d'une décision implicite de rejet opposée à cette date par la préfète du Val-de-Marne à la demande présentée par M. A.

5. Eu égard à l'intervention de cette décision, la demande formée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

6. Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,