Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405629

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405629
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B, qui demandait l’annulation du refus implicite du département de Seine-et-Marne de lui communiquer le plafond d’intervention du Fonds de solidarité logement pour 2022-2024, ainsi que des dommages et intérêts. La requête a été jugée manifestement irrecevable car M. B n’avait pas saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) avant d’introduire son recours contentieux, comme l’exige l’article L. 342-1 du code des relations entre le public et l’administration. Bien qu’il ait produit un justificatif de saisine de la CADA, cette saisine était postérieure à l’enregistrement de la requête et n’a pu la régulariser. L’ordonnance se fonde sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative pour rejeter la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 mai 2024, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a refusé de lui communiquer le plafond d'intervention du Fonds de solidarité logement de Seine-et-Marne pour les années 2022, 2023 et 2024 ;

2°) de condamner le département de Seine-et-Marne à lui verser la somme de 1 000 euros à titre d'indemnisation.

Vu :

- la lettre du 13 mai 2024 adressée par le greffe du tribunal à M. B l'invitant à transmettre l'avis de la Commission d'accès aux documents administratifs pris sur recours préalable ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque () elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article L. 342-1 du code des relations entre le public et l'administration : " La Commission d'accès aux documents administratifs émet des avis lorsqu'elle est saisie par une personne à qui est opposé un refus de communication ou un refus de publication d'un document administratif (). La saisine pour avis de la commission est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'une demande de communication de documents administratifs a été rejetée par une décision explicite ou implicite de l'autorité administrative, ce refus ne peut être déféré directement au juge de l'excès de pouvoir. L'intéressé doit avoir, au préalable, saisi de ce refus la commission d'accès aux documents administratifs. A défaut de recours administratif préalable devant cette commission, la contestation portée directement devant le juge administratif est irrecevable.

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B n'a pas produit la décision prise sur son recours administratif préalable obligatoire par la commission d'accès aux documents administratifs ou la copie de ce recours accompagnée de la pièce justifiant de sa date de dépôt. Invité, par un courrier du 13 mai 2024 dont il a accusé réception le 15 mai suivant, à régulariser sa requête en produisant un justificatif du recours préalable obligatoire qu'il devait présenter devant le président de la Commission d'accès aux documents administratifs, le requérant a produit la preuve de dépôt de son recours. Il résulte de ce document que la saisine de la Commission d'accès aux documents administratifs est postérieure à l'enregistrement de la requête et ne saurait, par conséquent, la régulariser. Par suite, la requête de M. B est entachée d'une irrecevabilité manifeste. Il y a lieu de la rejeter par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Melun, le 30 octobre 2024.

La présidente

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,