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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2405467

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405467

jeudi 24 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405467
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Melun rejette la requête en référé suspension de M. A B, ressortissant comorien, qui contestait la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge des référés a estimé que la requête était manifestement mal fondée, car le requérant n'avait pas démontré avoir vainement demandé la communication des motifs de la décision implicite, condition nécessaire pour invoquer un défaut de motivation. Par ailleurs, il n'a pas établi de moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité du refus de renouvellement au regard des articles L. 423-10, L. 433-1 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La demande a donc été rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 mai 2024, M. C A B, représenté par Me Kabamba, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé pendant quatre mois par la préfète du Val-de-Marne sur sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer cette demande et, en attendant, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

-le code civil ;

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code des relations entre le public et l'administration ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. M. A B, ressortissant comorien né le 27 avril 1984, qui était titulaire, en dernier lieu, d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable du 21 février 2022 au 20 février 2024, a déposé une demande de renouvellement de ce document de séjour le 13 décembre 2023 au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé " ANEF ". Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant quatre mois sur cette demande par la préfète du Val-de-Marne.

3. Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande []. " Il résulte de ces dispositions que le défaut de motivation d'une décision implicite qui aurait dû être motivée si elle était intervenue expressément n'est de nature à entacher d'illégalité cette décision que lorsque la communication des motifs de cette même décision a été vainement demandée dans le délai du recours contentieux.

4. Aux termes de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France et titulaire depuis au moins trois années de la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 423-7 ou d'une carte de séjour pluriannuelle délivrée aux étrangers mentionnés aux articles L. 423-1, L. 423-7 et L. 423-23, sous réserve qu'il continue de remplir les conditions prévues pour l'obtention de cette carte de séjour, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans []. " Aux termes de l'article L. 433-1 du même code : " A l'exception de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié détaché ICT ", prévue à l'article L. 421-26, et de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ", prévue à l'article L. 422-10, qui ne sont pas renouvelables, le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte []. " Aux termes, enfin, de l'article L. 423-7 du même code : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. " Il résulte de ces dispositions que la délivrance de la carte de résident prévue à l'article L. 423-10 à un étranger titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle délivrée en application de l'article L. 423-7 et le renouvellement d'une telle carte de séjour temporaire ou pluriannuelle sont notamment subordonnés à la condition que l'intéressé continue de remplir les conditions d'obtention de cette carte de séjour temporaire ou pluriannuelle.

5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

6. Aux termes de l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "

7. À l'appui de ses conclusions à fin de suspension, M. A B fait état d'un défaut de motivation et d'une méconnaissance, d'une part, des dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, combinées avec celles de l'article L. 423-7 du même code, ou, subsidiairement, de celles de l'article L. 433-1 du même code, combinées avec celles des articles L. 423-7 et L. 433-3-1 du même code, d'autre part, des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que de celles de l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Toutefois, en l'état de l'instruction, dont il ne résulte pas, en particulier, que le requérant aurait vainement sollicité la communication des motifs de la décision implicite de rejet en litige, ni qu'à la date à laquelle cette décision est née, soit le 13 avril 2024, il continuait, malgré sa séparation avec la mère de sa fille mineure de nationalité française, à contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de celle-ci depuis au moins deux ans, il apparaît manifeste qu'aucun des moyens ainsi invoqués n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en cause.

8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A B, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.

Fait à Melun, le 24 avril 2025.

Le juge des référés,

Signé

P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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