Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405280

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405280
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A, qui contestait le refus de France Travail d’effacer une dette liée à l’allocation d’aide au retour à l’emploi. Il a jugé que ce litige, portant sur le remboursement d’une prestation relevant du régime conventionnel d’assurance chômage, ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative mais de l’ordre judiciaire, en application des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail. La demande a donc été rejetée pour incompétence manifeste, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi du 24 avril 2024, le tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal la requête présentée par M. B A, enregistrée le 12 avril 2024.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal le 26 avril 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 14 mai 2024, M. B A demande au tribunal :

1°) d'enregistrer son dépôt de plainte contre l'agence France Travail de Maisons-Alfort ;

2°) d'annuler la décision du 13 mars 2024 par laquelle le directeur de l'agence France Travail de Maisons-Alfort a refusé sa demande d'effacement de dette ;

3°) d'enjoindre à l'agence France travail de lui accorder un échéancier de paiement ;

4°) de condamner l'agence France Travail à lui verser des dommages et intérêts à titre de réparation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 2' Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".

2. D'une part, aux termes de l'article 40 du code de procédure pénale : " Le procureur de la République reçoit les plaintes et les dénonciations et apprécie la suite à leur donner conformément aux dispositions de l'article 40-1 () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail : " Pôle emploi est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : () / 4° Assurer, pour le compte de l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage, le service de l'allocation d'assurance et, pour le compte de l'Etat ou du Fonds de solidarité prévu à l'article L. 5423-24, le service des allocations de solidarité () ". Aux termes de l'article L. 5312-12 du même code : " Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l'institution, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage ou de l'Etat sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution ". Il résulte de ces dispositions qu'il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de se prononcer sur les litiges relatifs à l'attribution, au calcul ou au remboursement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, laquelle relève du régime conventionnel d'assurance chômage dont le service, désormais confié à France Travail (ex - Pôle Emploi) pour le compte de l'organisme gestionnaire de l'assurance chômage, était antérieurement assuré par les associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (ASSEDIC), organismes de droit privé.

4. Par suite, le litige soulevé par M. A tendant à déposer plainte contre des agents de l'agence France-Travail de Maisons-Alfort et à contester les modalités de remboursement d'une dette de 20 040,18 euros au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi pour la période de juillet 2019 à octobre 2021 n'est pas au nombre de ceux dont il appartient à la juridiction administrative de connaitre. Dès lors, la requête de M. A doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître en application du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Melun, le 29 octobre 2024.

La présidente

Signé :

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne, et à tous commissaire de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,