Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405593
mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2405593 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2024, M. A, représenté par
Me Nzaloussou, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre la carte de résident fabriquée à ce jour ou, à défaut, le récépissé de demande de carte de résident au cas où cette carte n'aurait pas été fabriquée, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, huit jours après la notification de l'ordonnance à intervenir,
2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) à lui verser la somme de
2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, de nationalité congolaise, il a été reconnu réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en 1980, qu'il a été titulaire de cartes de résident renouvelés régulièrement, dont la dernière arrivait à échéance le 5 avril 2022, qu'il ne lui a été délivré que le 19 mai 2022 un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois, qui n'a pas été renouvelé au motif que sa carte de résident était en cours de fabrication, qu'il a fini par être invité à retirer sa carte de résident le 6 février 2023 par un rendez-vous qui a été annulé, qu'il n'a plus eu aucune nouvelle de la préfecture malgré de nombreuses relances du service, qu'il a alors reçu une lettre de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le convoquant à un entretien le 14 novembre 2023 en vue du retrait de sa protection, que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de sa carte de résident, il est toujours réfugié statutaire et il est atteint d'une pathologie grave, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 juin 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le
19 juin 2024 en vue de la remise d'un récépissé de demande de titre de séjour.
Par un mémoire en réplique enregistré le 10 juin 2024, M. A, représenté par Me Nzaloussou, conclut aux mêmes fins.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant congolais (République démocratique du Congo) né le 16 novembre 1953 à Kinshasa, a été reconnu réfugié et a bénéficié de plusieurs cartes de résident en cette qualité dont la dernière, délivrée par le préfet du Val-de-Marne était valable jusqu'au 5 avril 2022. Il en a demandé le renouvellement et s'est vu délivré, le 19 mai 2022 un récépissé valable six mois qui n'a pas été délivré. Le 19 janvier 2023, il a été convoqué en préfecture pour le 6 février 2023 en vue du retrait de sa carte de résident. Ce rendez-vous a été annulé le 3 février 2023. Il n'a plus au aucune nouvelle de la préfecture du Val-de-Marne après cette date malgré une saisine de son conseil reçue par le service le 18 août 2023 et des relances du 26 septembre 2023. Par une lettre du 29 septembre 2023, M. A a été convoqué par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides pour le
14 novembre 2023 à un entretien préalable à ce qu'il soit mis fin à sa protection internationale au motif des nombreuses condamnations dont il avait fait l'objet depuis février 1990. Aucune suite n'a été donnée à cette audition, l'intéressé contestant la plupart des condamnations mentionnées par le courrier du 29 septembre 2023 et faisant valoir un bulletin de son casier judiciaire n° 3 vierge. Par sa requête enregistrée le 7 mai 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du
Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous afin qu'il lui soit remis sa carte de résident fabriquée ou, à défaut, le récépissé de demande de carte de résident. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. A pour le 19 juin 2024 aux fins de lui remettre un nouveau récépissé de demande de titre de séjour.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, M. A a été convoqué le
19 juin 2024 à la préfecture du Val-de-Marne pour se voir remettre un nouveau récépissé de demande de titre de séjour.
4. Par suite, le juge des référés ne pouvant statuer, aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, que par des mesures qui " présentent un caractère provisoire ", il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le requérant ne soutenant pas, près de quatre mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni qu'il ne lui a pas été remis à cette occasion le récépissé annoncé.
Sur les frais du litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2 000 euros à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 2 000 euros à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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