Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405215

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405215
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation12ème chambre, éloignement
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B, ressortissant bangladais, contestant l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par la préfète du Val-de-Marne. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence, l'arrêté ayant été signé par un adjoint dûment habilité. Il a jugé que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme était inopérant à l'encontre de la mesure d'éloignement et non fondé, la demande d'asile de l'intéressé ayant été rejetée. Enfin, l'intention de solliciter un réexamen de la demande d'asile a été considérée comme sans incidence sur la légalité de la décision. La requête a été rejetée en toutes ses conclusions.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 avril 2024, M. F, représenté par Me Ahmad, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 avril 2024 en tant que la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation.

Il soutient que :

- la décision contestée est entachée d'incompétence ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît son droit de demander un réexamen de sa demande d'asile.

Le préfet du Val-de-Marne, représenté par le cabinet Actis Avocats, a produit des pièces en défense, enregistrées le 6 décembre 2024.

Vu la décision du bureau de l'aide juridictionnelle du 18 septembre 2024 accordant l'aide juridictionnelle totale à M. B

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Di Candia, premier vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Di Candia, magistrat désigné.

:

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique du 11 décembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. G B, ressortissant bangladais né 4 juin 1984, a déposé une demande d'asile en France qui a été rejetée à la fois par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, par une décision du 9 mai 2023, et la Cour nationale du droit d'asile, par une décision du 31 janvier 2024. Par arrêté du 10 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne a refusé son admission au séjour, a retiré son attestation de demandeur d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Le requérant demande au tribunal d'annuler cet arrêté en tant seulement qu'il lui fait l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

2. En premier lieu, l'arrêté a été signé par M. D A, adjoint à la directrice des migrations et de l'intégration, à qui la préfète du Val-de-Marne, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme E C, a, par un arrêté du 25 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 23 de la préfecture du Val-de-Marne, délégué sa signature à l'effet de signer, notamment, les décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'appui de la décision portant obligation de quitter le territoire français. En tout état de cause, il ne se prévaut d'aucun élément précis et circonstancié relatif à sa situation personnelle de nature à établir qu'il serait personnellement et actuellement exposé à des risques en cas de retour dans son pays d'origine, alors au demeurant que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 9 mai 2023, confirmée par une décision du 31 janvier 2024 de la Cour nationale du droit d'asile.

4. En dernier lieu, si le requérant soutient qu'il a l'intention de solliciter le réexamen de sa demande d'asile au regard d'éléments nouveaux, sans au demeurant l'établir, cette circonstance est, en tout état de cause, dépourvue d'incidence sur la légalité de la mesure d'éloignement litigieuse.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ces conclusions, y compris celles à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G B et au préfet du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : O. DI CANDIALa greffière,

Signé : N. RIELLANT

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,